Actualité 01-03-2011 à 12:17
Séance dense lundi au Conseil municipal où l’assemblée a voté, entre autres, le projet de PLU sur la commune de Décines-Charpieu. Un avis favorable, sans valeur délibérative, qui a permis à Gérard Collomb de faire à nouveau le point sur le projet du Grand Stade de l’OL, dans un face-à-face musclé avec ses détracteurs. Récit.
Pour son troisième passage devant les conseillers municipaux lyonnais, la révision du PLU de la commune de Décines-Charpieu a rouvert un peu plus le dossier du Stade des Lumières. Une mise en bouche avant les débats délibératifs au Grand Lyon, à la lumière des enquêtes publiques prévues entre avril et mai. En attendant le printemps, toutes les communes de l’agglomération, réunies en conseil municipal lundi soir, ont donné leur avis consultatif sur le projet.
C’est le centriste Christophe Geourjon qui tire le premier, demandant « la mise ne place de garanties contre de possibles dérives spéculatives sur les terrains cédés à la Foncière du Grand Montout. » Il justifie à la lumière de cet argument son vote contre.
Michel Havard, leader d’Ensemble pour Lyon, joue les accusateurs. « Si nous en sommes à la troisième enquête publique, c’est parce que vous avez mal piloté ce dossier » reproche-t-il à Gérard Collomb, qui selon lui, a choisi « la stratégie du passage en force (...) là où il aurait fallu concerter. » Pour le député du Rhône, la méthode du maire de Lyon est à rebours de celle de l’Etat, qui « souhaite attendre la fin de la révision du PLU » pour publier la déclaration d’intérêt général. Sans surprise, le candidat UMP à la mairie de Lyon en 2014 a voté contre.
Même cause, même effets pour les écologistes, qui, Pierre Hémon en tête, ne s’engagent pas sur un dossier dont « les différentes enquêtes publiques ont montré qu’il n’était pas d’intérêt général. » En particulier sur l’aspect des dessertes du futur Grand Stade, qui vont « à l’encontre du schéma de cohérence territoriale », pourtant voté par le conseil municipal.
Seul le groupe Lyon Divers Droite a poussé le projet, justifié par « la création d’emplois et le développement économique de l’est lyonnais. » L’ensemble de ses représentants a voté la délibération.
Collomb joue les documentalistes et exhume les vieux papiers
Offensif, le maire de Lyon a minutieusement préparé sa rispote. Il exhume tout d’abord une interview au Progrès de 2006 donnée par Michel Forissier, maire de Meyzieu et secrétaire départemental de l’UMP. Ce dernier soutenait, à l’époque, le projet de Grand Stade, mais sur sa commune majolane. Coutumier du fait, Gérard Collomb avait déjà sorti en mars 2010 une coupure de presse sur Philippe Meunier, alors candidat aux Régionales et tête de liste du Rhône. Un article de Libération, daté de 1992, brocardant le député san-priod pour un tractage raciste à l’université de Nancy, du temps où il était encore membre du Parti Républicain.
Alors évidemment au jeu de l’inventaire des coupures presse, l’arroseur se retrouve parfois arrosé. Lors du vote de la délibération suivante, concernant les subventions accordées à la SASP OL, c’est Etienne Tête qui prend le maire de Lyon à son propre jeu, évoquant un article de Lyon Capitale de 2004 où Collomb se montre plus tiède sur la nécessité d’un Grand Stade pour l’OL. Et pour le conseiller municipal vert de conclure : « Je n’ai pas la culture d’aller chercher dans les articles de presse les changements de position. »
Rétroprojecteur, slides et pointeur laser
Deuxième salve de Collomb, qui privilégie cette fois la pédagogie aux insinuations. Pointeur laser en main, il reprend point par point le projet, aidé par de grands visuels rétroprojetés sur le mur nord de la salle du conseil municipal. Ces documents de travail mixent à dessein les grands projets d’infrastructures de la communauté urbaine et les pistes ouvertes par le SCOT pour l’est lyonnais. Gérard Collomb détaille ainsi un maillage idéal du Grand Stade. Lignes de bus prévues autour du futur boulevard urbain de l’est lyonnais A8 (qui ne devrait toutefois pas voir le jour avant 2017) et projet de joindre les lignes de tramways T2 et T3 entre Eurexpo et le Grand Stade (là où des bus en site propre sont pour l’instant prévus au départ des parcs relais des Panettes à Meyzieu et d'Eurexpo).
