Culture 03-05-2012 à 02:18
Laura Pausini à la Halle Tony Garnier de Lyon - Photo Lyon Mag
La chanteuse Italienne s’est produite pendant près de 2 heures sur la scène de la Halle Tony Garnier mercredi soir devant environ 12 000 spectateurs.
La France connaît Laura Pausini pratiquement depuis ses débuts, La Solitudine étant la chanson qui l’a révélée en France mais aussi en Italie. Cet Inedito World Tour, qui a commencé en Italie pendant 2 mois l’an dernier, a fait salles combles en Amérique Latine (Brésil, Chili, Pérou, Argentine, Mexique, Venezuela…) en janvier et février, et a entamé sa partie européenne par la Suisse, la Belgique et l’Espagne avant d’arriver en France le mois dernier (Bercy, Toulouse, Marseille, Amnéville, Strasbourg, Nice). Pour cette tournée monstre, la star aux 70 millions d’albums vendus de par le monde a décidé de s’offrir la crème de la crème, avec entre autres l’éclairagiste de Michael Jackson et des Rolling Stones, la costumière de la série des Star Wars ( !) , le scénographe de U2 et des Pink Floyd et, touche transalpine tout de même, le directeur artistique de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Turin en 2006. Et le résultat est à la hauteur de la promesse.
La chanteuse est arrivée sortant du haut d’un escalier aux marches éclairées, gainée dans une robe dorée et moulante, tout comme son pantalon, dans le même ton. Au-dessus d’elle, un imposant système de spots surpuissants, tous mobiles. En dessous, en tout cas avant qu’elle ne les rejoigne, un batteur, deux guitaristes, un bassiste et trois choristes. On est loin de l’image que la France se fait parfois du folklore Italien, là, c’est du lourd, de l’américain pourrait on dire. Et du coup, toutes les chansons de Laura Pausini deviennent tonitruantes, portées par des moyens techniques d’exception (derrière la scène au moins 12 semi-remorques prouvaient le volume nécessaire à l’installation), et embellies par un ingénieux écran géant en trois parties au centre arrière de la scène, entouré d’une illusion d’optique représentant un chapiteau dorique vu du bas.
Voilà pour le décor. La fosse, elle, était assise, et numérotée. Pourtant, très vite, les spectateurs se lèvent et se massent devant la scène. Ils y resteront un bon quart d’heure, y entendront On N’oublie jamais rien, on vit avec, à deux pas de leur idole, une chanson faite pour la France car chantée en duo avec Hélène Segara. Pour ce concert lyonnais, c’est Caroline Costa, la jeune fille de 15 ans qui remporta il y a quelques années un des nombreux télécrochets de M6 et qui a assuré la première partie, qui a l’honneur d’accompagner la diva, qui, même avec son statut de star la prend dans ses bras, la protège, la couve, et lui permet de livrer une prestation sans failles. « Bon courage pour la tua vità, quelle voix ! » lance, subjuguée, l’Italienne à l’issue de ce duo.
Tout le monde attendait et surtout connaissait les paroles de La
Solitudine, l’incontournable de la chanteuse. Elle est interprétée tout
en douceur, contrairement aux très énergiques autres chansons, avec une
Laura Pausini assise sur une chaise, et qui, peut-être surprise qu’une
si grande salle reprenne mot à mot une chanson au si long texte dans une
langue étrangère, s’extasiera sur la fin : « Lyon, je vous aime », dans
un si identifiable sourire aux dents du bonheur saillantes.
Les musiciens auront été également très importants dans ce spectacle.
