Ecoutez Jazz Radio, Jazz et Soul

    

Jérémie Bréaud - DR

Emmanuel Macron, on refait le match !

Jérémie Bréaud - DR

Les trois coups de sifflet ont retenti, le score au tableau d’affichage est sans appel. Emmanuel Macron vient de gagner le match des Présidentielles que la Droite ne pouvait pas perdre.

Le score est sévère : 3-0 ! La Droite est fautive sur les trois buts. Le premier fait suite à une série de blessures tant judiciaires qu’idéologiques de certains de ses cadres, le deuxième vient d’une défense incapable de contrer les attaques placées des extrêmes venus surfer sur le désarroi des Français et le troisième est pour le staff qui n’a pas su renouveler son message et son équipe.

Le scénario est cruel mais la défaite est sans appel, figée pour l’éternité. On peut toujours appeler Coach Courbis ou Christophe Dugarry sur RMC pour refaire le match, cela n’enlèvera pas ce sentiment désagréable d’une partie qui aura aussi basculé sur des erreurs d’arbitrage.

La presse et le grand public sont de toute façon encore tellement enivrés par ce sacre qu’il ne sert à rien d’émettre la moindre critique sur Macron. Il y a une séquence pour tout et pourtant il y aurait déjà des choses à dire...


Macron, c’est un renard des surfaces, bien positionné à gauche mais qui sait le moment opportun se recentrer et même récupérer des ballons côté droit. Macron, c’est aussi l’art d’endormir l’adversaire aves des passements de jambes aussi subtiles qu’inutiles mais qui plaisent terriblement au public et aux diffuseurs de ce spectacle où prime la forme sur le fond.

Quant à son équipe, attendons la reprise après les Législatives. Il se murmure que certains coéquipiers, englués dans des affaires de dopage, devraient prendre la porte. Et oui, l’éthique ne se décrète pas…

Les Français ayant sifflé la fin de la partie, il est temps pour la Droite de préparer le prochain mercato et revoir surtout le schéma tactique pour la saison prochaine. Comme en sport, l’engagement politique nous oblige à savoir reconnaître ses erreurs et accepter sa défaite.


Préparer le prochain mercato, c’est se poser la question des hommes. Comme on ne retient pas un joueur qui a l’esprit ailleurs, il ne sert à rien de retenir un élu qui serait tenté, par conviction peut-être, par opportunisme sûrement, de rejoindre le club du nouveau Président.

Comme au milieu des années 90 avec l’arrêt Bosman, nous assistons à une dérégulation du marché des transferts. Certains changements de maillots étonnent, d’autres se comprennent.

Ne jugeons pas un Bruno Le Maire qui a toujours revendiqué le renouveau bien qu’il fut incapable de l’incarner dans son ancien club.
Pour Edouard Philippe, qui aura brillé par ses absences à l’Assemblée son ancien terrain de jeu, et incapable de se situer durablement sur le terrain des idées (un peu à droite, un peu au centre, un peu à gauche), son agent lui a trouvé un nouveau point de chute qui lui permet maintenant d’avoir du temps de jeu et de la visibilité.
Concernant Gérald Darmanin, il reconnaît lui-même n’avoir pas pu résister à un strapontin ministériel un peu à la manière d’un jeune prometteur qui cède aux sirènes d’un club chinois ou émirati au détriment du challenge sportif.

Laissons les partir, nul n’est irremplaçable, le collectif doit être plus fort que les individualités.

Ceci étant, il faut que la Droite se renforce en faisant tout d’abord émerger les jeunes du centre de formation. Ces jeunes élus ont glané leur place en équipe première après avoir gagné des duels, aux municipales pour les uns, aux régionales pour les autres. Il faut également inciter certains titulaires à devenir des véritables tauliers sur le terrain en prenant encore plus de responsabilités.

Mais le plus important, c’est de repenser l’organisation tactique. Revenons aux fondamentaux. Retrouvons les valeurs de la Droite, n’ayons pas peur d’affirmer notre identité. Depuis tant d’années, notre jeu est devenu stéréotypé, sans âme, sans fil directeur.

