Lyon Mag en danger, suite. J’ai beaucoup réfléchi, discuté, hésité mais aujourd’hui je suis décidé. Si Christian Latouche, le patron du groupe Fiducial, réussit à rafler Lyon Mag, je démissionnerai dans l’heure qui suit. Je m’y engage aujourd’hui solennellement. Et ce sera irréversible. Quand on se bat, il faut fixer clairement l’enjeu. Et envisager avec sérénité le pire.
Pourquoi cette décision sans appel ? Tout simplement pour mettre chacun en face de ses responsabilités, y compris moi-même. Et Latouche si c’est encore possible de lui faire entendre raison. (Pour ceux qui n’ont pas suivi le feuilleton, lire mon blog du 27 novembre)
Le patron de Fiducial aura pourtant été pendant 5 ans, un actionnaire pacifique qui a aidé Lyon Mag. Et on se demande aujourd’hui quelle mouche l’a piqué. Incompréhensible. La rédaction de Lyon Mag ne voit pas d’autres explications que la piste politique. Jusque-là j’étais un peu sceptique. Mais je suis de plus en plus convaincu que derrière toute cette affaire, il y a une manipulation pour contrôler Lyon Mag à la veille des élections municipales. Une manipulation UMP. J’ai personnellement recueilli plusieurs témoignages qui me le confirment désormais. Bien entendu, ça n’engage pas toute l’UMP mais quelques “barbouzes” qui sont convaincus qu’aujourd’hui ils ont une occasion unique de “tuer” Lyon Mag avec l’aide de Latouche.
Voilà pourquoi, j’ai décidé de dire non et d’annoncer mon départ si cette manipulation atteint son objectif. Mais ce n’est pas une fuite. Au contraire. Car on va se battre jusqu’au bout pour résister à cette tentative de hold-up. Et même si aujourd’hui, Latouche et ses amis affichent une belle assurance en affirmant qu’ils sont sûrs de prendre le contrôle de Lyon Mag, moi, je leur conseillerai de se méfier des petits. On croit toujours que les petits comme Lyon Mag, on peut les écraser facilement surtout quand ils sont pauvres, un peu rebelles donc seuls mais aussi vulnérables comme tous les médias face à la crise profonde qui secoue le presse. D’autant plus que c’est bien dans l’air du temps, ce culte de l’argent qui a tous les droits, y compris de museler des médias pour les mettre au service d’un clan... Mais attention aux petits car ils ont une force, c’est leur conviction. Et qu’ils n’ont rien à perdre.
Mais si je m’engage à démissionner de Lyon Mag, je ne baisserai pas pour autant les bras. D’ailleurs la riposte est prête. Dès l’instant où Latouche aura pris le contrôle de Lyon Mag, je fonderai un autre magazine. Tout est prêt. Et je sais que le cœur de l’équipe suivra. On a même déjà trouvé un nom assez drôle pour ce nouveau Lyon Mag. Et un petit local. Mais aussi quelques soutiens inattendus prêts à financer cette nouvelle aventure. Et Christian Latouche, lui, se retrouvera à la tête d’un Lyon Mag déserté.
Mais bien entendu, on n’en est pas encore là. Car la bataille est loin d’être gagnée pour le patron de Fiducial. En plus, on a laissé une porte ouverte car on est toujours prêt pour une négociation mais pas pour une capitulation.
D’ailleurs on aura tout essayé pour calmer le patron de Fiducial. Y compris de lui envoyer plusieurs médiateurs. La plupart se sont fait insulter. Et ils sont revenus consternés par ce personnage, ses méthodes, ses délires... Mais nous, on n’a pas la haine. Ça nous permet de voir plus clair dans cette embrouille. Et d’être plus solide, malgré les pressions et les menaces.
Dernière minute. A l’instant où je conclus ce blog, on vient d’apprendre que la justice lyonnaise vient d’infliger une belle claque à Christian Latouche. Les magistrats ont estimé que le patron de Fiducial ne pouvait pas prendre le contrôle de Lyon Mag, comme ça en invoquant simplement un prêt qu’il nous a fait cet été. Même si la bagarre est loin d’être terminée, c’est une première victoire.
J’en profite pour rendre hommage à Jean-Pierre Stouls, notre avocat, qui a fait un travail remarquable, en urgence mais qui s’est engagé à fond dans cette bataille. Et qui a su tenir tête au très influent bâtonnier Philippe Genin, accessoirement ancien porte-parole de Dominique Perben, le candidat UMP aux prochaines municipales. Je dis bien accessoirement. D’ailleurs, à la place de Me Genin, je n’hésiterais pas une seconde, aujourd’hui, je renoncerais à défendre l’indéfendable en laissant tomber Latouche. Ce qui serait la seule façon de “dépolitiser” cette affaire.
Jean-Michel Aulas s’en mêle. Il parait qu’il a passé un “deal” avec Latouche dans sa croisade anti-Lyon Mag. Pourtant, ces deux lascars se détestent. Leur objectif : tuer Lyon Mag, évidemment. Car Aulas ne supporte pas qu’on le critique. Et Latouche ne supporte pour qu’on lui résiste. Une belle paire ! Et ces deux nouveaux associés s’investissent à fond dans leur nouvelle entreprise de démolition : coups de téléphone à nos imprimeurs pour les convaincre de ne pas nous imprimer, à nos actionnaires pour les convaincre de ne pas nous soutenir, aux annonceurs, aux banquiers, aux politiques... Quand on pense que Latouche a le culot d’affirmer que son seul objectif, c’est de sauver Lyon Mag de la “faillite” ! Alors qu’en réalité, il fait tout pour nous couler.
A force de trop en faire, Latouche et son nouveau copain Aulas sont en train de se discréditer. Et de passer pour des dingues.
Allez, j’arrête. Je n’ai parlé que de ça mais l’heure est grave. D’ailleurs, ce matin, on a organisé une assemblée générale de tous les salariés de Lyon Mag où on a aussi parlé que de ça. Pas facile cette incertitude, cette bagarre, ces rumeurs... Mais j’ai trouvé que tout l’équipe tenait bien le choc.
Bon, j’ai fini cette fois. Mais retenez bien la date du lundi 17 décembre à 19 h, où vous êtes tous invités à une grande fête organisée par les amis de Lyon Mag au Koodeta. En attendant, achetez le dernier Lyon Mag où il y a une super interview d’Azouz Begag qui raconte comment Michel Mercier l’a flingué, avec aussi un sondage sur les municipales, un dossier sur les nouveaux avocats qui s’imposent à Lyon... Et surtout continuez à réagir en envoyant vos mails.









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