Environnement 08-12-2009 à 16:26
En plein milieu du Sommet de l’ONU à Copenhague sur le réchauffement climatique, le Grand Lyon met en place un site internet pour calculer ses émissions de CO2, les fameux gaz à effet de serre. L’adresse : www.leclimatentrenosmains.org. Il s’agit en fait d’un partenariat avec une revue suisse spécialisée sur le développement durable. L’objectif est de savoir très précisément quels sont nos secteurs de consommations qui ne sont pas écologiques comme nos transports, notre logement ou nos habitudes de chauffage. Le décryptage de cette initiative par Bruno Charles, vice-président du Grand Lyon et en charge des outils du développement durable.
Lyon Mag : Vous lancez aujourd’hui un site qui s’appelle leclimatentrenosmains.org ? Quel est le but ?
Bruno Charles : Il s’agit de faire participer les grands lyonnais à l’effort de sobriété carbone. Le Grand Lyon le fait pour lui même dans le cadre de son bilan carbone, travaille avec les acteurs du territoire. Il s’agit de permettre aux citoyens du Grand Lyon de s’engager en mesurant leurs émissions, en mesurant où sont leur marge de progrès, et en leur proposant des solutions pour diminuer leurs emissions de gaz à effet de serre. Il s’agit d’une démarche participative.
Qui finance ce projet et combien a-t-il coûté ?
Le projet est un partenariat avec une revue franco-suisse qui est la «Revue Durable». c’est un projet qui concilie à la fois la rigueur scientifique, ainsi qu’un aspect militant avancé qui nous soumet des propositions. Le Grand Lyon s’y est inscrit pour développer une page pour les habitants du grand Lyon. Cela nous a d’ailleurs coûté une somme modique, cinq milles euros. C’est une action qui coûte très peu cher, et dont on espère qu’elle nous rapportera beaucoup de tonnes de carbone économisées.
Concrètement, que vont-ils pouvoir calculer ?
En s’inscrivant sur le site, ils pourront, domaine par domaine, calculer de manière assez précise leur émission de gaz à effet de serre. A travers plusieurs paramètres : leur mode de chauffage, leurs déplacements, leur alimentation. tout cela est un calcul assez précis, qui prend à peu près un quart d’heure. Le moteur d’analyse leur donnera exactement leur emission, la moyenne par français, l’objectif pour être dans les critères «Kyoto +» (précédent sommet international sur la question climatique et environnementale - NDLR), qui deviendra peut être «Copenhague +» si le sommet réussi, et les pistes de solutions pour y arriver. Aussi, les grands lyonnais qui s’engagent dans cette dynamique de citoyenneté climatique.
N’avez-vous pas peur que le site soit trop militant ?
Je ne le crains pas. je pense qu’aujourd’hui tous les citoyens ont compris que l’on passait d’une société de l’abondance à une société de la rareté. Pour garantir, les droits fondamentaux de chacun : le droit de se déplacer, le droit de se loger, de se chauffer, il faut que tout le monde rentre dans une dynamique de sobriété. Il y a une dimension citoyenne beaucoup plus que militante. Cela s’adresse à tous, et propose à tous de devenir «citoyen climatique.»
Est-ce un hasard de calendrier que la Grand Lyon sorte cette annonce en même temps que le sommet de Copenhague ?
Ce qui me paraît intéressant avec Copenhague, c’est de dire qu’actuellement le sommet des états est bloqué et que tout le monde est pessimiste. Ce qui se passe en ce moment, c’est qu’il y a un mouvement très intéressant par la bas. C’est à dire que les villes, les agglomérations dans le monde entier s’engage, et le Grand Lyon a l’ambition d’être dans le peloton de tête des villes qui s’engagent dans ce challenge de la sobriété carbone. Il y a une coincidence oui, mais il y a surtout une réelle dynamique des villes qui s’engagent et qui vont plus vite que les États. Mais nous avons besoin des États, car, sans l’accord de Copenhague, nous serions assez vite limités.
Où en réellement le grand Lyon par rapport à son bilan carbone ?
Le bilan carbone montre que l’institution en elle même émet 5% des émissions du territoire. nous avons en ce moment quelques surprises. Nous découvrons en ce moment que les incinérateurs, et les déchets pèsent beaucoup sur le bilan carbone de l’institution.
Un Grand Lyonnais est-il un pollueur ?
On doit se mettre dans la dynamique «Facteur 4». Je m’explique. Le but est de réduire par quatre d’ici 2050 nos émissions de gaz à effet de serre. Les grands lyonnais, comme tous les occidentaux, sont actuellement des pollueurs. Ils consomment beaucoup d’énergie. On sait que pour que notre mode de vie soit durable dans le temps, il faudrait les ressources de trois planètes. Aujourd’hui, on sait que nous devons diviser par trois nos consommations de matières premières et diviser par quatre à cinq nos émissions de gaz à effet de serre. Oui, comme tous les occidentaux, nous sommes polleurs. Mais nous sommes en train de mettre en place les solutions pour ne plus l’être.
Qu’est-ce qui pollue le plus chez le grand lyonnais?
Aujourd’hui, le trafic automobile est responsable d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre du territoire du Grand Lyon. On sait que deux tiers des déplacements en automobiles font moins de trois kilomètres. Pour moins de trois kilomètres, on devrait réussir à les faire soit à pied, soit en vélo, soit en bus. il y a une énorme marge de progression. Nous sommes beaucoup trop émetteurs de gaz à effet de serre. marcher un peu, ce n’est pas forcément vivre moins bien. Il s’agit de vivre plus agréablement en émettant moins, et en polluant moins.
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Commentaires 4
Déposé par Verts le 10/12/2009 à 09h38 Citer
Déposé par bravo Sarko ! le 09/12/2009 à 20h46 Citer
Déposé par sauvons la planète le 09/12/2009 à 20h43 Citer
Déposé par Carine le 08/12/2009 à 19h42 Citer