Michel Mercier réélu président du conseil général. Alors qu’il est à la tête d’un groupe de 14 conseillers généraux seulement sur les 54 que compte cette assemblée départementale. Une belle performance !
D’autant plus que dans ce groupuscule, il y a un certain nombre d‘élus qui en ont ras le bol de Mercier qui tient cette “boutique” depuis près de 20 ans. Toujours habile et rusé mais impitoyable contre ceux qui osent contester son autorité. Mais c’est reparti pour trois ans, minimum. Et personne n’a osé s’interposer. Il doit jubiler Mercier le malin en se frottant les mains, petit sourire aux coins des lèvres, regard perçant... Car il a effectivement roulé tout le monde dans la farine. La droite, la gauche et le centre, y compris ses proches.
Mais le Raminagrobis de Thizy en Beaujolais a surtout roulé les électeurs. Et c’est au fond ça, le plus grave. Car pendant cette campagne des cantonales et des municipales, il a refusé d’avouer quelle alliance il allait conclure pour être réélu président du conseil général. Chaque fois qu’un journaliste osait l’interpeller, il se faisait “jeter” brutalement. Alors que c’était le minimum, qu’avant de voter, les électeurs aient le droit savoir pour se déterminer en toute connaissance de cause. Mais Mercier, lui, est resté imperturbable, gardant le silence, manoeuvrant en coulisse, préparant son coup, éliminant les gêneurs... Bref du grand Mercier.
Si encore Mercier hésitait entre une alliance avec la droite et une alliance avec la gauche, on aurait pu comprendre. Mais depuis le début, il sait qu’il va jouer la droite. Sans être gêné par ce tandem UMP-Milloniste alors qu’il se présente comme un grand humaniste,
Et ça ne l’a pas empêché non plus de manipuler aussi la gauche à qui il a eu tout de même le culot de proposer une alliance UMP-UDF-PS ! Toujours en secret. Même chose avec le centre qu’il a fait exploser à Lyon car il ne supportait pas ces jeunes militants qui lui ont résisté. En exigeant plus de débat, de transparence...
Mardi encore, il était à l’Elysée. Essayant de négocier un ministère avec Sarkozy qui aurait renoncé car il avait l’impression d’avoir en face de lui “une anguille”. D’ailleurs, ce jour-là, le président du conseil général s’est payé le luxe de continuer à rassurer son “ami” François Bayrou tout en déjeunant avec les élus Modem qui l’ont trahi.
D’ailleurs, cette façon de s’accrocher à son fauteuil, ça rappelle au fond ce pauvre Charles Millon. C’était exactement il y a 10 ans. A l’époque Millon passait pour un modéré, un centriste du genre Mercier. Et un brave type. Mais pour conserver son fauteuil de président du conseil régional, il n’a pas hésité à vendre son âme au Front National. Bien entendu, Millon n’a jamais été un fasciste. Mais c’est encore pire. Car il s’est comporté comme un opportuniste. Comme ces collabos qui sous l’Occupation, étaient prêts à tout pour préserver leurs petits intérêts, pour conserver leur fauteuil... Bien entendu les époques n’ont rien à voir. Mais fondamentalement c’est la même démarche. Car l’opportunisme n’est pas un simple jeu dont on pourrait s’amuser en vantant l’habileté de tel ou tel élu qui retourne sa veste, qui promet tout et l’inverse... Et qui arrive toujours à rebondir. Non, l’opportunisme c’est le cancer de la démocratie. Car la démocratie exige qu’on tienne un discours clair aux électeurs. C’est ce qu’on peut reprocher à Mercier d’autant plus que la politique est déjà largement discréditée. La preuve aux cantonales, l’asbention a été massive. Plus de 40% dans le département.









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