28-08-2008

Ferrari : un haut magistrat s’attaque à Lyon Mag

Avocat général à la cour d’appel de Paris, Philippe Bilger s’en prend violemment, ce jeudi 28 août, à Lyon Mag et notamment à un blog de son directeur Philippe Brunet-Lecomte, en défendant avec vigueur Laurence Ferrari.

Dans son numéro de juillet-août, Lyon Mag avait publié une interview du père de la nouvelle présentatrice du JT de TF1 qui racontait l’enfance de cette nouvelle star, notamment le suicide de sa mère. Tout en dressant un portrait à la fois affectueux mais spontané de sa fille. A la suite de cette interview, la star a attaqué Lyon Mag pour “atteinte à la vie privée” en réclamant 40 000 euros de dommages et intérêts.

Auteur de nombreux ouvrages souvent polémiques, ce haut magistrat a requis dans un certain nombre d’affaires très médiatiques dont les procès de Bob Denard, Emile Louis ou Michel Fourniret, où il s’est distingué par ses réquisitoires souvent musclés.

Ci-dessous, le blog de Philippe Bilger.

Ferrari en piste !

"La lumière éblouit. Elle fascine ou exaspère. On la déteste ou on l'adore. On rêve de se tenir près d'elle et de profiter de ses rayons ou on n'a envie que de la réduire.

Bernard-Henri Lévy, le roi, est nu depuis sa tribune dans le Monde sur la Géorgie où le moins averti des lecteurs ne pouvait que percevoir l'imposture, la falsification. La lumière dans laquelle baigne cet essayiste - et l'ombre qu'il a su créer pour les autres qui ne l'aiment pas - a égaré même ce prestigieux quotidien qui va devoir se résoudre à examiner le fond de ce que lui proposera maintenant son illustre auxiliaire. La vérité ne sera plus cultivée comme en passant, en accessoire inutile et presque importun, mais deviendra le coeur du sujet.

La lumière qui a trop longtemps protégé - c'est le site de 20 minutes qui, après Rue 89, a révélé l'entourloupe dénoncée aussi par le Canard enchaîné - pousse au pire si on désire profaner son apparente pureté. En effet, c'est ce même site qui nous apprend que Laurence Ferrari a décidé d'assigner Lyon Mag pour violation de sa vie privée.

Cette nouvelle, à elle seule, ne constituerait pas une information bouleversante, même si elle concerne la nouvelle et brillante présentatrice du journal de TF1. Ce n'est pas non plus le fait que Laurence Ferrari réclame 40 000 euros de dommages intérêts qui surprend. On aurait préféré un euro mais son avocate a du lui déconseiller cette modestie peu judiciaire !

Ce qui frappe, c'est la nature même du préjudice qui a été gravement causé à Laurence Ferrari. Le père de celle-ci, Gratien Ferrari, dans une interview à Lyon Mag, entre autres considérations, révèle que son épouse - donc la mère de la journaliste - s'est suicidée. Laurence Ferrari ne s'était jamais exprimée sur ce douloureux sujet et évidemment avait toujours caché cette détresse intime.

Sans contester la véracité de cette impudique annonce faite par son père, elle décide d'assigner la publication qui a recueilli l'infamie. Car tout de même, on peut être un partisan farouche de la liberté d'expression et estimer pourtant qu'il y a des secrets ne relevant ni de la carrière ni d'une trajectoire personnelle qui l'expliquerait, et qui ne devraient jamais être divulgués. Ils ont en effet un lien si fort, si mystérieux, si impalpable avec l'être qui les abrite comme un trésor ou comme une souffrance qu'ils n'appartiennent qu'à lui et sont étrangers par essence à la grossièreté médiatique. J'ai éprouvé la même sensation d'intolérable intrusion quand un anonyme a photographié Ségolène Royal en prière en Italie - et Paris Match a accepté cette peu ragoûtante contribution !

