Edito 19-12-2011 à 07:25
Eric Pelet
Les médias sont devenus, à la longue, de bons clients de François Bayrou. Pour sa troisième candidature successive à la présidentielle, ils lui réservent des articles et des reportages quasiment similaires à ceux de la précédente élection. Dans l’intervalle, Bayrou intéresse moins. Il occupe certes une place non négligeable dans le débat national mais chacun sait qu’avec deux députés seulement, son mouvement ne peut pas peser sur la vie politique française. Ces dernières années Bayrou n’a d’ailleurs pas été le seul à vouloir incarner le centre, territoire politique nébuleux dont il est tellement difficile de cerner les contours qu’on finit par douter de son existence. Borloo puis récemment Morin avec son Nouveau centre (« nouveau » change radicalement la donne il faut l’admettre !) ont tenté de lui ravir ses arpents de bonne terre électorale que Bayrou, en agriculteur de métier, laboure inlassablement dans l’attente de leur moisson quinquennale. Il suffit ainsi d’observer Bayrou une fois candidat déclaré pour comprendre que l’homme ne vit que pour cette échéance.
Habituellement austère, il s’illumine à la façon d’un gamin qui va monter sur le manège présidentiel mais sans prendre conscience qu’il n’aura droit qu’à un seul tour. On peut comprendre que l’espoir naisse à chaque fois dans son cœur et celui de ses partisans car les sondages sont plutôt bons. Les médias en rajoutent en le présentant toujours comme le candidat qui va faire la surprise, un présidentiable rassurant qui peut réconcilier les français. Malheureusement Bayrou n’est jamais présent au second tour. En 2007, il était apparu incrédule puis aigri du mauvais sort que les électeurs lui avaient encore réservé, le laissant sur le bord de la dernière ligne droite avec des millions de voix qui ne lui appartenaient déjà plus. En 2012 ce sera exactement la même chose. Une longue campagne pour y croire, les suffrages de ceux qui ne veulent pas voter pour la gauche ou la droite au premier tour, puis le manège qui s’arrête faute d’avoir décroché le pompon. Bayrou s’en remettra vite. Il lui suffira de se préparer pour 2017. Cinq années après tout, cela passe vite.
Excellentes fêtes à tous.
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Commentaires 6
Déposé par eric pelet le 20/12/2011 à 13h03 Citer
Déposé par Marianne le 20/12/2011 à 00h22 Citer
Cette presse moqueuse, superficielle, qui donne une telle image de la politique, ne fait pas honneur à la démocratie.
Comme disait Albert Camus : « Loin de refléter l'état d'esprit de la pensée du public, la plus grande partie de la presse française ne reflète que l'état d'esprit de ceux qui la font. A une ou deux exceptions près, le ricanement, la gouaille et le scandale forment le fond de notre presse. A la place de nos directeurs de journaux, je ne m'en féliciterais pas. Tout ce qui dégrade en effet la culture, raccourcit les chemins qui mènent à la servitude.
Une société qui supporte d'être distraite par une presse déshonorée et par un millier d'amuseurs cyniques décorés du nom “d'artistes” court à l'esclavage, malgré les protestations de ceux-là mêmes qui contribuent à sa dégradation. »
Déposé par 100reproches le 19/12/2011 à 23h34 Citer
Déposé par angele le 19/12/2011 à 20h03 Citer
Déposé par Diodore le 19/12/2011 à 10h35 Citer
Et je pense que ce n'est qu'un début.
Rendez-vous en mai
Déposé par rien n'est jamais ecrir le 19/12/2011 à 10h17 Citer
rdv en 2012