“Je n’ai pas peur”
Le Lyonnais Clovis Cornillac tient le premier rôle dans “Le nouveau protocole” qui est sorti le 19 mars. Après Astérix, une démarche très différente.
Pourquoi vous avez demandé à un scénariste de vous écrire ce rôle ?
Clovis Cornillac : En fait ce sont les frères Altmayer, des producteurs, qui sont vraiment à la base de ce projet. J’ai travaillé avec eux sur “Brice de Nice” puis sur “Les chevaliers du ciel”. A la fin de ce tournage, ils m’ont dit qu’ils voulaient refaire un film avec moi. Ils m’ont alors demandé si j’avais une idée. Ce qui m’a fait un peu rigoler car j’ai toujours pensé qu’un acteur est quelqu’un à qui on propose des scénarios. Bref, pour moi c’est chacun sa place. Surtout que j’ai remarqué quand je jouais au théâtre que même les bons acteurs sont souvent mauvais quand ils jouent enfin le rôle dont ils ont toujours rêvé. Car ils fantasment sur ce rôle et le résultat n’est pas forcément à la hauteur. Voilà pourquoi je préfére être le fantasme de quelqu’un d’autre !
Comment vous avez choisi ce scénariste ?
J’ai choisi Eric Besnard, parce que c’est un ami dont j’aime beaucoup le travail. En plus les frères Altmayer le connaissaient déjà puisque ils avaient déjà produit son premier long métrage. Et ils ont donc accepté. Moi j’ai simplement dit que je voulais qu’on réalise un film populaire où on ne s’ennuie pas et dont on sort avec l’impression d’avoir appris quelque chose, d’être un peu moins con... Et qu’on puisse ensuite en discuter au bistrot avec des copains. Un film où un type ordinaire se retrouve confronté à un problème de société qui le dépasse. Et c’est Eric Besnard qui a rapidement décidé de raconter cette histoire qui se déroule dans le milieu des labos pharmaceutiques.
Vous n’avez pas peur de tourner trop de film ?
Non, je n’ai pas peur. Je sors en moyenne trois films par an, ça ne me semble pas excessif. Quand on a la chance d’aimer son boulot et d’avoir des propositions, c’est plutôt positif. Alors que ça me semblerait malsain et carriériste de moins tourner pour se faire désirer. Mais c’est vrai qu’on me demande parfois si je ne suis pas trop présent sur les plateaux de télé. Ce qui est étonnant c’est que c’est ceux qui m’invitent qui me font ensuite ce reproche. Ils n’ont qu’a pas me demander de venir et on me verra moins ! Car ce n’est pas mon genre de défoncer des portes pour passer à la télé.
Le public ne risque pas de saturer ?
Je sais que je suis dépendant du public. Si les gens ne veulent plus de moi, on ne me verra plus. Car si le public ne suit pas, on ne me proposera plus de tourner des films. C'est la règle du jeu et il faut l’accepter. Mais il faut aussi l’accepter quand ça marche, quand le public en redemande. Mais je ne suis pas angoissé.
Les mauvaises critiques sur Astérix vous ont-elles blessé ?
C’est vrai qu’il y a eu des articles un peu méchants. Mais ça ne m’a pas surpris mais par contre l’ampleur des critiques m’a étonné. Que ce film ne plaise pas aux critiques, pas de problème. Mais faire une double page, où même tout un dossier pour dire qu’Astérix c’est de la merde, je trouve ça ambigu. Ça ressemble à une petite manip pour vendre du papier en parlant d’Astérix. D’autant plus qu’au fond, je ne pense pas que le film soit à la hauteur de cette méchanceté. C’est même complètement démesuré alors qu’il y a d’autres films qui véhiculent des idées violentes, fascisantes, notamment dans certains films américains. Et qui ne choquent pas grand monde









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