Judiciaire 03-02-2010 à 13:18
Le Café 203 a rouvert ses portes, il y a une semaine, au terme d’une condamnation administrative de huit jours. Christophe Cédat, le gérant, avait laissé son établissement ouvert vingt minutes après le délai autorisé. Le débat sur la vie nocturne continue d’inquiéter les tenanciers.
« On donne des leçons aux autres pays mais, ici déjà, on n’a pas le droit de s’exprimer. On est en pleine dérive moralisatrice. Quand j’ai pris soin des fumeurs il y a dix ans, on ne m’a rien dit. Lyon est la capitale de la résistance ? Non, Lyon est la capitale de la complaisance » s’insurge Christophe Cédat. Depuis qu’il a autorisé ses clients à fumer, combiné à l’arrêté municipal sur la fermeture à une heure du matin des cafés du 1er arrondissement, Christophe Cédat est la cible des autorités. Et les intimidations viennent de tous bords.
Le « cas Christophe Cédat » est révélateur d’une politique commune à la Ville de Lyon et à l’Etat, par le biais de la Préfecture. Gérard Collomb, maire de Lyon et par ailleurs socialiste, et Jacques Gérault, préfet du Rhône, unis au nom de la tranquillité des riverains. Policiers municipaux et nationaux ont été missionnés pour faire respecter l’ordre et la loi : faire la traque aux bars restant ouverts au-delà d’une heure du matin, ou deux ou trois heures en fonction des établissements jouissant d’une dérogation. En cinq ans à peine, c’est la quasi-totalité des cafés-concerts et cafés-théâtres qui ont mis la clé sous la porte, à l’instar du Bistroy et ce malgré les dispositions prises en terme d’insonorisation et de sécurité.
« Quand on veut fonder une ville d’ampleur internationale, il faut qu’il y ait une offre pour tous. Les 25 – 30 ans peuvent aller en boîte de nuit, mais pour les touristes plus âgés qui sont attirés par les piano-bars et cabarets : soit ils ne trouvent pas d’endroits, soit ils sont obligés de retrouver leur chambre d’hôtel à une heure du matin. Il faut qu’on travaille en coordination avec les pouvoirs publics, main dans la main, et non dans un axe restrictif » explique Dominique Lafoy, patron du QBoat et représentant de l’association Sauvez la nuit. En réponse à cette politique, certains organisent des concerts et pièces de théâtre à domicile, en plein centre de Lyon, mais c’est sans compter sur le voisinage.
La semaine passée, Léa, Yseult et Laure déposaient des messages posthumes devant les grilles du 203. Ce sont elles qui ont lancé le mouvement. « Le 203 est le QG (quartier général, NDLR) du lycée Ampère. C’est notre deuxième maison. Si le 203 est fermé pendant nos heures de pauses, on ne sait plus où aller ! » s’inquiètent-elles. Christophe Cédat a retiré les crêpes recouvrant l’enseigne de son bar et déménagé le corbillard symbolisant sa mort… jusqu’à nouvel ordre ?
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Commentaires 2
Déposé par LE mALIN le 06/02/2010 à 01h51 Citer
Déposé par Vincent Poursan le 04/02/2010 à 15h57 Citer