La Société Générale accuse un jeune trader de lui avoir fait perdre 5 milliards d’euros. Une sacrée somme d’autant plus qu’il aurait réalisé cet “exploit”, tout seul. En roulant dans la farine une des plus grandes banques du monde, ses experts, ses contrôleurs, son armada d’ordinateurs...
Du coup, on se dit que c’est un petit génie. Il se trouve que ce garçon a fait ses études à l’université Lyon II. Et il se trouve que la rédaction de Lyon Mag a interviewé un de ses profs qui avoue ne pas avoir été frappé par cet étudiant. Bref ce n’était pas un étudiant brillant dont on se dit qu’il va faire des étincelles, une carrière fulgurante... Mais un étudiant moyen, discret et qui passait inaperçu.
Pas vraiment étonnant, au fond car cette affaire est assez étrange. 5 milliards s’envolent et la Société Générale vous raconte que le coupable c’est un jeune trader qui est en fuite. Et on balance à tous les médias la photo du coupable. Sans la moindre preuve. Mais l’avocat du “coupable” a beau expliquer qu’il n’est pas en fuite, on continue à bastonner.
D’ailleurs la police judiciaire l’a retrouvé chez lui. Et les 5 milliards, où ils sont passés ? Dans la poche du vrai faux fuyard ? Pas du tout, il n’a pas détourné un euro.
Bon on résume. Une grande banque perd 5 milliards d’euros. Du jamais vu. Le casse du siècle. Où est passé l’argent ? Mystère. Mais la banque accuse un de ses jeunes collaborateurs en expliquant qu’il est en fuite. Alors qu’il est arrêté chez lui, deux jours plus tard.
Le président de la Société Générale a présenté, parait-il, sa démission. Et sa démission a été refusée. Par qui ? On ne sait pas trop. Mais tout l’establishment bancaire s’est précipité pour soutenir ce président qui vient de perdre 5 milliards et qui nous raconte une histoire à dormir debout. D’autant plus qu’il vient d’annoncer qu’il renonçait à son salaire pendant six mois ! Une autopunition ? Pourquoi ? Et pourquoi six mois ? De plus en plus bizarre cette affaire.
Michel Mercier va faire son “outing” dans les jours qui viennent. En avouant qu’il est franchement à droite. C’est du moins ce qu’affirme le Figaro ce week-end. Pas vraiment surprenant pour le patron du Modem lyonnais qui depuis des mois, cherche une solution pour conserver la présidence du conseil général en faisant alliance avec l’UMP sans que ça se sache. Pas facile ! Aujourd’hui il est coincé. Du coup, il va rejoindre les listes Perben qui sont truffées de représentants de la droite musclée style Millon ou de Villiers. Les vrais centristes sont furieux. Et le Modem risque d’exploser à Lyon. Mais Mercier s’en fout. L’essentiel pour lui c’est de rester président du conseil général. A la place de Perben, je me méfierais. Car un type capable de renier ses idées pour un fauteuil, c’est toujours dangereux. Et moi au fond ça me fait penser à un type comme Millon qui s’est accroché coûte que coûte à son conseil régional, quitte à signer un pacte avec le diable FN. Au fond, c’est ça le risque majeur en politique : l’opportunisme car le pouvoir rend dingue. Et pour le conserver, certains sont prêts à tout. Pour résister, il faut de la hauteur pour voir loin. Plus loin que le bout de son petit nez.
J’ai dit beaucoup de mal des trois bouquins qui viennent de sortir sur Cécilia. En épargnant le dernier que je n’avais pas fini de lire. Et j’ai bien fait. Même si on commence à en avoir marre de Sarko et ses mises en scène, “Cécilia, la face cachée” est un bon bouquin. Car derrière il y a une enquête solide qui permet de mieux comprendre ce fameux “bling bling” parisien. Un univers impitoyable où seuls comptent le fric, le pouvoir et la notoriété. Les trois fondamentaux de la culture Sarko.
En revanche, j’ai parcouru en vitesse “Madame, Monsieur Bonsoir” Un bouquin qui raconte les coulisses de TF1 en tabassant ce pauvre Poivre d’Arvor qui certes n’est pas un saint mais qui à mon avis, s’en tire plutôt bien dans ce système ripou. En plus ce bouquin est mal écrit et creux. Pas une réflexion sérieuse. Un tissu de ragots sans grand intérêt d’ailleurs. Bref, ça pue le règlement de compte. Plus grave, c’est signé par quatre journalistes anonymes. Comment un éditeur sérieux a pu publier un truc pareil ?
Découvert un restaurant lyonnais assez étonnant, quai jean Moulin, derrière l’Opéra. En fait, depuis des années, je passe devant cet établissement un peu mystérieux avec ses tentures et ses lumières tamisées. Et je disais que c’était un truc pas très net. Il vient justement de changer de nom et de patron. Mais pas de look. Je me suis dit que c’était l’occasion d’aller faire un tour.
Ce qui frappe, au Delamare, c’est effectivement la déco ringarde. Les rideaux orange-rose, les murs crépis blanc et des tableaux style brocante. Tout est à changer. En revanche, la cuisine est surprenante. Risotto aux herbes, ravioles de Homard, Cabillaud aux petits légumes...
Beaucoup de finesse et de saveurs. Le chef, Bruno Delamare, qui est normand d’origine, a été le second de l’Arc en Ciel avant de faire un tour du monde : Pays du Golf, Etats Unis... Et il est marié à une philippine. Un joli parcours qui donne à sa cuisine, un coté épicé, métissé. Mais aussi de la profondeur. Tout ça mérite largement une étoile et de bonnes perspectives. A condition de faire un petit effort sur la déco. Et sur les prix.
Allez à jeudi prochain. Et surtout n’oubliez pas de réagir en envoyant vos mails. Et j’en profite pour saluer l’humour de Julie qui à propos du trader de la Société Générale formé à l’université Lyon II, nous a envoyé cette courte sentence “cette affaire démontre au moins que l’université ne forme pas que des chômeurs” !









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