Pour sa troisième tentative pour décrocher un titre mondial le 8 décembre au Cannet, Brahim Asloum a choisi de changer de catégorie et de perdre 11 kilos en sept mois. Un vrai pari.
Pourquoi changer de catégorie ?
Brahim Asloum : Ça fait des années que je suis un poids mouche, la catégorie des moins de 51 kilos dans laquelle j’ai perdu mes deux premiers championnats du monde. Mais mon manager Louis Acariès a reçu une proposition pour affronter le champion du monde WBA des poids mi-mouches, l’Argentin Juan Carlos Reveco. Alors qu’en poids mouche, je n’avais aucune opportunité de disputer un titre mondial avant 2008. Du coup, après réflexion, j’ai décidé de changer de catégorie.
Mais c’est un vrai risque !
Oui, car je dois descendre en dessous des 49 kilos, un poids que je n’ai plus atteint depuis les JO de Sydney en 2000 quand je suis devenu champion olympique. Dans quel état physique je serai à 49 kilos ? C’est une inconnue. Et puis Reveco est un super boxeur. Il a 24 ans, il est invaincu en 17 combats et il est destiné à devenir un grand nom de la boxe. Bref, je n’ai pas choisi la facilité. D’ailleurs, peut-être que je suis fou et qu’il me manque carrément une case pour accepter un challenge pareil !
Comment vous allez perdre du poids ?
En faisant un régime sévère. D’autant plus que j’ai naturellement un taux très faible de matières grasses dans le corps : seulement 5,5% alors qu’un sportif de haut niveau affiche en général un taux compris entre 8 et 20%. En tout cas, j’ai déjà perdu des kilos : je pesais 60 kilos en mai puis 57 en juillet et enfin 51 début novembre en Italie à Merano après une semaine dans un centre de remise en forme pour éliminer des toxines. Là-bas, j’ai suivi un régime sévère avec 600 calories maximum par jour plus un travail de drainage du corps : massages, bains de boue ou à remous... Résultat : j’ai perdu 4 kilos en une semaine et mon corps a pu supporter une grande perte de poids sans trop de dommages.
Votre préparation ?
Pendant tout le mois de novembre, je vais m’entraîner dans une salle à Marseille avec trois sparrings partners sud-américains, des super boxeurs bien classés mondialement. Je boxerai au minimum quatre heures par jour pour être prêt le 8 décembre.
Ce combat, c’est votre dernière chance ?
C’est vrai que tout le monde m’attend en France. J’ai été champion de France, champion d’Europe et champion olympique. Le titre de champion du monde, c’est le seul qui me manque. Mais aucun Français n’a jamais réussi à obtenir tous ces titres. En devenant champion du monde, je deviendrais je premier. Un challenge qui m’excite et me motive encore plus. En tout cas, j’ai une envie terrible de gagner, mais je devrai me montrer plus agressif et plus déterminé sur le ring qu’au cours de mes deux défaites précédentes.









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