Actualité 28-07-2010 à 08:49
Ils n’en peuvent plus ! Certains riverains du site de l’avenue Lacassagne, désormais réunis en collectif anti-friche RVI, ne tolèrent plus les débordements des frichards. A travers leur initiative, ils réclament l’effectivité du départ des artistes au 31 juillet 2010, date à laquelle la Ville de Lyon a prévu la fermeture du site. Selon un représentant du collectif, que Lyon Mag a pu joindre, le dernier festival « Sortie d’usine 2 » a marqué unilatéralement le divorce entre le voisinage et les artistes. Retour sur un épisode cacophonique, symptomatique d’une cohabitation souvent laborieuse.
Lyon Mag : Comment s’est passé, pour les riverains, le festival « Sortie d’usine 2 » qui s’est tenu à la Friche du 15 au 18 juillet ?
Collectif anti-friche RVI: Très mal. Nous avons appris l’existence de ce festival par voie de presse la veille au soir. La Friche doit fermer ses portes le 31 juillet, d’où notre surprise. Nous ne pensions pas que nous aurions à nouveau des soucis avant cette date. Nous en avions déjà eu l’année dernière. A l’époque, on nous avait annoncé que la Friche serait évacuée au 31 décembre 2009, ce qui n’a pas été le cas. Pour « Sortie d’usine 2 », nous étions censé être préservés du bruit, comme l’annonçait le flyer. Les enceintes étaient disposées sous un abri non-fermé, ouvert directement au-dessus des toits. Les riverains des deuxièmes étages et des suivants en ont donc profité malgré eux.
Pourtant, le flyer des frichards annonçait la fin des concerts en extérieur à partir de 23h ?
Certes, il y a eu une baisse du son à partir de 23h certains soirs. Il y avait par contre entre 700 et 1 000 personnes par jour. Entre les gens qui sortent dans les rues et ceux qui sont surexcités, le bruit continue malheureusement.
Avez-vous pu faire constater pendant le festival ces nuisances ?
Une élue de la mairie est passé dans l’immeuble, et a constaté par elle-même, aux alentours de 22h, que le niveau sonore n’était pas vivable. Elle a essayé de se renseigner pour savoir quels étaient nos recours. Nous avons appelé la Préfecture et le commissariat de Police. On nous a assuré que le nécessaire serait fait pour que cela ne se reproduise pas les trois jours suivants. Cela n’a abouti sur rien, puisque le festival a continué jusqu’à son terme.
Vous êtes-vous déplacés personnellement ? Que vous disent les frichards dans le face à face ?
On ne risque pas d’y aller, c’est une zone de non-droit. En plus, pour le festival, l’entrée était payante. Nous n’allions pas non plus payer pour aller voir de plus près ce qu’il s’y passait. C’est une zone tellement peu sécurisée que nous n’avons aucune envie de descendre pour aller parlementer. Ils savent qu’ils dérangent et, a priori, c’est un dialogue de sourd.
Avez-vous tenté auparavant des conciliations ?
L’année dernière, sur les quinze premiers jours de juillet, a été installé un théâtre extérieur sur le site. Il y avait à peu près les mêmes nuisances. Nous sommes descendus leur parler, et ils ont acceptés de baisser légèrement le volume. Etait-ce réellement des gens de la Friche ou des personnes qui ont eu accès au site pour monter cet évènement, je ne le sais pas. Nous avons pu, spécifiquement pour cette occasion, trouver un terrain d’entente.
Y a-t-il d’autres problèmes que les nuisances sonores ?
A cause de cette Friche, le quartier devient complètement insalubre. Les bouches d’eau qui servent à nettoyer les rues sont monopolisées par la Friche. La Ville ne peut plus nettoyer, nous avons des courriers en ce sens qui le confirment. La sécurité laisse à désirer. Tout le quartier est taggué dans tous les sens. Il ya des enfants qui vivent et qui marchent sur les trottoirs tous les jours. On y trouve des seringues, des bouts de verres. On a parfois l’impression d’être dans un bidonville.
Vous êtes un collectif structuré, mais pensez-vous que certains riverains seraient à même d’utiliser d’autres méthodes ?
Il y a un épuisement général. On se sent impuissants. Nous travaillons tous, les enfants ne peuvent pas dormir, il y a beaucoup de cas d’insomnies. Un arrêté préfectoral précise, sur le Rhône, les heures où les activités sonorisées sont tolérables. A croire que les frichards ne sont pas soumis aux mêmes règles que les autres. C’est horripilant. Mais pour le moment, il n’y a eu aucun débordement.
Trouvez-vous que la mairie joue double jeu avec vous ?
Nos interpellations à la mairie n’apportent rien. Ils nous font des promesses qu’ils ne tiennent pas. L’année dernière, nous avons été reçus à la mairie du 3ème arrondissement. On nous a affirmé que la Friche serait évacuée au 31 décembre 2009. Elle est toujours là. On nous parle du 31 juillet 2010. Nous sommes le 27 juillet et il ne s’est absolument rien passé. Nous n’avons plus aucune certitude concernant l’évacuation de la Friche. Je pense que la marie est ennuyée avec ce problème. Elle essaie de nous contenir car nous sommes les plus simples à gérer. Du côté des frichards, je ne remets pas en question leur volonté à trouver une porte de sortie, mais ça n’avance pas.
Vous pensez que cela est dû à un manque d’organisation du côté des frichards ?
Je ne pense pas, les frichards parlent d’une voix. Ils veulent rester sur le site. Quelques-uns partiront pour être relogés, d’autres quitteront les lieux. Quant aux autres, je ne sais pas comment cela va se passer le 31 juillet.
Avez-vous déjà des contacts avec les riverains du nouveau site de la rue Lamartine qui doit accueillir les artistes ?
Nous allons prendre contact avec eux. Nous sommes un collectif, eux ont monté une association. Mais nous ne sommes pas totalement concernés par le même genre de problèmes : nous sommes en plein dedans, et eux vont s’y retrouver. Mais nous savons qu’ils existent et nous maintiendrons le contact avec eux.
Déposer un commentaire
Commentaires 7
Déposé par Tian le 20/09/2010 à 18h27 Citer
Déposé par heixenmeiter le 03/08/2010 à 17h22 Citer
Déposé par fgio le 03/08/2010 à 17h20 Citer
Déposé par François le 03/08/2010 à 11h47 Citer
Déposé par Pablo le 02/08/2010 à 13h38 Citer
Déposé par jp le 29/07/2010 à 22h14 Citer
Déposé par bezy le 28/07/2010 à 18h32 Citer