Actualité 18-01-2012 à 18:14
Cyril Chevreau, président de Pourquoi sang priver - Photo Lyonmag.com
L'association Pourquoi sang priver manifeste mercredi devant les camions du don du sang, place de la République pour faire entendre les droits des homosexuels.
Jusqu'à 19h, Pourquoi sang priver distribue des tracts pour informer les
gens et les sensibiliser à leur cause. "Nous ne pouvons pas donner
notre sang comme tout le monde" s'exclame Cyril Chevreau, président de
l'association. L'EFS (Etablissement Français de Sang) refuse de prendre
le sang des homosexuels et les fiche. "Une fois, j'ai voulu retenter
l'expérience en donnant mon sang. Ils m'ont dit que c'était impossible
parce que je couche avec des hommes". L'EFS l'a fiché, il ne pourra
jamais donner son sang. "Pour moi cette interdiction à vie équivaut à
une discrimination. C'est idiot".
Donnez votre sang !
Leur but: renseigner l'opinion
publique et inciter les lyonnais à donner leur sang à leur place,
puisque eux ne peuvent pas le faire. Les propos de Nora Berra, secrétaire d'état à la santé sur le
fait que "l'homosexualité soit un facteur de risque pour le VIH" le
font aussi réagir. Pour lui, une personne hétérosexuelle est tout autant
facteur à risque qu'une personne homosexuelle. "La France devrait
évoluer sur le don du sang homosexuel comme l'ont fait le Portugal et
l'Italie". L'association doit terminer son action par une haie de bras
d'honneur.
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Commentaires 10
Déposé par lorie le 30/03/2012 à 10h40 Citer
Déposé par Tenemelques le 20/01/2012 à 14h47 Citer
Déposé par mon sang est sans risque le 20/01/2012 à 13h06 Citer
Déposé par mon sang est sans risque le 19/01/2012 à 23h39 Citer
Déposé par Bastian le 19/01/2012 à 22h29 Citer
Je baigne de part mon milieu scolaire et mon milieu militant LGBT dans ces chiffres, et bien évidemment je ne nierai pas que la contamination par le VIH est un véritable fléau dans notre communauté, les chiffres de l'Institut de Veille Sanitaire et des différentes organisations nationales et mondiales de lutte contre le SIDA sont alarmants, et jamais je ne fermerai les yeux sur cette réalité. Je comprends parfaitement qu'au début de l'épidémie, le manque de connaissance sur le VIH ait conduit à interdire le don du sang aux HSH. Vous évoquiez l'époque que j'avoue ne pas avoir connue) de l'affaire du sang contaminé et la sombre période du « cancer gay » : cette période est révolue, cela fait trente ans, et un des facteurs qui ont été à l'origine de ce scandale de sang contaminé a été encore une fois le manque de connaissance. Aujourd'hui on sait comment se transmet le VIH, mais surtout comment s'en protéger : le préservatif.
À partir de ces connaissances, il y a deux sous-groupes dans la population des HSH :
1) Ceux qui ont pleinement conscience des notions de prévention, qui se protègent, qui vivent une relation stable ou qui sont célibataires et ceux qui se font dépister régulièrement, sous-groupe auquel vous et moi faisons partie. Ce sous-groupe est séronégatif pour toutes les IST : notre pays manque de sang, et ce sous-groupe en a à revendre, et il devrait pouvoir le donner.
2) Les personnes qui ont des pratiques sexuelles à risque, qui ne se protègent pas, qui ne se font pas dépister. On ne peut parfois pas établir le profil sérologique de ce sous-groupe. Pour des raisons de sécurité sanaitaire, ce sous-groupe doit être interdit au don du sang (comme c'est le cas aujourd'hui), en attendant d'être sûr que les individus aient un profil sérologique négatif, et en attendant que ces individus regagnent le premier groupe.
Mon raisonnement est là : on ne devrait pas refuser à un HSH séronégatif (qui a passé la sécurité de la fenêtre sérologique et qui donc est sûr de ne pas être récemment contaminé) le don du sang. C'est complètement absurde. On devrait ouvrir le don du sang aux HSH séronégatifs et l'interdire aux sérointerrogatifs (ceux qui ne connaissent pas leur statut sérologique ou qui n'en sont pas sûrs à 100%).
« J'ajoute que selon moi, le don du sang n'est pas un acte militant et ne doit pas générer de revendication communautariste. »
Je suis d'accord avec vous, la sécurité sanitaire du don du sang et la vie d'un patient n'est pas un jouet que l'on peut instrumentaliser pour une cause ou pour une autre. Donner son sang est un acte altruiste, généreux, solidaire et fraternel (faudrait quand même pas oublier la devise de notre pays). Néanmoins, cette interdiction est toujours un symbole pour moi, le symbole de la confiance que les autorités confient à la communauté LGBTIQ (Lesbienne, Gay, Bi, Trans, Intersexe, Queer) qui se veut responsable, chose que j'ai déjà détaillée plus haut. La société évoluera, et nous sortirons de cette sombre époque du « cancer gay » dans laquelle nous sommes embourbés depuis 30 ans quand un geste sera fait de plus haut, de notre ministère de la santé. Car oui, encore aujourd'hui en 2012 le dangereux amalgame entre HSH et VIH est toujours dans l'inconscient collectif.
« Nous devons nous en tenir aux recommandations sanitaires nationales et internationales. »
Les recommandations de l'Union Européenne vont justement dans notre sens, en précisant que pour le don du sang l'orientation sexuelle du donneur ne devrait pas être prise en compte mais sa pratique sexuelle.
« Un nouveau scandale du sang contaminé, même de faible portée, serait selon moi infiniment plus grave. »
Comme expliqué plus haut, nous ne sommes pas dans le même contexte de l'avancée des connaissances scientifiques sur ce virus pour réunir les mêmes conditions que celles du début des années 1980.
Je vous remercie de l'intelligence de cet échange, et vous souhaite une bonne soirée.
Bastian.
Déposé par Tenemelques le 19/01/2012 à 16h20 Citer
Déposé par Bastian le 19/01/2012 à 15h00 Citer
Votre remarque me surprend venant d'un HSH : vous dites vous-même avoir une activité sexuelle raisonnable et avoir une hygiène de vie irréprochable, vous savez que vous n'êtes infecté par aucune IST : trouvez-vous normal que le ministère vous dise "Même si votre sang est irréprochable je vous refuse le don du sang juste parce que vous êtes homosexuel" ? Le don du sang et l'entretien avec le médecin, c'est une question de confiance. Si le Gouvernement français ne peut pas accorder sa confiance aux HSH responsables et acteurs de leur santé et de leur prévention, alors oui, c'est une discrimination. Nous ne demandons pas l'ouverture du don du sang à tous les HSH, mais seulement l'ouverture du don du sang aux HSH responsables, tout comme le don du sang n'est pas ouvert à tous les hétéros mais seulement aux hétéros responsables.
Mais pour la troisième fois, je le redis : j'ai du mal à comprendre comment vous pouvez vous laisser discriminer juste parce que vous appartenez à un groupe populationnel...
Déposé par Tenemelques le 19/01/2012 à 13h45 Citer
Déposé par mon sang est sans risque le 19/01/2012 à 12h43 Citer
alors même qu'on manque de sang!
Déposé par tenemelques le 18/01/2012 à 19h03 Citer