Actualité 19-03-2010 à 12:08
Les nouveaux partenaires tenaient jeudi soir leur premier débat public de l’entre-deux-tours à Villeurbanne. Un évènement attendu, qui a mobilisé quelques 500 personnes dans la salle du CCAV. Martin, Meirieu et Queyranne se sont donc succédés à la tribune. Pas de grandes révélations au pupitre, à l’heure où tous attendent plus de visibilité sur le contrat de mandature, et la redistribution des postes. Et dans son discours de clôture, le président sortant, qui annonce pour dimanche le «nouveau printemps de la Gauche», à ménagé ses partenaires, tout en fustigeant la politique nationale de Nicolas Sarkozy. Une réponse de discours à l’heure ou tous les ministres UMP visitent Lyon et sa région. Décryptage.
500 personnes, des drapeaux aux couleurs de différentes sensibilités politiques, voilà pour le décor. Jeudi soir se tenait le premier meeting d’union régional de la gauche et des Verts. Et cette réunion, si elle a tenu ses promesses en terme d’émulation, n’a pas été l’occasion pour les trois partenaires de faire un point sur les questions attendues du partage de la compétence et du contrat de mandature.
«Partenaires», le terme est choisi par Jean-Jack Queyranne lui-même au moment d’ouvrir son discours. Et un «partenaire», ce n’est pas un associé... Même le discours trahit les individualités, dont Meirieu s’était fait le défenseur un peu plus tôt au Club de la Presse de Lyon. pour la première conférence de presse commune, le leader écologiste à pointé du doigt les divergences persistantes sur le projet de gare à Allans, l'aide aux entreprises exportatrices ou encore les nanotechnologies. Et l'accord définitif semble dur à trouver. «Je sais qu'il est quelquefois plus simple de céder aux voix de la discorde. Mais, je sais aussi que nous pouvons mettre en œuvre un projet audacieux si, en toutes circonstances, nous savons faire le choix de l'intelligence et si nous savons ensemble privilégier l'intérêt général, c'est-à-dire l'intérêt, non pas de nos partis, mais des Rhônalpins.» fixe Jean-Jack Queyranne, balayant d’un revers rhétorique les conflits d’égos, de partis, de qui «crache le plus loin.» Et pour les nouveaux partenaires, il existe deux méthodes pour justifier l’opacité qui règne toujours sur le partage de compétence : louer la dynamique d’union qui est en place, et allumer sur la politique nationale. Sauf que la dynamique d’union, l’électorat l’avait intégré bien avant le premier tour, sachant que les listes seraient appelées à fusionner, quoiqu’il advienne. «C'est dans la clarté que germent les bons accords.» insiste le président sortant. Certes, mais rien n’est clair pour le moment, et le seul outil soumis au jugement des électeurs, ce sont ces sept points de rassemblements rendus publics dans un flyer. Pour le reste RAS.
Si le discours à repris les grands projets de l’emploi, la formation, les filières nouvelles et les transports, la part belle a été faite aux attaques frontales contre le gouvernement. Une réplique plutôt attendue et logique, eu égard à la campagne d’entre-deux-tours menées par l’UMP, qui a fait de l’attaque systématique sa marotte. « La campagne régionale a débuté en plein débat sur l'identité nationale qui, pour les observateurs internationaux est considéré comme le débat de l'indignité française. Dans les urnes, nous avons mesuré les ravages qu'il a fait. La peur sécrétée, le racisme libéré ont fait progresser le Front national et l'abstention. Dans ce contexte honteux et grave, je suis fier du rassemblement que nous venons de construire.» attaque Jean-Jack Queyranne. Et de continuer sur la réforme des collectivités territoriales : «Le président de la République et son gouvernement veulent liquider les Régions avec la contre-réforme des collectivités territoriales. Si elle est votée par le Parlement, elle nous entraînera dans une régression démocratique sans précédent. Cette recentralisation à marche forcée ne sera qu’une arnaque à la démocratie.Cette réforme réduira les compétences des Régions, supprimera leur fiscalité, supprimera des services aux citoyens, changera le mode de scrutin et fera disparaître des élus locaux. Moins d'élus locaux, c'est moins de représentation et donc moins de démocratie.» Argument habituellement chasse-gardée de Gérard Collomb, le candidat Queyranne n'a pas manqué, pour cette occasion légitime, de reprendre le flambeau de son coreligionnaire.
On fourbit ses armes dans les deux camps, et à 48h du second tour, il faut impacter. Et à gauche, le principe de l’union, il se fait d’abord contre la droite, comme l’a toujours rappelé Elisa Martin. Elle n’a d’ailleurs pas manqué de la faire lors de son passage à la tribune. Et fustiger, c’est finalement plus confortable que justifier. De manière équivalente, on peut dire que l’entre-deux-tours s’est plus conforté dans la réaction aux propos des adversaires que dans la clarification des programmes. C’est tout à fait problématique pour les listes de rassemblement de la gauche et des écologistes, car en plus de faire campagne, il faut justifier les soudures, ménager son camp et respecter la subjectivité des autres. Mission difficile, banalement politique, mais résolument acrobatique. Alors, pour l’instant, on reste sur le discursif. Un peu de baume pour Philippe Meirieu en fin de discours : «Nous ferons aussi de Rhône-Alpes une Ecorégion, exemplaire en France et en Europe. Je défends une vision sociale de l'écologie. L'écologie à laquelle je crois apporte du mieux-vivre à tous, particulièrement à ceux qui ont moins. Elle est une écologie positive, une écologie d'adhésion, une écologie de responsabilité.» Un caramel bien mou pour les écologistes, une non-information pour les électeurs.
Alors que retenir de cette réunion de jeudi. Peut-être que la partie la plus intéressante se situait dans l’incipit de l’intervention du président sortant : «volonté de rassembler, volonté de combattre la crise, volonté de faire de Rhône-Alpes une Région utile pour chacun». Et si la formule doit trahir l’ordre des priorités, le rassemblement des nouveaux alliés est en tête de celle-ci. Cela tombe plutôt pas mal, à 48h du scrutin, du printemps, et vraisemblablement du «Nouveau Printemps de la gauche».
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Déposé par Francis le 19/03/2010 à 22h59 Citer
Déposé par julien le 19/03/2010 à 18h57 Citer
Déposé par in the morning le 19/03/2010 à 17h27 Citer
Déposé par At Night le 19/03/2010 à 16h31 Citer
Déposé par in the morning le 19/03/2010 à 14h45 Citer