Dominique Perben réaliserait un score de 48% au deuxième tour des élections municipales face à Gérard Collomb. C’est le résultat du sondage que vient de réaliser CSA pour lyonmag.com. Pas vraiment de surprise, notamment par rapport au dernier sondage CSA réalisé en septembre dernier. A quatre mois des municipales, le maire sortant continue à dominer nettement le candidat de l’UMP. Quatre points, ce n’est pas rien !
Ce qui souligne que Perben a du travail s’il veut faire rebasculer Lyon à droite. D’autant plus que pour détrôner un sortant, il faut impulser une vraie dynamique. Et ce n’est visiblement pas le cas. Car entre Lyon et cet énarque un peu coincé, le courant ne passe toujours pas. D’ailleurs les Lyonnais ne s‘y trompent pas. Ils sont 69% à estimer que cette élection est déjà jouée. C’est-à-dire que Collomb a gagné. Et ils sont seulement 24% à estimer que Perben a encore des chances. D’ailleurs, il parait que ça agace prodigieusement l’ancien ministre de voir cette opinion lyonnaise aussi sceptique vis-à-vis de lui. Et il a raison. Car cette rumeur qui court est assassine vu qu’elle démobilise les hésitants en confortant celui qui est en place. C’est ça la fameuse “prime au sortant”.
L’écart se resserre
Et pourtant, même si Collomb a un indiscutable avantage, cette élection est loin d’être jouée. D’abord parce que tout est possible en politique. C’est une règle simple qu’on a parfois tendance à oublier. Quatre mois, c’est long. Et tout peut arriver. Mais il faut également souligner que l’écart se resserre entre Collomb et Perben qui gagne un point par rapport au dernier sondage CSA réalisé en septembre. Un petit point certes, et quand on connaît les marges d’erreur dans ce genre d’étude, il faut rester prudent. D’autant plus qu’il y a ces fameuses corrections que les sondeurs apportent aux résultats bruts. Cela dit, on ne va pas entonner le petit refrain anti-sondage. D’ailleurs, les sondages se trompent beaucoup moins que le répètent certains. La preuve aux dernières municipales à Lyon, Lyon Mag avait réalisé une série de sondages qui tous donnaient Collomb gagnant. Alors qu’à droite, on criait à la manipulation.
Bref, pour résumer, Collomb continue à dominer Perben, mais l’écart se resserre légèrement. Et il parait que ça agace Collomb qui a eu droit, c’est vrai, à des sondages insolents. Avec des scores qui le donnaient vainqueur jusqu’à 58% ! Soit 16 points d’avance sur Perben.
Une ville de centre droit
Mais ce n’est pas vraiment surprenant qu’à quatre mois des municipales, on revienne à des scores plus réalistes. Car le maire de Lyon ne doit pas oublier qu’il a été élu avec très exactement 48,56% des voix au deuxième tour. C’est-à-dire sans majorité absolue. Même si à force de répéter que Lyon est une ville de bobos qui est train de basculer à gauche... Le danger c’est qu’on finit par le croire ! Alors que c’est faux.
Lyon est une ville modérée, certes. Mais une ville toujours bien ancrée à droite. D’ailleurs il ne faut pas oublier que Sarkozy a fait un score de 53% au deuxième tour de la présidentielle. Et même si aux dernières législatives, la gauche a raflé deux circonscriptions sur quatre, Lyon reste un ville de droite ou plus exactement une ville de centre droit où le conservatisme est encore puissant. Il ne faut quand même pas oublier le score de Millon aux dernières municipales : 23%. Additionné à celui du Front National, on dépasse les 30%. Ce qui est loin d‘être négligeable. C’est d’ailleurs pour ça que Collomb joue la carte centriste en étant toujours très prudent et nuancé dans ses prises de position. Tout en se montrant très ferme sur des sujets sensibles comme la sécurité ou la religion. C’est aussi pour ça que Perben s’est beaucoup démené pour rallier la droite musclée, de Philippe de Villiers à Charles Millon.
L’enjeu des arrondissements
Voilà pourquoi rien n’est joué aujourd’hui et ce sondage le confirme. Même si la dynamique est incontestablement favorable à Collomb. Et rien n’est joué pour une raison simple : une élection municipale à Lyon, comme à Paris et Marseille, se joue d’abord et avant tout dans les arrondissements. Car le scrutin d’arrondissement impose sa loi. D’ailleurs c’est comme ça que Gérard Collomb a été élu en mars 2001. Alors qu’en 1995, il avait fait basculer trois arrondissements, les 9ème, 8ème et 1er, il a alors réussi à s’imposer en arrivant en tête dans trois autres arrondissements : le 5ème, le 7ème et le 4ème. Voilà l’enjeu, il est à la fois très simple et complexe. Car tout dépendra de la mobilisation des deux candidats sur le terrain. Et des têtes de listes qui seront désignées dans chaque arrondissement.
Mais il reste une inconnue de taille qui peut bouleverser ces élections municipales à Lyon, c’est le score que va réaliser le candidat centriste. Car dans ce scrutin d’arrondissement, un troisième homme peut jouer un rôle décisif. Il suffit qu’il réalise un score de plus de 10% pour pouvoir se maintenir au deuxième tour donc être en position de force pour négocier un accord avec une autre liste. Voilà pourquoi le choix du candidat centriste sera déterminant pour le scrutin du 9 et 16 mars prochain. D’ailleurs, on parlera dans le prochain Lyon Mag qui parait mercredi avec justement un petit sondage CSA qui risque de faire quelques vagues !
Allez à jeudi et n’hésitez pas à réagir à ce sondage. Je suis sûr d’ailleurs que vous allez être nombreux !









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