Interview 10-09-2009 à 11:22
LyonMag.com : Nora Berra, quelle est votre mission dans le cadre de la maltraitance des personnes âgées et handicapées ?
Nora Berra : La question de la maltraitance n’a pas attendu Nora Berra pour avoir été gérée bien en amont et depuis un certain nombre d’années. Il y a déjà un dispositif qui est en place et je veux surtout rappeler que la maltraitance est une triste réalité. C’est inacceptable et il faut impérativement être en alerte sur ce qu’elle peut être. Elle peut se manifester sous toutes ses formes, qu’il s’agisse de violences physiques, psychologiques, morales, et passives dès lors qu’il y a négligence.
Allez-vous mettre en place une stratégie particulière ?
En ce qui concerne ma stratégie, elle va s’ancrer dans la continuité de celle qui a été impulsée par Valérie Létard (NDLR : l’ex-secrétaire d'État chargée de la solidarité). Depuis février 2008, nous avons une ligne nationale qui est le 3977 pour que les personnes puissent signaler tout cas de maltraitance auprès d’une personne âgée, en plus des antennes départementales d’écoute. C’est un numéro qui doit être connu de tous afin de permettre ce signalement. Au-delà de ce numéro, nous avons aussi incité les directions départementales d’action sociale à élaborer des programmes d’inspections inopinées dans les maisons de retraite, ce qui oblige les établissements à être en alerte. Les inspections ont augmenté de 50% à 80% depuis les six derniers mois.
Faut-il renforcer les mesures juridiques contre la maltraitance des personnes âgées ?
En support à l’arsenal juridique, il existe, notamment en Rhône-Alpes, la commission des plaintes qui permet, en lien avec le conseil général et les directions départementales, de suivre le nombre de plaintes, d’assurer leur traçabilité, mais aussi d’identifier l’aspect qualitatif des établissements, c’est-à-dire s’il y a un manque d’attention vis-à-vis des résidents, si on ne respecte pas leur rythme de vie, si on ne leur dit pas bonjour, etc.
Disposez-vous d’un budget suffisant ?
On ne peut pas dire que la situation est parfaite, on peut toujours s’améliorer. Il y a une bonne dynamique. La formation des personnels et un axe de travail central. Je veux développer la formation aux aidants familiaux car la maltraitance peut aussi avoir lieu au sein du cercle familial et amical. Il y a 250 000 professionnels qui sont amenés à être formés en 3 ans, entre 2008 et 2010, ce qui représente un coût de 132 millions d’euros. La plateforme du 3977 bénéficie d’un budget de 1,5 millions d’euros.
Vous comptez demander une allonge budgétaire ?
Nous sommes en train, effectivement, de défendre notre budget.
Propos recueillis par Abdelwahid Djaballah
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Commentaires 2
Déposé par Triboy Monique le 23/02/2010 à 22h24 Citer
Déposé par MARIO le 17/09/2009 à 21h39 Citer