Ça Jazz à Lyon 20-02-2012 à 10:36
Sonja Dicquemare, professeure-architecte à l’école nationale des Beaux-Arts de Lyon, était l’invitée de Jazz Radio lundi pour l’émission Ça Jazz à Lyon, proposée en partenariat avec LyonMag.com.
Non, l’avenir de la Part-Dieu ne se décide pas qu’entre les quatre murs du Grand Lyon. Non, le futur du quartier d’affaire de Lyon ne se résume pas qu’à sa maquette futuriste visible dans la hall de la communauté urbaine. Les élèves en "Design d’espace" de l’école nationale des Beaux-Arts de Lyon travaillent depuis maintenant deux ans sur une approche plus originale du projet. "Il s’agit d’un partenariat qui s’est monté avec l’agence d’urbanisme, précise Sonja Dicquemare. Ce sont plutôt eux au départ qui ont manifesté leur intérêt pour le travail que nous menons depuis plusieurs années sur l’espace urbain avec mes étudiants." Quand l’agence d’urbanisme donne son expertise et permet l’accès à certains lieux, les étudiants mènent leurs travaux de recherche, de création et d’expérimentation. Depuis deux ans, ils sont près d’une trentaine à avoir contribué au partenariat.
La question de la skyline* est prédominante dans l’approche du quartier. "Plusieurs projets proposent un rapport différent à la hauteur, un
rapport de plaisir, un rapport non-dominant, glisse Dicquemare. Certains
lieux perchés redeviennent accessibles au passant, au citoyen."
L’objectif des travaux est de remettre l’homme au centre d’un quartier
dédié au tertiaire, particulièrement déshumanisé. "Plusieurs projets
font remonter la rue en haut des tours, certains insèrent de
l’agriculture dans le tertiaire. C’est une éloge de la mixité et de
l’hybridation, mais toujours du point de vue de l’humain, du vivre
ensemble dans la ville." Des projets qui, selon l’architecte, "sont
tout à fait réalisables techniquement." "Après, il ne reste que la
question du coût, concède-t-elle. Certains projets dédiés à la personne
intéressent peut-être moins."
Et pourtant, quelques projets
emblématiques portés par les étudiants replacent l’homme au cœur de cet
environnement. "Il y a tout un projet sur les colporteurs qui amènent
des livres, qui donnent des petits cours de danse instantanés sur le
quai de la gare. Un autre propose une forme d’hybridation entre le
centre commercial, le marché aux puces, la maison de la culture." Le
quartier, qui croule déjà sous les bâtiments, devra faire le choix entre
rationaliser son espace ou laisser libre cours à l’originalité. Si les
opérateurs font ce deuxième choix, ils pourront s’appuyer sur les
travaux des élèves architectes. "Certains projets sont plus conceptuels
que d’autres. Il s’agit de mettre en avant la notion de choix, très
importante. C’est l’essence de la création que d’évoquer cette liberté à
imaginer, à rêver. Des choix sont faits, d’autres auraient pu l’être.
Cela démontre une forme d’engagement. J’espère que cela inspirera ceux
qui rénovent ce quartier." Et Sonja Dicquemare ne veut pas entendre
parler d’utopie "Ce sont des utopies selon le point de vue d’où on se
place., recadre-t-elle. A Lyon aujourd’hui en 2012, c’est une utopie.
Dans 20 ans, cette vision sera peut être d’une grande banalité."
Les travaux des étudiants de l’école nationale des Beaux-Arts de Lyon
sont visibles au centre de culture urbaine l’Archipel, Place des
Terreaux à Lyon (1e), jusqu’au 26 février.
* "Horizon" en anglais. Le vocable recouvre le projet porté par la communauté d'ériger plusieurs tours de hauteur différentes pour rendre encore plus identifiable ce quartier dédié aux affaires.
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