Mais le comble réside à mon sens dans l'argumentation développée en réplique par le directeur de Lyon Mag, Philippe Brunet-Leconte, qui a justifié l'inadmissible en affirmant que "les interviews que Laurence Ferrari a accordées aux médias pour faire la promotion de son JT donnent une image d'elle-même très "clean", très lisse, très convenue au fond". Autrement dit, il était nécessaire de "casser" cette apparence, qui ne plaisait pas à Lyon Mag, en y instillant du traumatisme, de la réminiscence mélancolique, en répudiant le silence de la principale intéressée, en tenant pour rien son obstinée, délicate et compréhensible discrétion ! Cette grâce, paraît-il "trop lisse", il convenait de la blesser, ce côté "trop clean", il méritait d'être sali, cette personnalité "très convenue", il convenait de lui montrer ce qu'était la vraie vie : celle où les secrets enfouis au fond de soi DOIVENT être exposés à tous vents et à toutes curiosités.

Ce que peut-être elle avait réussi à assumer, à surmonter en pactisant avec le silence va être, au moins un temps, mis en miettes, en pièces. Ce n'est pas rien.

Après tout, pour une telle dévastation, si aigrement justifiée, 40 000 euros, c'est bien peu. Quel est le prix d'une paix déchirée, d'une tragédie remise à l'ordre du jour, en pleine lumière, d'un malheur ressuscité ?"

 

Commentaire

Luc

Moi-aussi je vous aime bien et j'aime bien votre Lyon Mag.

aliocha

Ah Cher Eolas ! Si Lyon Mag avait procédé par voie de courte citation, on aurait pu l'accuser de tronquer les propos de Monsieur Bilger. Il les reproduit en intégralité, permettant à ses lecteurs de se faire leur propre opinion, et voici qu'on taxe le journal de contrefaçon. Cela me rappelle l'affaire du Canard enchaîné, on donne nos sources, on est coupables de recel, on ne les donne pas, nous voici attaqués pour diffamation. Avouez que notre métier n'est pas simple et que quoiqu'on fasse, il y a toujours des esprits chagrins pour nous critiquer. Nous y sommes en effet tristement habitués, est-ce une raison pour qu'on nous transforme sans état d'âme et sans réserve en bouc-émissaires ? Le plus terrible, c'est que les lecteurs en faisant cela ne font pas que nous nuire, ils se nuisent aussi à eux-mêmes en plaidant sans le savoir pour l'info marketing, officielle, insipide et trompeuse. La question est : quand vont-ils enfin s'en apercevoir ?

Procurator

Me Eolas, l'avocat de l'avocat général -et grand blogueur devant l'Eternel, qu'on pense avoir reconnu (cf. son site)-, n'a sans doute pas de la violence verbale la même conception que le commun des mortels : " infamie", "inadmissible", "40 000 €, c'est peu" etc., peuvent quand même difficiilement passer pour de délicates gracieusetés... Même dans la bouche du plus exquis accusateur public ennemi de toute outrance (on respire : qu'est-ce que cela eût été, sinon !).

Zigomar

Je pense comme Luc. Cette affaire revele une facette du caractere et/ou de la vie privee de Mme Ferrari. Est elle fachee avec son pere puisqu'elle ne regle pas ce probleme directement avec lui ? A t elle peur de son pere ? A t elle une addiction a l'argent puisqu'elle reclame 40 000 euros ? Toutes ces reflexions pour montrer qu'a mon avis elle ternis plus son image qu'autre chose. Cette affaire me donne l'image d'une personne qui fuis sa famille (chacun fait ce qu'il veut, mais c'est quelquechose que l'opionion n'apprecie pas), une personne prete a tout pour quelques milliers d'euros (l'opinion n'aime pas non plus). Voila, Mme Ferrari, je ne regarderai plus jamais votre JT (meme s'il est bon comme vous dites), ni aucune de vos emissions. Derniere chose, pourriez vous enfin nous expliquer ce qu'est un "bon" journal ? Merci