Notre projet de jeu doit s’adresser à tous. Faisons revenir au stade les classes populaires ignorées ces dernières saisons. Musclons notre jeu en prônant une défense des valeurs, de la famille et de notre civilisation en arrêtant d’avoir peur de se prendre un contre. Arrêtons d’abandonner le ballon à l’adversaire sur certaines phases de jeu.

S’il faut d’abord rassurer en défense, il faut aussi créer, provoquer, travailler des enchaînements novateurs pour faire la différence en attaque. La société évolue, à nous aussi de faire évoluer notre jeu.

Mais, ce que nous devons éviter, c’est de vouloir copier l’adversaire. Croire par exemple qu’imiter la stratégie d’Emmanuel Macron au niveau national ou celle de Gérard Collomb au niveau local suffira pour l’emporter est illusoire. A vouloir renier son histoire, on en oublie le collectif et on finit souvent par marquer contre son camp.


A Lyon par exemple, il serait dangereux d’être tenté de faire du Collomb de Droite. N’oublions pas que la nouvelle star de la Place Beauvau a percé sur le tard après avoir mis des décennies à mettre en place son modèle de gouvernance et que si elle est maintenant plébiscitée par la majorité des Lyonnais, elle l’a d’abord été par un camp, un groupe de supporters. Avant d’être adoubé par les Lyonnais, sois le d’abord par ton virage Nord !

Au final, peu importe le 4-3-3 ou le 4-4-2 mis en place, il faut avant tout que la Droite reprenne du plaisir sur le terrain, restaure ses valeurs et qu’elle fasse honneur à son maillot qui a fait rêver tant de militants et de sympathisants mais aussi tant de Français.

Il y a des défaites que l’on ressasse comme des épouvantes, Séville 82, France-Bulgarie en 1993, mais n’oublions pas que ces soirées mortuaires ont été le point de départ de formidables victoires, l’Euro 84 pour la bande à Platini, la Coupe du monde 98 pour celle de Deschamps.


Il est trop tôt pour savoir si la victoire d’Emmanuel Macron est une chance pour la France, l’Histoire nous le dira, mais elle peut en être une pour la Droite à condition de pouvoir, de vouloir, ouvrir les yeux.

 

Retrouvez tous les billets de Jérémie Bréaud sur son site

 

Jérémie Bréaud est élu Les Républicains du 6e arrondissement en charge du Numérique et à l'International



Tags : bréaud |

Commentaires 8

Déposé le 01/06/2017 à 12h55  
Par oueh ! Citer

SE SERVIR AVANT DE SERVIR tout en faisant la morale aux autres, et dictant la marche à suivre a écrit le 31/05/2017 à 08h53

ET FERRAND il vit et roule pour qui ?
pour lui, en premier, tout comme le colon lyonnais

Qu'il était bon, le temps où les équipes du candidat d'En Marche ! pouvaient taper sur François Fillon, sur les affaires, sur sa moralité... Il semble désormais que les donneurs de leçons ne soient plus en capacité d'en donner. “Fillon s’est présenté comme un saint et s’est positionné en martyr. Cela souille tous les élus de France” avait déclaré un certain... Richard Ferrand, le 3 mars dernier, sur France Inter.

Déposé le 31/05/2017 à 12h54  
Par revue de presse Citer

L'affaire Richard Ferrand fait “tache” dans le début du quinquennat d'Emmanuel Macron, la presse de mercredi ironisant sur le thème de “l'arroseur arrosé”.

Sur la sellette dans une affaire de transaction immobilière impliquant sa compagne, “l'encombrant monsieur Ferrand”, comme le présente Le Parisien, est “un caillou dans les chaussures de Macron”, titre Libération.
Après les révélations initiales du Canard enchaîné, c'est au tour du Monde de livrer une “enquête sur un mélange des genres” cultivé “depuis vingt ans” par le ministre de la Cohésion des territoires, à l'époque où il dirigeait les Mutuelles de Bretagne.

Même si la justice n'a jusqu'à présent pas trouvé matière à enquêter, le problème, d'après Libération, est que le ministre “entache la réputation d'En marche, m
ouvement politique qui brandit la probité en étendard”. “Quand on donne des leçons, il ne faut pas se mettre en position d’en recevoir”, assène Laurent Joffrin dans l'éditorial de Libé. “Sur la belle photo livrée par l’Elysée, il y a désormais une tache. L’histoire de ces dernières années est pleine de taches restées petites. Elle est pleine aussi de taches qui paraissaient insignifiantes avant de gripper une machine, électorale ou quinquennale”, met en garde Cécile Cornudet dans sa chronique politique des Echos.

