Politique 02-03-2010 à 13:11
Mais où va la campagne des Régionales ? Après Toufik Chergui, c’est au tour de Philippe Meunier, second sur la liste UMP du Rhône, de faire l’objet d’une dénonciation. Plus ennuyeux, celle-ci émane directement de Gérard Collomb, qui s’invite dans la campagne à grand renfort de polémique, après sa sortie la semaine dernière à Montpellier pour épauler Georges Frêche. Un soutien virulent et par arborescence dont se serait bien passé Jean-Jack Queyranne. On imagine volontiers la mauvaise surprise qu’a eu ce matin Hervé Saulignac, directeur de campagne de Jean-Jack Queyranne, en ouvrant les journaux. Et s’il dénonce avec la plus grande vigueur ce genre de pratiques, il avoue une certaine impuissance à les juguler, soulignant que Gérard Collomb est seul maître à bord lors des conseils municipaux. Interview.
Lyon Mag : L’initiative de Gérard Collomb peut-elle être contre-productive pour Jean-Jack Queyranne ?
Hervé Saulignac : Je pense d’abord que les rhônalpins savent faire la part des choses. Gérard Collomb ne va pas demander à Jean-Jack Queyranne ce qu’il doit dire ou faire dans ses conseils municipaux. La parole et l'initiative sont libres au conseil municipal de la ville de Lyon comme ailleurs. A l’inverse, Jean-Jack Queyranne ne va pas passer des commandes à Gérard Collomb. Tout cela, nous l’avons appris par la presse.
C’est pourtant sans naïveté que Gérard Collomb jette sciemment le discrédit, certes dans le cadre du conseil municipal, sur un candidat aux Régionales ?
Je constate que l’on passe beaucoup de temps dans cette campagne à commenter des propos et des prises de positions qui émanent de responsables politiques qui ne sont pas candidats aux élections régionales. Il est un peu regrettable que le devant de l’actualité soit occupé par ce genre de polémique. Jean-Jack Queyranne demande très clairement, à l’ensemble de ses candidats, de faire une campagne propre. Il ne faut pas se laisser glisser dans la tentation, qui est en train de se généraliser, de stigmatiser tel ou tel adversaire. De ce point de vue là, il y a de la morale en politique, et Jean-Jack Queyranne y tient. Deuxièmement, il nous demande expressément de ne pas nous mettre hors sujet. Ce qui importe, c’est Rhône-Alpes, et les préoccupations des rhônalpins. Nous tenons à cela. Nous déroulons notre campagne. Il n’est pas question de se laisser divertir par quoi que ce soit ou par qui que ce soit, par ce qui peut se passer ça et là dans les conseils municipaux. Nous menons notre campagne, et nous souhaitons que les rhônalpins s’intéressent un peu plus au grands sujets régionaux qu’aux petites polémiques dans les conseils municipaux.
Gérard Collomb est pourtant un bien mauvais camarade depuis quelques temps ?
Je ne crois pas. Gérard Collomb et Jean-Jack Queyranne sont deux grands élus de cette région. Ils mènent chacun leur carrière politique comme ils l’entendent. Ils n’ont pas forcément besoin de ce concerter chaque fois qu’ils ont a prendre la parole publiquement. Je pense que les rhônalpins savent faire la part des choses. Gérard Collomb s’exprime en tant que maire de Lyon, président du Grand Lyon, et Jean-Jack Queyranne en tant que président de la région et candidat aux élections régionales. Je crois qu’il est toujours un peu excessif d’imaginer qu’il y a une réelle porosité entre les prises de parole des uns et des autres. Je n’ai pas à porter de jugement sur ce que peut faire Gérard Collomb, et surtout je considère que ce n’est pas le sujet des Régionales.
A-t-on perdu tout sens moral en politique ?
J’espère que la moralité va revenir comme un argument fort. Quand on est candidat à une élection, quelque soit l’élection, on doit être absolument exemplaire. La difficulté, c’est qu’aujourd’hui, j’ai l’impression que certains responsables politiques ont besoin, pour se faire entendre, de sortir des sentiers battus et d’aller flirter avec la colonne des faits-divers. C’est assez regrettable. je crois qu’il est temps de remettre de la morale, mais de la bonne morale en politique. Cela doit nous servir de guide. J’espère que ce sera le cas, et que nous ne passerons pas à côté du sujet. Dans le passé, les socialistes sont parfois passés à côté du sujet, notamment lors des élections européennes.
Vous n’êtes pas solidaires de ce genre de comportement ou de pratiques ?
On ne peut pas être solidaire ou pas solidaire. Cela ne nous concerne pas. C’est un débat au sein du conseil municipal de Lyon, entre élus lyonnais. C’est à eux de décider de quoi ils veulent débattre, de fixer l’ordre du jour. Pour moi c’est hors sujet.
Et pourtant, n’y a-t-il pas une certaine malice chez Gérard Collomb à brocarder, dans le cadre du conseil municipal, un opposant municipal candidat aux Régionales ?
Je n’en suis pas convaincu. Gérard Collomb vient aux réunions publiques de Jean-Jack Queyranne. Et il est très clair, il sait que Lyon a besoin d’une région forte et solidaire. Il sait bien que sa ville a besoin de Jean-Jack Queyranne. Partant de là, on a toujours pu compter sur Gérard Collomb quand on a eu besoin de lui.
Que ressentez-vous quand vous devez justifier ou vous désolidariser de ce genre de polémiques ?
C’est un peu énervant, particulièrement quand on passe plus de dix heures par jour à mener campagne et à essayer de mettre au centre des débats des sujets importants comme la formation, les transports, ou le développement économique. Et arrive sur le devant de la scène ce genre de polémique, complètement à côté de la plaque, c’est assez énervant. Mais la vie politique est ainsi faite, il faut essayer de se tenir à ce que l’on à faire. Il faut tenir la campagne le plus sérieusement du monde, sans attaquer ses adversaires et ses concurrents. Il faut essayer de faire les choses proprement. J’ai besoin de me regarder tous les matins dans une glace. Jusqu’à présent, tout va bien pour moi, tout va bien pour Jean-Jack Queyranne et ses colistiers.
Risque-t-on de retrouver, avant le premier tour du 14 mars, ce genre de polémiques ?
A chaque jour suffit sa peine. Le matin, quand j’ouvre le journal, je me pose la question de savoir effectivement ce que je vais y trouver. J’espère que l’on va terminer ces quelques jours de campagne centrés sur les Régionales. il ne faudra pas que l’on se plaigne, nous, responsables politiques, si jamais il y a 50%, ou moins, des électeurs qui se sont déplacés pour venir voter le 14 Mars. Essayons de revenir sur les sujets centraux.
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Commentaires 9
Déposé par Telegraphiste le 08/03/2010 à 15h21 Citer
Déposé par Patrick Annecy le 04/03/2010 à 13h28 Citer
Déposé par Edmond le 03/03/2010 à 10h49 Citer
Déposé par Brandon le 03/03/2010 à 10h34 Citer
Déposé par BABA DES GRATTE CIEL le 02/03/2010 à 23h31 Citer
Déposé par marilou le 02/03/2010 à 15h49 Citer
Déposé par UNI Lyon le 02/03/2010 à 15h48 Citer
Déposé par Le Cygne le 02/03/2010 à 14h46 Citer
Déposé par François-Chambéry le 02/03/2010 à 14h28 Citer