Actualité 31-03-2011 à 08:52
Le radical Bernard Fialaire votera jeudi pour réélire Michel Mercier à la tête de l’assemblée départementale. Un ralliement réfléchi, malgré les sirènes de la gauche, qui promettaient de le faire roi à la place de l’élu de Thizy dans une majorité élargie, du centre à l’extrême-gauche en passant par les écologistes. Mais l'élu du canton de Belleville en a décidé autrement, conforté par les garanties apportées par le président sortant sur le programme de mandature. Interview.
Lyon Mag : Comment la gauche vous a-t-elle approchée à l’issue des Cantonales ?
Bernard Fialaire : A l’issue de l’annonce des résultats, nous avons eu une proposition de Gérard Collomb et de Louis Pelaez, le président du Rhône des radicaux de gauche. Cette proposition était très claire : si j’étais candidat à la présidence du Conseil général, ils votaient pour moi avec l’ensemble de la gauche. Cela n’a pas été fait de façon malsaine ou tordue. Nous nous connaissons depuis longtemps et nous nous estimons. Le Conseil général vote à 90%, parfois à l’unanimité, toutes ses délibérations excepté le budget. Ils ont aussi apprécié la façon dont nous nous sommes clairement déterminés entre les deux tours vis à vis du Front National. Ils étaient prêts à me rejoindre sur une majorité ouverte, ce qu’ils ne pouvaient pas faire avec Michel Mercier, ministre de Sarkozy.
Pourquoi Gérard Collomb s’est immiscé dans la négociation ? Des conseillers généraux socialistes auraient pu le faire...
Louis Pelaez a toujours été avec nous dans les négociations. Mais il n’y a pas que Gérard Collomb. Beaucoup de socialistes m’en ont parlés. Dans une assemblée, nous ne sommes pas forcément des ennemis. Le parti Radical, c’est la frontière avec la gauche. Nous ne sommes pas la droite de la majorité départementale. Et Gérard Collomb est le patron de la gauche lyonnaise. Voyez les résultats des candidats de gauche à l’extérieur de l’agglomération lyonnaise pour juger de son poids à Lyon. Mais, je le répète, cela n’a pas été du démarchage sordide.
Pourquoi ne pas avoir tenté le coup ?
Ce n’est pas forcément désagréable de se voir proposer cette responsabilité. Mais il faut voir ce qu’elle engendre derrière. Si nous partageons certaines valeurs avec la gauche, nous n’avons pas les mêmes idées sur tout. J’ai prévenu immédiatement Jean-Louis Borloo. Ma décision dépassait celle du conseiller général du canton de Belleville. Je suis vice-président national du parti radical Valoisien, Michel Mercier est ministre de Sarkozy. Ce n’est pas qu’un épiphénomène qui touche uniquement le Rhône. Cela pouvait avoir d’autres conséquences. Dès lundi, nous avons été invités par Michel Mercier pour une réunion de la majorité départementale. Il fallait savoir s’il était candidat, sachant que je pouvais également l’être. Il nous a annoncé sa candidature, et nous assuré qu’il mènerait une majorité départementale dans la même lignée que la précédente : sociale, ouverte, généreuse et solidaire.
Les deux vices-présidences conservées
Pourquoi, avec ces garanties obtenues dès lundi, être tout de même allé voir Jean-Louis Borloo mardi ?
Ce rendez-vous était prévu de longue date. D'autant que Michel Mercier, Gérard Collomb et Jean-Michel Baylet (président du parti Radical de gauche) l’ont contacté. Mais il leur a fait savoir que le parti Radical Valoisien avait un patron dans la fédération du Rhône. La décision m’est donc revenue même si j’ai pris son conseil. Il m’a clairement dit : « Réfléchis et fais ce qui te rendra le plus heureux. » Si j’avais pensé devoir ébranler la majorité départementale, j’y serai allé. Dans les deux cas de figure, j’avais le soutien de Jean-Louis Borloo.
Suivre Michel Mercier vous rendra « heureux » ?
Ce n’est pas d’avoir un titre de président, si prestigieux soit-il, qui me rendra heureux, si c’est pour être dans une configuration de politique politicienne avec une majorité extrêmement volatile et complexe. Si nous sommes dans une majorité départementale en confiance, loyale, ce que propose Michel Mercier me plait. Cela vaut pour moi et pour Daniel Pomeret également.
Vous conserverez vos deux vices-présidences ?
Oui.
« Il n’est pas question que Jean-Jacques David dicte l’orientation du Département »
Avez-vous obtenu des garanties sur la non-participation à l’exécutif départemental du Lyon Divers Droite Jean-Jacques David ?
Jean-Jacques David est un milloniste, qui a obtenu le concours des voix du Front National pour battre au 2nd tour des Cantonales Dominique Perben. Il est légitime et a été élu. En revanche, il n’est pas question que ce soit lui qui dicte l’orientation du Département. Michel Mercier nous a confirmé qu’il n’occuperait pas de place à l’exécutif départemental. Le contraire remettrait tout en cause.
Votre ralliement marque-t-il une forme d’allégeance des Radicaux Valoisiens à un ministre de Sarkozy ?
Que je sache, Michel Mercier n’est pas UMP. Ce n’est pas un ralliement à l’UMP. Michel Mercier est centriste. Nous avons des UMP, de radicaux et des centristes dans la majorité départementale. Mais l’orientation de l’UMP actuellement ne convient pas aux radicaux.
Vous auriez pu faire tomber le Garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy...
Lors du précédent scrutin des Cantonales, nous étions dans la même configuration. La gauche nous avait approché da la même façon. Et nous n’avons jamais brandi cette menace. Quand on part avec une équipe, on a sait où l’on s’engage. Et nous n’avons jamais eu à le regretter au niveau départemental.
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Commentaires 11
Déposé par alain le 01/04/2011 à 08h13 Citer
Déposé par La buse le 31/03/2011 à 18h52 Citer
Déposé par GIBERT Philippe le 31/03/2011 à 16h11 Citer
Déposé par Thomas le 31/03/2011 à 12h46 Citer
Déposé par le lecteur fou de lyon mag le 31/03/2011 à 12h12 Citer
Déposé par RAD le 31/03/2011 à 11h56 Citer
Déposé par alice le 31/03/2011 à 11h51 Citer
Déposé par La modération le 31/03/2011 à 11h37 Citer
Déposé par jerome manin le 31/03/2011 à 11h23 Citer
Déposé par RAD le 31/03/2011 à 10h46 Citer
Déposé par ERDE le 31/03/2011 à 10h06 Citer