A la une 17-11-2011 à 18:44
Michel Havard - LyonMag
Alors que l’on s’acheminait vers un duel explosif entre le sortant Michel Havard (UMP) et son challenger Thierry Braillard (PRG) sur la 1e circonscription du Rhône, l’arrivée du Vert Philippe Meirieu a rebattu les cartes législatives. Et donne un peu plus d’espoir au chef de la droite lyonnaise, qui vise sa réélection.
Vainqueur pour près de 500 petites voix en 2007, alors que l’engouement
pour le sarkozysme battait son plein, Michel Havard veut rempiler en
juin 2012 au poste de député de la 1e circonscription du Rhône. Et si le
leader du groupe d’opposition municipale Ensemble pour Lyon a invité la
presse jeudi après-midi, c’est en premier lieu pour confirmer sa
candidature au renouvellement de son mandat législatif. Son directeur de
campagne est déjà connu. Il s’agit de Jean-Pierre Dufour, candidat de
l’UMP sur le Ve canton lors des élections de mars 2011, battu par le
collombiste Thomas Rudigoz.
Cette formalité passée, Havard s’est repu des bisbilles qui secouent la
gauche. A l’origine : l’accord entre les Verts et le PS consenti mardi
et ses dommages collatéraux dans les circonscriptions partagées. Le député sortant juge la manoeuvre « irrespectueuse
des électeurs et irresponsable. » « Cela ne grandit pas l’image de la
politique, attaque-t-il. On est au royaume des combines et des
tripatouillages sur le dos des Français. » C’est ici son seul point
commun avec son adversaire Thierry Braillard, qui ne s’explique pas lui
non plus ce parachutage écologiste sur la 1e circonscription du Rhône, qu'il vise également. Le vice-président du parti radical de gauche est par ailleurs soutenu par Gérard Collomb dans sa démarche, contre l'avis du PS.
L’horizon s’éclaircit donc pour Havard au regard du morcellement des
candidatures à gauche sur sa circonscription. Mais l’élu lyonnais ne s’en
contente pas. C’est sur le terrain des idées qu’il souhaite faire la
différence. « La gauche échange des ‘circos’ contre des tranches de
centrale nucléaire et des emplois », raille-t-il, étayant au prisme du
local son argumentaire. « Fermer la centrale du Bugey, c’est mettre en
péril 5 000 emplois directs et indirects de notre région », expose-t-il,
assurant qu’à droite, la question du traitement du nucléaire est moins
confuse : « ne pas toucher au parc existant et continuer à développer
les énergies vertes. » Le député du Rhône enjoint même Gérard Collomb,
fer de lance du candidat François Hollande, à aller expliquer aux
Lyonnais « pourquoi leur facture énergétique augmentera. »
La campagne à donc bel et bien débuté à Lyon. « Le match commence »,
s’amuse Havard, dans un demi-sourire qui en dit long sur sa
satisfaction. Et de terminer son exercice avec cette phrase assassine pour le maire de Lyon : « avec Collomb, j'ai bien une génération d'écart dans la façon de faire de la politique. »
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