Politique 16-10-2009 à 10:39
Quatre mois après le début de la polémique sur le port de la burqa, la commission d’information parlementaire sur cette pratique a fait étape hier à la Préfecture du Rhône.
Le problème avait été lancé par André Gerin, l’ancien maire de Vénissieux et qui préside aujourd’hui cette commission. Il a ainsi pu rencontrer des élus, des responsables administratifs et des représentants d’associations pour recueillir leurs avis. Après des auditions dans plusieurs villes de France, ainsi qu’à Bruxelles, la commission rendra fin janvier des préconisations qui pourront alors servir à un projet de loi. Car André Gerin en est toujours convaincu : il faut légiférer cette pratique et même au delà.
Lyon Mag.com : Qu’est-ce qui vous avez retenu des témoignages recueillis ici à Lyon ?
André Gerin : Avec les témoignages des médecins de l’hôpital Femme-Mère-Enfant de Bron, j’ai pu me rendre compte que des responsables de santé de haut niveau était plus en avance que nous dans la prise de conscience. Certaines femmes intégralement voilée refusent soit de se faire soigner par un médecin qui n’est pas musulman, soit, si elle est enceinte, d’accoucher en présence d’un homme. Je me rends même compte alors que la question est même plus grave encore. Et ce sont des exemples comme celui-ci qui me donne encore beaucoup d’arguments pour ne pas lâcher et pour faire en sorte de que l’islam trouve sa vrai place dans la République Française. Il faut mener un combat contre l’intégrisme qui pourrit la vie de nos quartiers.
Quels sont les apprentissages de la commission depuis le début des auditions ?
J’ai appris que c’était un défi politique et que beaucoup de gens instrumentalise la religion à des fins politiques. J’ai appris aussi que beaucoup de responsables politiques de France étaient en décalage, indifférent ou aveugle en face du problème. Et au sein même de la commission, on est en train de prendre conscience que nous soulevons une grosse plaque tectonique en France.
Le problème des termes (burqa, niquab, …) est-il réglé ?
Nous parlons aujourd’hui de voile intégral, car le débat se porte plus maintenant sur la dignité de la femme, sur la pratique de coutumes moyenâgeuses. Et si on veut parler d’égalité entre hommes et femmes, il est très important d’aller au-delà du débat sur le voile, pour comprendre ce qui existe comme idéologie dangereuse derrière.
L’interdiction du voile intégral par la législation est-il possible ?
Nous allons devoir prendre des mesures très fermes pour que des questions comme « Montrez-moi votre visage » n’aboutissent pas à un « non ». Nous ne voulons pas pour l’instant aboutir à une loi qui interdira le port du voile intégral dans la rue. Mais au moins dans les lieux de l’Etat, où l’identité est importante. La commission rendra des préconisations de ce genre là, mais cela ne veut pas dire qu’une loi l’interdisant n’existera pas.
Propos recueillis par Gwenaël Windrestin
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Commentaires 4
Déposé par Hana le 11/01/2010 à 01h20 Citer
Déposé par pourqoui pas le 17/10/2009 à 18h13 Citer
Déposé par corinne prunai le 17/10/2009 à 16h55 Citer
Déposé par jean aimarre le 16/10/2009 à 17h34 Citer