Les deux guitaristes, virtuoses, se lancent dans un « battle » de rifs,
ça bastonne, ça castagne, du son rock à l’état brut, plus bruyant, plus
fort, plus long que des motos qui démarrent. Le seul choriste masculin
danse avec Laura, chante, joue des percussions, ses deux partenaires
féminines jouent de la guitare, supportent avec précision la voix de
l’artiste. L’artiste justement, elle vit ses chansons, se tord, fait
tourner sa chevelure, s’égosille (tout en restant juste), sert les
poings, écarte les bras, ferme les yeux, touche, parle au public qui explose quand des confettis jaillissent de deux canons à air comprimé
placés le long de la scène. Les chansons à succès s’enchaînent. Io Canto
prend une dimension revendicative, énervée. E Ritorno da Te se veut
langoureuse mais déterminée. Incancellabile prend la forme d’un hymne
quasi national (d’ailleurs les drapeaux italiens fleurissent dans les
premiers rangs). Tra Te e il Mare retrouve son lyrisme de conte, on se
croirait chez Tim Burton quand Laura, devant un décor où surgissent des
images d’un escalier sans fin qui rappelle les esquisses de Leonard de
Vinci, vêtue d’une longue robe sombre dont la traîne lui sert à
prolonger son corps et lui confère un côté aérien, lâche les chevaux,
laisse aller sa puissance vocale et fracasse les enceintes pour le plus
grand plaisir de ceux qui sont debout et qui connaissent à la fois les
paroles et la musique. Plus tard, sur la fin, c’est à la Queen, avec de
grands cylindres faisant office de tambours et de grosses baguettes que
Laura Pausini, portant du coup un jean aux reflets bleus, un tee shirt à
son effigie et une veste elle aussi en jean, chantera La Mia Banda
suona il Rock. Pas besoin de traduction, la prestation parle
d’elle-même. Car oui, Laura Pausini est une chanteuse qui plaît aux
jeunes filles (il y en avait naturellement beaucoup dans la Halle), oui
ses textes font sourire (souvent les garçons), mais non, ce n’est pas
une chanteuse à minettes, en tout cas pas sur scène. Le tout dégage une
telle énergie, une telle unité, certes arrangée par les moyens
considérables, que l’intensité du spectacle est envoutante. Et le tout
avec toujours ce grand sourire, qui plaît tant au public, même quand ce
dernier est invité à aller se rasseoir (« c’est la loi ici ») par une
chanteuse dépassée par son succès (mais qui rappellera implicitement ses
fans en Italien afin qu’ils reviennent devant elle dix minutes plus
tard). Après tout juste 1h57 de show, la lumière pouvait revenir dans la
Halle Tony Garnier qui crépitait encore des accords de l’Italienne, et
l’assistance pouvait s’arrêter par grappes aux boutiques qui vendaient
comme toujours tee shirts, posters, bandanas, sacs, mugs, écharpes et
autres produits dérivés.
Jeudi Laura Pausini en terminera à Grenoble avec la partie française de
sa tournée, puis continuera sur les scènes d’Autriche et d’Allemagne
avant de s’offrir le Royal Albert Hall de Londres pour enfin refaire le
tour de l’Italie et finir là où le tour est parti, à Milan puis Rome.
| Tweet | Suivre @Lyonmag |
Déposer un commentaire
Commentaires 10
Déposé le 05/05/2012 à 09h58
Par Marco Citer
Déposé le 04/05/2012 à 16h44
Par Karine Citer
Déposé le 04/05/2012 à 11h09
Par aa Citer
Bravo Laura, continue de nous enchanter.
Déposé le 04/05/2012 à 09h28
Par Kaliana Citer
Laura est une véritable artiste , et proche de son public .
Bravo aussi a son équipe ,musique ,son et lumière.
Déposé le 03/05/2012 à 22h08
Par isa.bouille Citer
Déposé le 03/05/2012 à 15h21
Par Laetitia Dupuy Citer
Déposé le 03/05/2012 à 15h18
Par Laetitia Dupuy Citer
Déposé le 03/05/2012 à 11h22
Par jujufandelaura Citer
???LAURA???
Déposé le 03/05/2012 à 10h47
Par sergio Citer
Déposé le 03/05/2012 à 10h32
Par ChatMan Citer