“Pas sérieux !” C’est par cette formule assez brutale que le maire de Meyzieu Michel Forissier vient de résumer le projet de Grand Stade défendu par Jean-Michel Aulas, le patron de l’Olympique lyonnais. Il faut dire que cet élu UMP est un des opposants les plus déterminés à ce projet.
Tellement déterminé qu’il a même eu droit à une petite lettre recommandée d’Aulas le menaçant de représailles judiciaires s’il s’obstinait à combattre ce stade. Et en plus l’enquête publique sur ce stade vient de rendre un avis défavorable. Ce qui bloque, en clair, le projet.
Du coup, Forissier triomphe : “On a perdu deux ans” en suggérant qu’il faut désormais qu’Aulas “redescende sur terre”. D’autant plus que cet élu peut désormais compter sur le soutien de la plupart des maires de l’Est lyonnais qui comme lui refusent en bloc ce projet.
Au risque de surprendre les habitués de ce blog où on a souvent critiqué Jean-Michel Aulas, on n’hésitera pas à dire que la position de Michel Forissier est excessive.
Car le grand stade est un projet essentiel pour l’Olympique lyonnais et au-delà pour Lyon et son agglomération. Car il doit permettre d’impulser une vraie dynamique sportive. Mais à force de combattre ce projet d’implantation du Grand Stade à Décines, certains élus ont oublié ce point essentiel. D’ailleurs, sur le fond, les Lyonnais sont quasi unanimes. Il faut construire ce grand stade et vite.
En revanche, le maire de Meyzieu a raison quand il dénonce la méthode utilisée par le patron de l’OL pour imposer son Grand Stade. Car effectivement, Aulas a eu tort de vouloir passer en force. Et son erreur, ça a été au fond de croire que ce projet, c’était du pur business . D’ailleurs, dès le départ, il a expliqué en gros aux élus : j’ai trouvé un terrain, j’ai conçu un projet et je finance... Donnez-moi les autorisations et foutez-moi la paix.
Or ce que n’a pas compris le patron de l’OL, c’est que ce Grand Stade est un projet d’intérêt général. D’abord parce que les infrastructures qui vont être aménagées (routes, parkings, transports en commun...) coûteront aussi cher que le stade lui-même Et qu’elles seront financées par les contribuables. Mais surtout, ce projet est un projet essentiel pour l’agglomération. Car chaque semaine, plus de 50 000 Lyonnais vont utiliser ce stade qui va jouer un rôle clef au-delà même de l’agglomération sur le plan sportif, mais aussi sur le plan culturel, commercial.... Ce sera un des points chauds de la la région lyonnaise.
Bref, il ne suffisait pas d’organiser quelques réunions d’information bien encadrées pour faire avaler la pilule. Non, il fallait dès le départ poser une question ouverte. Pour permettre aux Lyonnais non pas d’approuver un projet déjà ficelé. Mais pour leur donner l’occasion d’en discuter. De faire des suggestions, des propositions et pas seulement sur le lieu d’implantation, mais aussi sur le rôle que va jouer cette infrastructure... Et au final on aurait même pu imaginer un grand référendum populaire pour trancher. Mais aussi pour que les Lyonnais adoptent ce grand stade et qu’ils le considèrent comme le leur et non comme le business d’Aulas.
Utopique ? Pas du tout dans un certain nombre de grandes villes européennes, ça se passe comme ça pour les grands projets. Et c’est normal. Si on veut éviter les blocages, il faut associer les citoyens à ces grands projets. D’ailleurs même dans les entreprises, ont utilise cette méthode simple !
Alors qu’aujourd’hui, c’est bien parti pour que ce projet se transforme en une grande bataille politico-judiciaire. Et qu’on perde des années. Pourtant il y a urgence. Car le stade de Gerland n’est plus adapté aux exigences de l’OL. Reste à savoir, comment on peut sortir de cette impasse.
Voilà pourquoi l faut organiser en urgence à la rentrée, un grand débat à la communauté urbaine de Lyon. Pour que les élus reprennent en main ce projet d’intérêt général, qu’ils imposent une méthode différente.... Et bien entendu c’est à Gérard Collomb de prendre l’initiative.









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