Economie 11-12-2009 à 14:03
La Cour régionale des comptes a présenté, hier, un rapport sur les relations entre les collectivités territoriales et les clubs sportifs professionnels. Le même jour, dans la matinée, la cour administrative a annulé la révision du plan local de l’urbanisme du Grand Lyon qui visait à rendre possible la construction de l’OL Land à Décines. Pour autant, Gérard Collomb et les porteurs du projet continuent d’y croire…
« L’accession et le maintien d’un club dans un championnat professionnel induit un accroissement sensible du soutien financier des collectivités, explique Michel-Pierre Prat, président de la chambre régionale des comptes de Rhône-Alpes. Ce lien est historique et c’est une originalité Française ». Le travail effectué par la cour des comptes est titanesque : au total, 19 chambres régionales des comptes ont été mobilisées et l’enquête a porté sur une centaine de structures évoluant dans diverses disciplines. L’objectif : étudier les relations entre les collectivités territoriales et les clubs professionnels. En Rhône-Alpes, l’enquête a porté sur l’AS Saint-Etienne et l’Olympique lyonnais pour le football, le Chambéry Savoie Handball et le CSBJ, le club de rugby de Bourgoin-Jallieu.
Les « petits » cadeaux des collectivités territoriales à l’OL
LyonMag a enquêté, en septembre, sur les « petits » cadeaux des collectivités territoriales à l’Olympique lyonnais. On apprenait, preuves à l’appui, que la Ville de Lyon fournissait à l’OL groupe, la holding de Jean-Michel Aulas, un loyer au rabais pour la location du stade Gerland ainsi qu’une minoration de charges allant jusqu’à 2 millions d’euros. De plus, l’association de l’Olympique lyonnais a obtenu, au cours de la saison 2005-2006, une subvention de plus de 900 000 euros au titre des missions d’intérêt général et ce dans le cadre d’une convention renouvelable chaque année. Le Département, qui n’est pas habilité à signer ce type de convention a néanmoins fournit une subvention exceptionnelle de 522 800 euros. Une autre manière de fournir de l’argent public à une société privée générant des centaines de millions d’euros de chiffre d’affaire : l’achat de places, d’abonnements et d’espaces publicitaires. A ce titre, et en 2005-2006 toujours, l’OL a perçu 2,7 millions d’euros de la part de la Ville, du Grand Lyon, du Département et de la Région. Pour autant, les collectivités n’ont pas d’outils permettant de mesurer et d’évaluer les retombées financières d’un tel investissement (fréquentation des restaurants, nuits d’hôtel, etc.) Ce que pointe la Cour des comptes, qui s’inquiète aussi des risques liés à la réalisation de travaux et de nouveaux équipements sportifs. Si l’OL Land voyait le jour, les collectivités prendraient en charge la majeure partie des infrastructures liées à la mise en accessibilité (routes, autoroutes, etc) et la construction d’un complexe hôtelier et commercial. Les dépenses, pour ce faire, sont évaluées à près de 500 millions d’euros selon la Chambre régionale des comptes. Le blog local de Libération a révélé cette semaine les combines du Parti socialiste pour peser sur l’enquête publique qui a lieu jusqu’au 15 décembre.
Le forcing du PS pour l’implantation de l’OL Land
Dans un mail publié sur LibéLyon, on peut lire que le secrétaire fédéral du Parti socialiste a demandé à ses secrétaires de sections de « peser dans l'enquête publique en cours pour la révision du plan d'urbanisation dans la zone où l'OL veut construire OL Land, et leur demande de faire du lobbying pour ce projet privé, d'inciter militants et sympathisants à s'exprimer dans le cadre d'une enquête publique pour soutenir le projet de Grand stade de Jean-Michel Aulas ». A parti pris risqué à quelques mois des régionales. Affaire à suivre…
Abdelwahid Djaballah
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Commentaires 2
Déposé par C. Bichat le 11/12/2009 à 22h20 Citer
Déposé par La buse le 11/12/2009 à 15h01 Citer