Actualité 05-10-2010 à 11:40
La seconde édition du Festival Lumière a démarré lundi soir à la Halle Tony Garnier de Lyon, sous la houlette de Thierry Frémaux et de Bertrand Tavernier. Devant 4 000 personnes, le festival a débuté avec la projection d’une copie restaurée époustouflante de Chantons sous la Pluie (1952), en présence de son co-réalisateur, Stanley Donen, âgé de 86 ans.
Il y avait un air du Palais des Festivals lundi du côté de la Halle Tony Garnier. Du Cannes à Lyon ! Mais à bien y regarder, entre le festival international du cinéma de la Croisette, et son petit frère lyonnais qui monte, la recette est bien différente. Car dans la ville des frères Lumière, le rapport à ce dernier est plus amoureux, quasi-charnel. Thierry Frémaux, président de l’Institut Lumière le répète à satiété, Lumière est le festival de tous les cinémas. Pas un hasard donc de voir des productions très hétéroclytes programmées tout au long de la semaine, de la rétrospective Visconti, aux Raretés US des années 70’ en passant par un hommage à Anthony Quinn, Dario Argento et Jean-Louis Trintignant. Côté perles du cinéma français, place nette est faite cette semaine à Raymond Bernard. Un moyen efficace pour rédécouvrir l'oeuvre d'un des cinéastes ayant le mieux réussi le passage du cinéma muet au cinéma parlant.
La création cinématographique internationale est si peu tarissable que si le festival Lumière essayait d’en faire le tour chaque année, il aurait un programme assuré pour au moins 200 ans. C’est sincèrement l’espérance de vie minimale qu’on lui souhaite, tant lundi sa cérémonie d’ouverture a semblé maîtrisée, juste, sans faux col. Et quand Thierry Frémaux arrive sur scène pour son petit mot d’introduction, il le sait mieux que tout le monde : la star cette semaine, c’est le cinéma. « Je remercie d’ailleurs Gérard Collomb, Jean-Jack Queyranne, et Jacques Gérault pour les discours qu’ils n’ont pas fait ce soir » s’esclaffe-t-il, dans un compliment à reculons aux grands élus et au préfet, qu’il maintient à leurs places de spectateurs. Un hommage plus solennel a également été rendu aux deux grands disparus du cinéma français cette année : Corneau et Chabrol, dans deux courtes projections vidéo. Et c’est avec son ton si particulier que Tavernier a évoqué Alain et Claude, deux habitués de la cité lyonnaise. Le public a longuement et chaudement applaudi les deux grands cinéastes disparus.
C’est vers 19h45 que les acteurs ont commencé à faire leur apparition dans la salle. Et quel parterre : Elsa Zilberstein, Tony Gatlif, Melvil Poupaud, Marina Foïs, Léa Drucker Vincent Perez, Kad Mérad, Juliette Binoche, pour ne citer qu'eux. On a aussi vu Agnès Varda arriver au bras de Roschdy Zem, ainsi que le binôme grolandais déjanté Benoit Délépine et Gustave de Kervern. Du côté des locaux, Dominique Blanc, Laurent Gerra et l’incontournable Alexandre Astier étaient également de la partie. Tous ont répondu à l’appel de Frémaux et Tavernier. Autant de brillants pour entourer le diamant du soir : Stanley Donen. Le co-réalisateur de Chantons sous la Pluie, bon pied bon oeil du haut de ses 86 ans, a reçu l’hommage du public pour l’ensemble de son oeuvre. Pour le profane, l’homme à également réalisé quelques monuments cinématographiques comme Voyage à deux ou Embrasse la pour moi. Singin’ in the Rain reste sa réalisation la plus connue, et plus largement l’une des oeuvres les plus exaltées et enthousiastes de l’histoire du cinéma. Plaisir absolu de retrouver Gene Kelly dans son rôle de Don Lockwood, bellâtre lissé par sa réussite dans le cinéma muet, qui rencontre le jeune Kathy Selden, incarnée par Debbie Reynods. Enlevé, drôle, vif et terriblement optimiste, ll n’y avait guère plus dans le ton pour ouvrir cette cérémonie.
A noter que la copie projetée et restaurée est époustouflante, les couleurs saisissantes et donnent au film une dimension rarement atteinte, malgré un format 1:37 qui forcément réduit la taille de projection sur l’écran. Un détail insignifiant au vu de l’excellent travail de restauration. L’amour du cinéma, c’est aussi l’amour de ses supports, et le coup de jeune donnée aux anciennes copies et « masters » des grands classiques en fait résolument partie. Le Festival Lumière l’a bien compris, puisqu’à présenter des copies rafraîchies, il élargit pour le spectateur le point d’entrée dans l’oeuvre. Pour Chantons sous la pluie, les prouesses techniques réalisées sur le support sont gigantesques, et donnent au film une dimension rarement atteinte. L’équipe des Films du Paradoxe, société distributrice du film, qui a oeuvré à sa restauration, peut être légitimement fière.
L’ensemble des invités, acteurs et élus a terminé la soirée par un dîner des partenaires. A la table d’honneur, on retrouvait Gérard Collomb et son épouse, Juliette Binoche et Stanley Donen. Thierry Frémaux a fait le tour des nombreuses tables, chaudement félicité. Ce festival a de la gueule, un ton et une patte. De Lyon ! Rendez-vous dès mardi à 18h à l’Institut Lumière pour l’inauguration du Village Cinéma, en présence de tous les invités. Que tous ceux qui veulent faire dédicacer le catalogue de l’édition 2010 s’y pressent ! Le prix Lumière sera remis samedi à Milos Forman, avant la cérémonie de clôture dimanche où sera projeté Le Guépard avec Alain Delon et Claudia Cardinale. Jusqu’à dimanche près de 80 films seront projetés, soit 200 séances dans de nombreuses salles de l’agglomération. Le programme sur www.lumiere2010.org.
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Commentaires 9
Déposé par Fredo le 27/10/2010 à 11h25 Citer
Déposé par eliza le 26/10/2010 à 15h17 Citer
Déposé par azerty le 11/10/2010 à 13h02 Citer
Déposé par Manuel le 06/10/2010 à 23h47 Citer
Déposé par Marine le 06/10/2010 à 11h51 Citer
Déposé par cinéphile le 05/10/2010 à 20h18 Citer
Déposé par bridget le 05/10/2010 à 17h19 Citer
Déposé par Bizarman le 05/10/2010 à 14h42 Citer
Déposé par Le M.A le 05/10/2010 à 12h39 Citer