On ne pouvait pas imaginer pire pour le Modem Lyonnais. Et pourtant l’évidence s’est imposée ce week-end : les centristes ont éclaté en trois clans à Lyon : droite, centre et gauche. Ridicule à 5 semaines des élections municipales. Alors que le Modem avait une vraie carte à jouer après son score de 22% à Lyon à la présidentielle. Et alors que les sondages donnaient pas loin de 15% à une liste autonome menée par une personnalité comme Azouz Begag.
On ne va pas en rajouter sur Mercier, mais c’est lui le principal responsable de cette débâcle qu’il avait programmée froidement. Tout simplement parce qu’une liste Modem, ça le gênait pour se faire réélire président du conseil général avec le soutien de l’UMP. Du coup, il a joué le pourrissement. Malin, très malin. Mais pas sûr que Mercier ne finisse pas par se faire prendre à son propre piège.
Mais il faut être juste, Mercier n’est pas le seul responsable. Tous ces jeunes élus, ces nouveaux militants, tous ces néo-centristes qui avaient tellement envie de faire de la politique autrement. Pourquoi, eux aussi, ils ont plongé dans ces combinaisons ?
Et le plus surprenant dans toute cette affaire, c’est quand même François Bayrou, le leader du Modem. On nous promet qu’il va prendre la parole dans les jours qui viennent. Mais pourquoi ne pas être intervenu plus tôt, plus clairement, plus fermement ?
On l’a dit et répété : Lyon a toujours été un laboratoire du centrisme. Et bien le laboratoire, il est dans un sale état, aujourd’hui. Explosé, carbonisé... Reste à savoir si Bayrou va réussir à relancer la dynamique centriste. En imposant une liste autonome.
Quand on dit que le Modem a éclaté en trois clans, il semble qu’un quatrième clan est train de s’imposer, celui des opportunistes. Prêts à tout pour décrocher un strapontin dans le futur conseil municipal. Ni droite, ni gauche. Ni centre. Et il paraît qu’ils sont de plus en plus nombreux. Consternant. Car cette cuisine politique, c’est au fond le pire du centrisme. Le centrisme notable, le centrisme des embrouilleurs et des malins qui jouent la prudence. La prudence non pas comme une valeur de tolérance et d’ouverture mais comme une assurance vie. C’est comme ça que Mercier a tué le centre à Lyon.
Un dernier mot sur Mercier. Il paraît qu’il a démissionné du Modem. Enfin, comme d’habitude c’est pas très clair. “Je m’éloigne” dit-il, en précisant qu’il ne sera plus le chef du Modem à Lyon. Et vous savez pourquoi ? Parce que Bayrou s’est permis d’intervenir à Lyon pour essayer de mettre un peu d’ordre chez les centristes ! Drôle, vu la pagaille au centre. En fait ce qui agace Mercier, c’est que son “ami” Bayrou ait osé lui tenir tête en encourageant une liste autonome à Lyon. Qu’il ait osé intervenir dans son territoire où il mijote tranquillement sa petite cuisine politique depuis des siècles. Avec le succès qu'on connaît : les centristes ont perdu le conseil régional, la mairie de Lyon... Et ils sont aujourd’hui ultra-minoritaire au conseil général. Et la recette de ce miracle, on la connaît. Un exercice solitaire du pouvoir, tout en ruse mais sans débat et sans perspective. Une vieille recette.
Cette explosion du Modem va faire remonter Perben ? A priori, ce n’est pas évident car le dernier sondage réalisé par le Figaro la semaine dernière, avait justement prévu que Mercier arriverait à faire exploser cette liste Modem. Résultat : Perben n’est pas beaucoup plus avancé. Puisqu’avec une liste Modem, il fait 32% au premier tour des municipales contre 55% pour Collomb. Sans le Modem, il fait 36% contre 59% pour Collomb. Ce qui veut dire que la droite récupère la moitié des voix centristes et la gauche l’autre moitié. Mais au final Perben finit le deuxième tour à 40% contre 60% pour Collomb. Du coup cette explosion du Modem programmé par l’UMP ne changera rien. Si ce n’est de déconsidérer les politiques.
Alain Bideau, un ancien adjoint de Raymond Barre lâche Dominique Perben. Il dénonce la droitisation de UMP lyonnaise qui a truffé ses listes de millonistes, il explique que Perben est incapable d’écouter les gens... Tout ce que raconte Bideau est évident. Mais quand même, à quelques semaines du premier tour des municipales, alors que les sondages sont mauvais pour Perben, c’est moche de déserter comme ça. Car ce n’est pas nouveau que Perben a joué la carte du droitisme. Et ce n’est pas non plus très nouveau que Perben est rigide. Bref, plus les sondages sont mauvais pour Perben, plus certaines évidences s’imposent. Mais ce genre de trahison, ça donnerait presque envie de soutenir ce pauvre Perben !
Allez à jeudi prochain. Et surtout n’hésitez pas à envoyez vos mails pour réagir.









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