Côté urbanisme hors transports, Collomb promet un aménagement résidentiel du quartier des Sept Chemins, à grand renfort de visuels proches de l’imagerie d’Epinal. Il assure également la création d’un corridor vert entre le bassin du Grand Large à Meyzieu et le Grand Stade. Zone de ruissellement, le site du Grand Montout veut faire de cette faiblesse une force. Le Grand Lyon souhaite ainsi créer un grand bassin de captation d’eau, ouvert au public et à la flânerie. Séduisant, mais forcément anticipatoire.
Déclaration d’Intérêt Général : Lyon jalouse Nanterre !
La DIG qui joue les Arlésiennes, et c’est Thierry Braillard qui monte au créneau. Reprenant l’exemple de l’Arena 92 de Nanterre, mi-stade, mi-salle de spectacle, l’adjoint aux Sports de la ville de Lyon ne s’explique pas pourquoi le décret d’intérêt général sur ce projet d’ouvrage est intervenu deux mois après le début de la révision du PLU nanterrien. « Pourquoi, là-bas, doivent-ils attendre seulement deux mois, alors qu’à Lyon nous attendons depuis douze mois, sans certitude que la DIG soit publiée ? » s’interroge l’élu. Une mécanique à deux vitesses « détestable » pour Collomb, qui justifie ces atermoiements par l’échéance politique des Cantonales, la plupart des élus de droite militant contre le projet de Grand Stade de l’OL. « Je n’aime pas cette façon politicienne de voir les choses » continue-t-il, assurant que « s’il faut changer de gouvernement pour avoir le Grand Stade, nous le ferons. » Applaudissements nourris de la majorité municipale.
Côté budget, après avoir annoncé 188 millions d’€ tout compris d’argent public pour les projets d’infrastructures lors de la séance de novembre du Grand Lyon, Collomb rabote de 20 millions l’ensemble, ramenant à 168 millions d’€ le budget final. Un chiffrage déjà annoncé par Jean-Michel Aulas lors de sa conférence de presse de présentation du projet Stade des Lumières aux partenaires économiques. Une somme désormais exhaustive, au regard des précisions apportées par le maire de Lyon. « Les experts qui font les devis s’engagent sur leur propre responsabilité » explique-t-il. Alors, en cas de révision à la hausse, le Grand Lyon pourrait déposer des recours. « Je vais finir par faire quelques procès moi aussi » termine-t-il. Prochaine(s) étape(s) au Grand Lyon avec les neuf enquêtes publiques prévues d’avril à mai. Dont évidemment celle du PLU. Ce temps venu, il ne s’agira plus de donner un simple avis.
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Commentaires 14
Déposé par Les Gones pour Décines le 02/03/2011 à 20h35 Citer
Déposé par Les Gones pour Gerland le 01/03/2011 à 22h57 Citer
Déposé par cyrille le 01/03/2011 à 21h32 Citer
Déposé par supporter le 01/03/2011 à 21h16 Citer
Déposé par Franjo le 01/03/2011 à 20h07 Citer
Déposé par Dada le 01/03/2011 à 18h51 Citer
Déposé par citoyen le 01/03/2011 à 18h05 Citer
Déposé par Cambé le 01/03/2011 à 17h25 Citer
Déposé par rock dust light star le 01/03/2011 à 16h40 Citer
Déposé par Slimane le 01/03/2011 à 14h57 Citer
Déposé par Dada le 01/03/2011 à 14h49 Citer
Déposé par marie le 01/03/2011 à 14h46 Citer
Déposé par lyonnais le 01/03/2011 à 13h38 Citer
Déposé par La buse le 01/03/2011 à 13h03 Citer