Ça Jazz à Lyon 01-12-2011 à 09:27
Alexandre Chevalier - LyonMag/JazzRadio
Alexandre Chevalier, coordinateur à l’association de lutte contre le Sida (ALS) de Lyon, était l’invité de Jazz Radio pour l’émission Ça Jazz à Lyon, proposée en partenariat avec LyonMag.com.
Jeudi 1er décembre, c’est la journée de lutte mondiale de lutte contre
le Sida. A Lyon, une marche de la solidarité est programmée ce jour à
18h30 au départ de la place Bellecour. « La marche est clairement
revendicative, précise Alexandre Chevalier. Son mot d’ordre : le Sida, un
autre oublié du gouvernement. » L’objectif, simple et ambitieux, vise à
remettre au coeur de la campagne présidentielle la question du VIH. «
C’est un thème dont on parle peu, s’inquiète-t-il. De grosses
associations, comme Act-Up, font ce travail auprès des politiques pour
les interpeller, en leur faisant passer un questionnaire pour mesurer
leur engagement sur cette question. » Mais en période électorale,
Alexandre Chevalier ne se faire guère d’illusions sur le résultat de
cette initiative. « Nous n’avons pas encore les conclusions,
précise-t-il. En même temps, avant une campagne, c’est souvent des
promesses. Nous attendons de voir comment cela va se traduire dans la
réalité. » Un désenchantement qui s’explique par le manque de moyens mis
à disposition des acteurs associatifs. « Le gouvernement se réfugie
beaucoup derrière le mot ‘crise’ en ce moment, peste-t-il. Nous estimons
qu’il y a des priorités, et que le VIH doit en faire partie. On ne peut
pas abandonner la prévention, ni certains malades. » Et la capitale des Gaules n’échappe
pas à la lame de fond. « Sur Lyon, nous avons certaines associations
qui ont perdu des postes, explique-t-il. L’association Nova, qui
proposait des activités culturelles et des rencontres autour des publics
qui vivent avec le VIH, a perdu ses deux postes salariés. Nous avions
également chez nous deux postes de psychologues qui permettaient de
recevoir gratuitement les personnes vivant avec le VIH et qui n’existent
plus. Tout cela est très inquiétant. » Dans le Rhône, 3 300 patients
séropositifs sont traités pour une infection au VIH. En France, ce sont 7
000 nouveaux cas chaque année. « Les chiffres ont tendances à se
stabiliser, même si on s’aperçoit qu’en 2010 il y a eu sur Lyon 481
nouvelles contaminations qui ont été enregistrées. L’inquiétude, c’est
aussi l’ambiance médiatique du moment. Certes le VIH se soigne mieux,
les personnes vivent plus longtemps, sauf qu’on ne peut pas soigner le
VIH. C’est important que les gens l’entendent. La traitement reste une
contrainte énorme. Et la sérophobie est toujours ambiante. Il n’y a pas
eu d’évolutions à ce niveau-là. Vivre plus longtemps marginalisé reste
une difficulté. »
L'interview complète à retrouver en podcast audio sur LyonMag.com.
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