Actualité 10-06-2010 à 12:03
Le centre d’appel de la MGEN était en grève, mercredi, pour protester contre les conditions de travail. Ce mouvement fait suite à la grève menée en novembre dernier (1). Les syndicats avaient alors obtenu quelques avancées, notamment sur la formation et le temps de pause entre deux appels. Toutefois, le malaise reste palpable et la situation préoccupante. Ce dont témoigne une salariée arrêtée pendant plusieurs mois pour dépression (voir ci-dessous).
« La charge de travail reste préoccupante et excessive. L'absentéisme demeure inquiétant. Il faut repenser l’organisation au travail ! » s’insurge dans un communiqué Miguel Quionquion, délégué syndical FO. Le malaise est toujours bien présent au sein du centre d’appel de la MGEN de Lyon depuis la grève de novembre.
Malaise que Roland Berthilier, secrétaire général de la MGEN, n’admet qu’à mi-mots : « L’activité téléphonique est particulière et pas toujours facile, ce n’est pas spécifique à la MGEN. Les conditions matérielles et les conditions de travail sont plutôt bonnes. Des ajustements sur les horaires sont toujours possibles. Il faut savoir que, depuis la première grève, la direction a décidé de réévaluer les salaires de 30% minimum. Il y a eu en effet une hausse de l’activité suite aux préoccupations des adhérents sur le H1N1. Nous allons néanmoins écouter les revendications syndicales et ouvrir de nouvelles négociations. »
En réalité, la revalorisation des salaires a atteint seulement 1,8% en janvier pour les salaires inférieurs à 2000 euros brut. Selon la médecine du travail, « il y a eu une recrudescence des arrêts maladie ces derniers mois témoignant de la pénibilité du travail. » A suivre…
Témoignage
Marie-Emmanuelle Florence : « j’ai fini par me demander si je valais quelque chose »
Marie-Emmanuelle Florence est salariée du centre d’appel de Lyon depuis deux ans. Aujourd’hui, elle est en arrêt maladie pour dépression et ne sait pas si elle reprendra le travail. En cause : la surcharge de travail, le manque de reconnaissance et un fort sentiment d’injustice. En somme : un malaise palpable. Un témoignage que la FO, notamment, ne cautionne pas. « Ce n’est pas représentatif des réalités actuelles à la MGEN. C’est un cas isolé » explique sans arguments son représentant. Celui-même qui, aux côtés de Marie-Emmanuelle Florence lors de la grève de novembre, confirmait ce témoignage (1). Etrange revirement…
Lyon Mag : Vous êtes en arrêt maladie depuis combien de temps ?
M-E Florence : Il y a eu plusieurs étapes et plusieurs arrêts maladie depuis le mois d’octobre dernier. J’ai ressenti des changements de comportement significatifs de la part de ma hiérarchie et de certains superviseurs dès lors que j’ai pris des fonctions syndicales. Puis, il y a eu votre article, qui a envenimé la situation : la compagne de l’un de mes supérieurs, qui était pourtant une amie, m’a envoyé un mail contenant des propos virulents me concernant et concernant mes collègues. J’ai publié ce mail sur un blog que j’ai créé pour les collègues de la MGEN étant donné que je n’étais pas la seule visée. Elle a donc porté plainte contre moi pour avoir rendu public ce mail personnel. Ensuite, mes collègues m’ont appris qu’elle avait dévoilé mon homosexualité du temps où elle travaillait à la MGEN.
Vous allez porter plainte à votre tour ?
Si ma santé me le permet, car j’ai le soutien de la HALDE et d’autres associations comme l’Autre cercle. Mais pour l’instant, je mets cela de côté même si mon intégrité en a pris un coup. Une pétition a été lancée par des collègues. Je n’ai pas compris cet acharnement gratuit et j’ai craqué. Après un arrêt maladie d’un mois en janvier, je suis de nouveau arrêtée depuis mi-mars pour deux ou trois mois en fonction de mon état de santé. Je suis actuellement une thérapie. Heureusement, ma famille et certains collègues me soutiennent. Sans eux, je ne sais pas ce que je serais devenue. Je ne savais plus où j’en étais, je me demandais si ma vie avait encore un sens.
Pourquoi n’avez-vous pas démissionné ?
Je n’ai pas voulu démissionner car ce n’est pas dans mes convictions. Démissionner est synonyme d’abandon. Je ne suis pas du genre à me laisser abattre, or, je ne me sens plus la force de lutter. J’ai été confrontée à trop d’injustices qui m’ont beaucoup affectée. Comme à mon habitude, je me suis donnée à fond dans ce travail et dans mes responsabilités syndicales en pensant que mes responsabilités évolueraient. Cela n’a pas été le cas.
Du coup, vous pensez rester à la MGEN ?
Je ne pense pas. J’ai souhaité démissionner de mon syndicat mais mes collègues ont refusé, ce qui me touche d’ailleurs. J’ai le choix entre reprendre un mi-temps thérapeutique et démissionner pour reprendre un travail de toute autre nature. Mais avant de reprendre une activité, je pense prendre une année sabbatique et penser à une reconversion. Cette expérience me donne l’envie de me lancer dans l’aide à la personne.
Que pensez-vous de la désolidarisation du syndicat FO, qui vous soutenait pourtant lors de la grève de novembre ?
Je suis très surprise. Ils m’ont contacté plusieurs fois suite au témoignage que je leur ai envoyé pour expliquer mon malaise. Leur but était d’alléger ce témoignage, de supprimer certains éléments jugés « trop personnels ». Selon eux, je fais de mon cas une généralité. Je suis sans doute plus sensible que d’autres. Pourtant, je me souviens qu’un atelier avait été organisé pour permettre à dix salariés du centre d’appel d’échanger sur leurs expériences respectives. Les participants étaient soulagés de pouvoir se confier et d’exprimer leur malaise. Ils pensaient qu’ils étaient seuls à ressentir ce sentiment d’injustice.
(1) http://www.lyonmag.com/article/12902/souffrance-au-travail-les-centres-d-appels-de-la-mgen-en-greve et http://www.lyonmag.com/article/13307/mgen-legeres-avancees-apres-la-greve
A.D
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Commentaires 10
Déposé par Moi le 17/06/2010 à 11h21 Citer
Déposé par revolter le 12/06/2010 à 01h31 Citer
Déposé par Le Mal Aimé ( le retour) le 11/06/2010 à 15h35 Citer
Déposé par Barbara, c'est moi... le 11/06/2010 à 12h54 Citer
Déposé par L'abruti du net le 10/06/2010 à 16h36 Citer
Déposé par Le Mal Aimé ( le retour) le 10/06/2010 à 16h24 Citer
Déposé par ORTHOGRAPHO le 10/06/2010 à 15h18 Citer
Déposé par preacher le 10/06/2010 à 15h15 Citer
Déposé par La bien aimée (le retour) le 10/06/2010 à 15h07 Citer
Déposé par Le Mal Aimé ( le retour) le 10/06/2010 à 13h20 Citer