Suite à la loi Pecresse sur l’autonomie des universités, une partie des étudiants de Lyon 2 ont décidé de bloquer la fac. Ils reprochent au gouvernement son désengagement financier. Interview d’ Elsa Ferri-Battini, présidente de l’UNEF Lyon.
Qu’est-ce que vous reprochez à la loi Pécresse ?
Elsa Ferri-Battini : L’Etat veut se désengager politiquement et financièrement de la fac. Si cette loi passe, ça sera à l’université de payer son personnel et ses bâtiments. Du coup, elle devra se tourner vers le privé pour obtenir des financements. Bref, on aura une université à deux vitesses, avec d’un côté des facs riches et de l’autre des établissements complètement délaissés. Ce qui va favoriser certaines universités.
Ça va favoriser quels établissements ?
Les facs de sciences comme Lyon 1 qui auront bien moins de difficulté à trouver des financements privés que les facs de sciences humaines comme Lyon 2 car la recherche médicale et biologique peut intéresser des entreprises et des laboratoires.
Quelle est votre légitimité pour décider une grève ?
Ce sont les 500 étudiants présents à l’assemblée générale d’hier qui ont voté la grève. Du coup, on va bloquer une partie de l’université lundi matin. Mais on refait une AG lundi à 13h et c’est là qu’on décidera de poursuivre ou pas le blocage de la fac, voire d’interrompre les cours.
Mais 500 personnes c’est loin d’être la majorité des étudiants de Lyon 2 qui sont près de 30 000 !
Mais ce n’était que la deuxième AG. Lundi, il devrait y avoir plus de monde. Et on appelle surtout à la mobilisation le 20 novembre pour manifester avec les fonctionnaires. Car c’est en s’associant qu’on pourra se faire entendre.
Vous demandez quoi ?
D’abord l’augmentation du nombre d’étudiants boursiers. On veut aussi que chaque étudiant ait un encadrant pédagogique, une sorte de tuteur qui peut être par exemple un étudiant en master. Car pour l’instant, les nouveaux bacheliers sont totalement livrés à eux-mêmes quand ils débarquent à la fac, d’où le nombre important de redoublement en première année. Et nous ne voulons pas d’université élitiste. C’est pour ça qu’on se mobilise contre la sélection à l’entrée de la fac et contre la hausse des frais d’inscription. Il faut aussi repenser les conditions d’insertion dans le monde professionnel et pour cela il faut créer un réel service d’orientation.
A chaque proposition de loi les étudiants descendent dans la rue. L’université est donc impossible à réformer ?
L’UNEF n’est pas contre une réforme des universités mais toutes les propositions faites par le gouvernement actuel vont à l’encontre des étudiants. Mais nous continuerons à nous mobiliser pour obtenir de vraies réformes en faveur des étudiants.









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