Pas de grand chelem pour Gérard Collomb à Lyon où les deux arrondissements bourgeois du 2ème et du 6ème restent finalement à droite. Pas vraiment surprenant.
Mais avec 53% des suffrages au premier tour et 7 arrondissements au terme du deuxième tour, c’est-à-dire 54 conseillers municipaux sur 73, le maire de Lyon réalise une belle performance car il fait basculer le t3ème, l’arrondissement le plus peuplé de Lyon, tout en améliorant ses résultats dans tous les arrondissements. Y compris dans le 2ème et le 6ème où il fait deux fois mieux qu’aux municipales de 2001 en étant distancé de quelques points seulement par la droite. De plus le maire de Lyon est assuré d’être réélu facilement à la présidence de la communauté urbaine où il n’aura plus besoin d’une alliance pour s’imposer. Et cette vague rose touche également le département avec la gauche qui devient le premier groupe au conseil général, à deux points de la majorité. Bref, le bilan est assez spectaculaire pour Collomb. D’autant plus que son adversaire UMP, Dominique Perben, est marginalisé. Et que son “ami” Michel Mercier est déstabilisé au conseil général.
La leçon de cette victoire ? Incontestablement, c’est une sanction pour l’UMP lyonnaise qui a opté pour une alliance avec la droite dure et notamment les millonistes qui ont “plombé” les listes Perben. Tout en apparaissant au soir du deuxième tour comme les seuls rescapés avec Denis Broliquier le maire sortant du 2ème qui est réélu assez largement dans le 2ème et Aumaury Nardone numéro 2 dans le 6ème arrondissement avec en perspective Nicole Chevassus, la maire sortante milloniste qui risque d’être réélue. Un sacré paradoxe qui consacre au fond ceux qui ont fait perdre la droite lyonnaise. D’ailleurs Broliquier semble aujourd’hui très sûr de lui, puisque dès dimanche soir, il lançait un appel au maire de Lyon pour se positionner comme le leader de l’opposition, tout en estimant que “tout doit être repensé à droite” ! Alors que Perben a pratiquement disparu. Quelques mots à peine, dimanche soir, pour laisser planer le doute sur sa volonté de rester à Lyon.
Et les centristes ? A priori ce n’est pas brillant. Et c’est évident, le principal responsable de cet échec à Lyon, c’est Michel Mercier parce qu’il n’a pas voulu se positionner clairement. Dimanche soir, il continuait à se défiler en tenant un discours incompréhensible. Au fond, Mercier est un type qui penche franchement à droite mais qui visiblement n’assume pas. Et son habileté n’a pas suffi à gérer cette contradiction. Certes, il va sans doute sauver son fauteuil de président au conseil général mais le Modem a explosé à Lyon avec la plupart des figures de ce nouveau centrisme qui ont rejoint Gérard Collomb.
En revanche, dans l’agglomération lyonnaise, un certain nombre de candidats Modem ont réalisé de jolis scores. Notamment à Villeurbanne, à Saint Genis-Laval, à Sainte-Foy, à Décines... Ce qui consacre l’émergence d’une nouvelle génération.
Mais au fond, la victoire du centre à Lyon, c’est Gérard Collomb qui l’incarne. Car sa victoire est celle de la modération et du pragmatisme. Et la force du maire de Lyon, c’est d’avoir clairement affiché la couleur. Sans renier ses convictions. C’est ce que les Lyonnais ont plébiscité.
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