A la une 20-02-2012 à 18:10
L'Assemblée nationale - DR
Nicolas Sarkozy a lancé une petite bombe à la fin de son meeting marseillais, dimanche. Il a plaidé pour la révision du mode de scrutin aux élections législatives en y intégrant une dose de proportionnelle "à la marge", tout en réduisant le nombre de parlementaires.
Pourtant destinée à ouvrir les bancs de l’assemblée aux courants politiques tels que le Front National ou le MoDem, la proposition "laisse dubitative" les représentants lyonnais de ces partis. "Il faut toujours regarder qui fait la proposition et la crédibilité du promoteur, explique Stéphane Sacquépée du MoDem lyonnais. On voit mal Nicolas Sarkozy, qui a déjà fait cette promesse en 2007, tenir parole alors qu’il ne l’a pas fait avant". Pour Christophe Boudot, cette promesse n’est qu’un leurre. "Depuis cinq ans, l’UMP a lutté contre toute idée de représentation proportionnelle, se souvient le secrétaire départemental du FN. A quelques semaines des élections, Nicolas Sarkozy sort une ficelle de plus pour attirer notre électorat".
Le MoDem et le FN dénoncent tous deux le flirt du candidat UMP envers leurs sympathisants. "Nicolas Sarkozy essaye de séduire à la fois les électeurs centristes et les électeurs du Front national",
constate Stéphane Sacquépée. En effet, même des élus de l’UMP ne
comprennent pas pourquoi leur leader s’avance sur ce sujet,
Jean-François Copé le premier. Les Verts eux sont moins concernés car
ils ont déjà prévu un accord avec les socialistes pour les élections en
2012. "La proposition appelle plus de questions que de réponses", glisse Christophe Boudot.
Quelle sera la dose de proportionnelle ? Sera-t-elle appliquée pour la prochaine joute électorale ou aux "calendes grecques" ? "Si le président voulait faire un geste démocratique, il appliquerait la proportionnelle intégrale où toutes les formations politiques auraient une réelle représentation par rapport à leur poids dans l’électorat, revendique-t-il. Avec plus de 20% des voix dans l’électorat, on ne veut pas la part du chien". Quelle que soit la teneur de la proposition, les représentants des deux formations politiques ciblées ne se font pas d’illusions. "Nous, on pense qu’il ne le fera jamais" lâche le frontiste. "C’est une petite stratégie qui ne trompe pas grand monde", clôt Stéphane Sacquépée.
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Déposé par v-p le 21/02/2012 à 11h27 Citer