Dimanche, Lyon vote à nouveau ou plus exactement le 5ème arrondissement de Lyon, pour désigner son conseiller général. Car Michel Havard, le nouveau patron de l’UMP lyonnaise, est touché par le cumul des mandats.
A priori une élection sans histoire. Et pourtant pas moins de 9 candidats vont s’affronter. Dont trois centristes, ce qui mérite d’être souligné. Car aujourd’hui à Lyon, le centre est au cœur de tous les débats alors qu’il a été politiquement lessivé puisque les centristes ont perdu en quelques années la mairie, la communauté urbaine, le conseil régional... Et ils ont failli subir le même sort au conseil général où Michel Mercier a été réélu de justesse président, avec le soutien l’UMP après de longues négociations.
D’ailleurs, on signalera au passage qu’au conseil général la gauche et la droite n’ont que deux sièges d’écart. Et que si la droite perd ce canton, la gauche ne sera qu’à un siège de la majorité De quoi faire basculer le département, vu qu’un ou deux centristes pourraient bien se laisser convaincre... Bref tout se jouera au centre. Et pourtant au centre, rien n’est clair.
Les trois candidats centristes à cette élection cantonale de dimanche ? Un centre-gauche, un centre-centre et un centre droit. On précisera que les deux premiers sont Modem et que le troisième est UDF. Leur seul point commun : ils sont incapables de s’entendre. Passe encore pour le centriste UDF qui au fond est un candidat de droite. Mais les deux Modem, c’est incompréhensible. Le premier est l’ancien directeur de cabinet d’Anne-Marie Comparini au conseil régional. Et il a obtenu le soutien du maire de Lyon Gérard Collomb qui profite de l’occasion pour rappeler qu’il reste fermement ancré au centre. Face à lui, Anne Pellet, une élue sympathique et courageuse qui s’est battue pour une liste centriste autonome aux dernières municipales. Mais qui refuse ce soutien de Collomb à Rudigoz. Au nom du fameux “ni gauche-ni droite” de François Bayrou. Et pourtant le leader du Modem a décidé de ne pas s’en mêler. Un soutien indirect à Rudigoz ? Ça parait assez évident, d’autant plus que le leader de la liste Modem aux municipales Eric Lafond, désigné par Bayrou, soutient justement Anne Pellet en s’en prenant assez violemment à Collomb.
En tout cas, les centristes lyonnais vont devoir s’expliquer sur ce blocage anti-Collomb, s’ils veulent reconstruire un vrai centre à Lyon et convaincre les 22% des Lyonnais qui ont voté Bayrou aux dernières présidentielles. Déjà au deuxième tour des municipales, leur silence était limite. Incapable de choisir entre un Collomb qui jouait à fond la carte du centre et cette alliance UMP-Milloniste qui jouait la carte de la droite dure.
En fait le Modem lyonnais est aujourd’hui paumé. Après le départ de Michel Mercier qui a tout fait pour casser le renouveau centriste à Lyon. Sans leader, sans organisation... Cette nouvelle génération centriste s’accroche à ce “ni gauche-ni droite” de façon mécanique. Alors que dans d’autres grandes villes, le Modem a passé des accords avec la droite ou avec la gauche, en fonction des programmes et des équipes qu’ils avaient en face d’eux. Or à Lyon, les nouveaux centristes ont un maire certes de gauche mais pragmatique et modéré. Ce qui pourrait leur permettre de faire un bout de chemin avec lui, sans grand risque. D’autant plus que les centristes lyonnais ont besoin de se désintoxiquer de la droite à laquelle ils ont été asservis pendant des décennies. Et c’est d’ailleurs pour ça qu’ils ont été laminés.
D’ailleurs s’allier avec Collomb, ce n’est pas forcement renoncer à exister. Les Verts l’ont bien compris. Et politiquement, ils se sont crédibilisés et renforcés, en passant un deal avec le maire de Lyon, sans perdre pour autant leur âme.









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