Contributions 25-06-2012 à 13:01
Eric Pelet - LyonMag
Les espagnols connaissent une crise économique plus grave que celle qui affecte la France mais leurs footballeurs prennent toujours plaisir à jouer, ce qui n’est pas le cas des nôtres. La séquence qui va de l’Euro 2008 à l’Euro 2012 en passant par la coupe du monde 2010 est révélatrice de l’état d’esprit calamiteux qui s’est installé dans la sélection nationale de football à la différence, fort heureusement, d’autres sports comme le handball, le rugby ou la natation. L’explication sportive reviendra aux nombreux commentateurs du foot, légion de spécialistes qui envahissent les plateaux des télés et radios, et dont l’expression éphémère leur permet souvent de se contredire d’un jour à l’autre sans que personne n’y prête attention.
Le fond du problème est en partie d’ordre sociologique. Au lieu d’une
équipe de France comme il y a une équipe d’Allemagne ou d’Italie on a le
sentiment de voir évoluer une équipe des France, où se mélange la
France rurale et celle des banlieues urbaines, des français de souche et
ceux d’origine étrangère. Le manque d’homogénéité n’est pas la seule
explication. Ce brassage a ainsi fonctionné dans le passé car l’équipe
régnante de 98 à 2000 était aussi multiculturelle et pour parler selon
la sémantique de l’époque : black-blanc-beur. Mais cette génération de
joueurs avait la fibre tricolore. Sur le terrain elle ne lâchait rien et
se battait jusqu’au bout pour faire gagner la France et démontrer sa
fierté de porter le maillot bleu. Aujourd’hui c’est tout le contraire
et cette nouvelle débandade morale et sportive dans une compétition
internationale plonge nos compatriotes, sincèrement amoureux du foot,
dans le dépit et la désillusion.
Les choses sont désormais claires. Si un certain nombre de joueurs,
stars millionnaires des grands clubs européens, démontrent par leur
je-m’en-foutisme, leur ennui affiché ou leur service minimum sur le
terrain qu’ils ne sont pas intéressés par une sélection en équipe
nationale, il faut simplement et définitivement les radier de ses
effectifs, même si leur expérience fait défaut pour de prochaines
sélections. Ce ménage aurait déjà dû être opéré en profondeur après le
cauchemar de Knysna. En plagiant une célèbre citation de Churchill on
pourrait dire de l’équipe 2010 : ils avaient le choix entre le
déshonneur et la défaite, ils ont eu le déshonneur et la défaite. Au vu
des résultats de nos bleus depuis 4 ans on ne prendra pas ainsi beaucoup
de risque à faire monter une jeune génération qui aura faim de gloire
et de victoire mais qui exprimera surtout une réelle fierté à jouer pour
son pays. Les contre-performances seront plus facilement pardonnées si
ces joueurs mouillent le maillot tricolore et prouvent leur engagement
sportif, loin des spéculations mercantiles de leurs agents ou de leur
club. Une nouvelle page est à écrire à l’encre bleue, sans tache.
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Commentaires 4
Déposé le 30/06/2012 à 14h20
Par Jean-Luc Citer
Certes, nous avons également la même langue en commun mais pas le même langage.
Déposé le 27/06/2012 à 08h54
Par Degoute Citer
Certes, nous avons également la même langue en commun mais pas le même langage.
Déposé le 25/06/2012 à 18h05
Par François Citer
Déposé le 25/06/2012 à 13h49
Par JCB Citer