Zigomar

Et la grande question est de savoir si Mr Bilger fait un "bon" blog ? LOL, puisque sa cliente souahite faire un "bon" journal. Ensuite, on peut se poser la question du pere de Mme Ferrari. Est il un "bon" pere ? Et Mme Ferrari, est elle une "bonne" fille ? Ca histoire est a mourrir de rire, sauf pour Lyon Mag malheureusement. "Bon", pour nous, ce weekend il y a le derby. C'est quand sacrement plus important que les elucubrations de ce parisianisme mediatico-rigolo-pitoyable qui fait rigoler la France. Je regardai deja pas souvent le JT de TF1 (l'affaire Castro/PPDA m'avait deja refroidis), mais la, je saute encore mon tours. C'est qui le prochain presentateur du 20h00 de TF1 ? Bon, en fait, je m'en fous, seul le pluralisme permet d'informer. LyonMag, continez comme ca, vous faite partis de mon univers mediatique, et je vous aime bien.

Luc

Quel Bla Bla !! Quelle blague !! Dévastation !! Maintenant beaucoup de gens dans les blogs (puisque parait-il ce texte est tiré du blog de Philippe Bilger) se permettent de baratiner n'importe quoi !! Ils ne se rendent même pas compte que c'est le minimum de sincérité qui justifie les excès dans les Blogs. Laurence Ferrari est une grande fille qui sait parfaitement utiliser ses atouts pour tirer grands avantage de présenter le journal de Mr Bouygues, ami personnel de M. Sarkosy. Ainsi, toute étude objective le montre, ce journal est totalement partisan. D'autre part ce même monsieur Bouygues et M. Sarkosy s'accordent pour affaiblir et asservir les chaines publiques. Tout le monde le sait. Alors ces petites histoires c'est de la roupie de sansonnet à côté du tort qu'elle contribue à faire pour assouvir ses ambitions. "Mr Philippe Billger" encore un nom à oublier d'urgence !!

Battling' Friend

Normalement les affaires de famille se règlent en famille. Vouloir se protéger d'une "révélation" d'un proche par une démarche juridique relève du non sens.Même quand très occupé il est préférable de décrocher son téléphone et de se faire entendre soi même.

Vistaa69

donc en gros, le pere de laurence Ferrari est un incapable débile mental, inapte a s'exprimer ??? a plus de 60 ans, il dit ce qu'il veut sans l'accord de sa fille non ? il n'a pas le droit de parler du suicide de son épouse? n'importe quoi Bilger !!! Je ne vois pas pourquoi Laurence ferrari aurait + le droit de cacher le suicide de sa mere, que son pere de parler du suicide de son épouse !!! C'etait de plus, une tres belle interview !

Procurator

Ce magistrat à l' histrionisme jamais rassasié, qui bafoue, à longueur de blog ou de cabotinage dans les médias, son obligation de réserve statutaire -sans même la moindre justification militante, par simple frénésie de paraître, prend ici position publiquement sur une affaire qui n'est pas encore jugée et tente d'influencer ses collègues qui vont la juger : c'est un dévoiement choquant. Sur le fond, si Mme FERRARI a des comptes à régler avec son passé familial, c'est à son père qu'elle devrait adresser ses récriminations (et, en bon sens, pas par voie de justice : ce genre de comptes se règle dans l'intimité familiale) et pas à un journal qui n'a fait que son travail en reproduisant les propos qui lui ont été tenus ! A moins qu'il ne s'agisse que de se faire un peu d'argent de poche... Quand on est un personnage public, il faut quand même savoir en accepter la contrepartie : la curiosité publique. En l'occurrence, cette révélation touche d'abord la "vie privée"... de la personne disparue, et, au premier chef, celle de son époux : sa fille n'a pas à s'en arroger ainsi le monopole !

de crest

Ce dont personne ne doit surtout parler, c'est du "suicide" de la mere...
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