02-07-2009

La Ville de Lyon intoxiquée par ses « propres » emprunts - Acte 2

A Lyon Mag aussi on sait jouer avec le feu (des pressions politiques). En réaction à l’article publié mercredi sur les emprunts à risques (voir lien ci-dessous) souscrits par la Ville de Lyon par le biais de la SACVL, la Ville nous a fait part de son vif mécontentement :  « c’est une grave erreur de désigner la Ville de Lyon à la place de la SACVL. C’est votre métier d’utiliser des raccourcis mais là vous faites erreur ! ». Vous disiez « raccourci » ?

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En réponse à cette leçon de journalisme, d’une autre époque, nous nous devons d’étayer le prétendu amalgame. Question du jour à 30 millions d’euros : à qui appartient la Société anonyme ? Une première piste se trouve dans la dénomination de la SACVL : Société anonyme de construction de la Ville de Lyon. Si cela n’est pas clair, voici une autre piste : « le mot du maire » et plus particulièrement le premier paragraphe (voir lien ci-dessous). Un bonus de 2 millions d’euros vous sera offert à qui a découvrira l’auteur de cet article.

La SACVL est une société d’économie mixte dont la Ville de Lyon détient 76% des parts. Elle est donc largement majoritaire, en participations financières comme en politique. En effet, parmi les huit administrateurs (exceptés le président et le directeur général) provenant de la sphère politique lyonnaise, six d’entre eux ont, au pire, une fonction de conseiller municipal, au mieux un poste d’adjoint à la mairie de Lyon. Les deux sièges restant ont été cédés aux élus de l’opposition au nom du principe démocratique. Parmi les autres personnes physiques, les 8000 locataires de la SACVL sont représentés par deux représentants seulement. Une position de force qui permet à la Ville de Lyon de mener, bon an mal an, sa politique de logements (sociaux) intégrée au plan local de l’habitant (PLH) comme l’atteste l’opération de rénovation du quartier de la Duchère.

Autre piste, plus sérieuse celle-ci : dans un document comptable de la Ville de Lyon, daté de 2008 et intitulé « emprunts garantis par la commune ou l’établissement », nous retrouvons bien des emprunts spéculatifs souscrits par la SACVL auprès de CALYON, la filiale du Crédit Agricole. Le produit contracté, l’Eurostar 3 mois, est indexé sur l’Euribor 3 mois, qui correspond à la valeur du marché interbancaire européen. Dans ce document figurent deux emprunts, l’un de 533 571,56 € et l’autre de 1 067 143,12 €. Ils ont été souscrits entre 1994 et 1995. Leurs taux entraient parfaitement dans les marges. Nous ne pouvons pas encore affirmer avec certitude que ces emprunts, en l’apparence saints, aient intoxiqué les finances de la SACVL suite à la crise des subprimes, ou s’il s’agit de ceux contractés en novembre 2007. Une chose est sûre : ils ont été budgétisés dans les comptes de la Ville de Lyon pour des « opérations de logements aidés par l’Etat » comme l’indique l’intitulé dans lequel ils figurent… comprendre logements sociaux. Ces mêmes logements sociaux qui seront revendus pour combler la dette de 30 millions d’euros.

Tribune de Lyon révèle cette semaine un autre bisbille opposant la SACVL et le cabinet Dahan-Lévy (CDL), prestataire de la société pour la commercialisation de terrains et d’immeubles. Cette dernière réclame 27 millions d’euros. Combien d’autres logements sociaux devront être vendus si le cabinet Dahan-Lévy remporte le procès auprès du tribunal de commerce ?

Abdelwahid Djaballah

www.lyonmag.com/article/10732/logements-sociaux-la-ville-de-lyon-intoxiquee-par-ses-propres-emprunts

www.sacvl.fr/motdumaire.php

 

 

 

Commentaire

Un grand bravo

Pour votre travail d'enquete, mais aussi pedagogique (explication llaire des prets toxiques). En effet, il sagit d'une enquete, car essayez de rechercher ne serait-ce qu'un pseudo bilan 2008 de la SACVL sur le net, y'en a pas. Le scandale a venir est tout simplement enorme, et il est nécessaire pour les habitants de connaitre la vérité sur les tenants et abouttissants afin d'une part de trouver les responsables (ils existent, et doivent au moins faire le mea culpa de leurs betises, voir etre justiciables si des irrégularités sont avérées).
La vente des 500 apparts va peser sur le marché lyonnais, ce qui devrait montrer un peu plus dans quelle bulle immobiliere nous sommes...

Posté par Stivostine69 (02-07-2009 à 19h30)

 

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