Une dizaine d’étudiantes lyonnaises viennent de poser nues pour un calendrier afin de financer un projet humanitaire en Afrique. Interview de Virginie Mejean, 21 ans, étudiante en 3e année de médecine.
L’objectif de ce calendrier ?
Virginie Mejean : On veut créer un petit dispensaire ophtalmologique à Dzogbegan, un village de 4 500 habitants perdu dans les plateaux togolais. Il y a quatre ans, quand j’étais en terminale à Trévoux, j’avais déjà travaillé avec l’association Pilou Dzogbegan, pour construire une bibliothèque dans ce village. Du coup, quand je suis arrivée à la fac de médecine de Lyon, j’ai recontacté cette association et ils m’ont dit que ce village avait vraiment besoin d’un dispensaire ophtalmologique. Et avec l’association Actes, qui regroupe des étudiants en médecine, on a décidé de réunir de l’argent pour mener à bien ce projet.
Pourquoi un dispensaire ophtalmologique ?
Parce que les habitants de Dzogbegan qui ont un problème aux yeux doivent faire plus de 200 km pour se soigner. Du coup, il n’y a que les plus riches qui peuvent se faire soigner. Mais les autres deviennent souvent aveugles alors qu’au départ leur maladie est bénigne.
La somme que vous avez réunie ?
On a d’abord réuni près de 4 000 euros grâce à un calendrier qu’on a publié en début d’année où une vingtaine de garçons de la fac posaient nus. On s’est inspirés du fameux calendrier des rugbymen, “Les dieux du stade” ! Et comme on en avait vendu près de 650 exemplaires, on a décidé de faire un calendrier filles. Et en une semaine, on en a déjà vendu 150 !
Qui a participé à ce calendrier ?
Au départ on était trois filles de l’association Actes. Mais pour trouver d’autres filles, on a mis une annonce sur le site internet de la fac. Du coup, on s’est retrouvées une dizaine d’étudiantes de 2e et 3e année.
Où vous avez fait les photos ?
On a fait l’essentiel des photos chez moi car j’ai un grand appart. Mais on a aussi pris quelques photos au bar le République où on organise souvent des soirées.
Comment se sont passées ces séances photo ?
C’est un photographe professionnel à la retraite qui a pris bénévolement cinq photos, et les autres ont été prises par une étudiante de 2e année qui est passionnée de photo.
C’est facile à assumer de poser nue ?
C’est beaucoup moins simple que pour un garçon. Un mec qui pose nu, on se dit que c’est marrant, qu’il est libéré. Alors qu’une fille qui se met à poil, on pense tout de suite qu’elle est exhibitionniste, allumeuse... Mais franchement, s’il n’y avait pas cet objectif de construire un dispensaire, je ne l’aurais jamais fait.
Les regards ont changé sur vous ?
En fac, on n’a pas eu droit à trop de remarques salaces. Mais il y a quand même pas mal de garçons qui passent à la corpo juste pour mater le calendrier, car en médecine, ils sont quand même bien branchées cul. Mais dans l’ensemble, notre calendrier a été très bien accueilli. Et même mon petit ami, Nicolas, m’a soutenue dans ce projet !
Calendrier “Les déesses de l’amphi” en vente à la fac de médecine, près de la corpo étudiante Gremlyn. Prix : 6 euros









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