“Pèse désormais une suspicion sur un exécutif pourtant construit sur la probité”, estime Rémi Godeau de L'Opinion.
Pour Guillaume Tabard du Figaro, “c'est bien Emmanuel Macron lui-même qui risque d'être affaibli par cette première affaire de son quinquennat”.
De fait, écrit Frédéric Vézard dans Le Parisien, Emmanuel Macron “court le risque de gripper d'entrée son projet politique” en maintenant sa confiance à Richard Ferrand.

“Les douze coups de minuit ont sonné pour Emmanuel Macron. En moins d’un mois, le climat délétère de la campagne présidentielle a rattrapé la vie politique française” et “la poudre de perlimpinpin s’avère bel et bien décevante”, tacle Maud Vergnol dans L'Humanité.

“Dans ce grand ciel bleu qui accompagne les premiers pas d’Emmanuel Macron à la tête de l’État, il y a quand même un nuage”, constate Pascal Coquis des Dernières Nouvelles d'Alsace.

Cela ne surprend pas Jean-Louis Hervois qui explique dans La Charente libre que “pour avoir bâti une bonne part de leur triomphe électoral sur l’exigence de probité, Emmanuel Macron et son mouvement risquaient à leur tour un méchant retour de manivelle. Il ne s’est pas fait attendre”.

Ce “ministre en mode arroseur arrosé” est “un os à ronger tellement appétissant”, ironise Florence Chédotal dans La Montagne.
“Au fond, il n’y a pas lieu d’être étonné par ces nouveaux épisodes”, estime Guillaume Goubert de La Croix. “L’exigence d’exemplarité du personnel politique a fortement monté au sein de la société.

Déposé le 31/05/2017 à 11h43  
Par Jeansais Citer

Un footballeur mis en examen n'est plus sélectionnable en équipe de France...
Les politiques devraient faire leur mise en examen ..de conscience !

Déposé le 31/05/2017 à 08h53  
Par SE SERVIR AVANT DE SERVIR tout en faisant la morale aux autres, et dictant la marche à suivre Citer

ET FERRAND il vit et roule pour qui ?
pour lui, en premier, tout comme le colon lyonnais

Déposé le 31/05/2017 à 08h23  
Par Brett Sinclair Citer

Robert muscle ton jeu...

Déposé le 31/05/2017 à 07h10  
Par Kasper Citer

"Musclons notre jeu en prônant une défense des valeurs, de la famille et de notre civilisation en arrêtant d’avoir peur de se prendre un contre." Cette prose ressemble énormément à celle du FN.Pas beau de copier sur l'extrême droite!

Déposé le 30/05/2017 à 20h02  
Par Guignols obs Citer

Hou ben, foot et politique, du grand sport ! Il oublie une chose à Lyon. En 2001 c'est sa (soi-disante) "droite" qui a donné la deuxième ville de France à Gérard Collomb. Les chiffres étaient sans appel : UMP 24 %, Millon pour Lyon 23,5 % et Collomb 32 %. Comme à chaque municipale, les deux listes de droite devaient fusionner pour gagner. Et 47,5 versus 32, gégé devait rester dans son coin. Ce n'est donc pas son génie "PS" qui l'a fait gagner mais la bêtise UMP. Amusant que, 16 ans après, celui qui a flingué la "droite" au premier tour des présidentielles ait eu comme premier fort soutien celui que la même "droite" avait fabriqué à Lyon... Allez Jérémie, halte au sketch du convaincu. Finex.

Déposé le 30/05/2017 à 19h57  
Par Dommage l'argumentaire du XXieme siecle Citer

sympathique billet d'humeur d'un politicien. C'est bien rigolo sur la forme, mais sur le fond, on sent bien qu'aucune remise en cause fondamentale justement n'est envisagée.
Pour le rédacteur, la Droite , avec un D majuscule existe toujours , même si une politicienne aussi pathétique (voir la performance déplorable au débat d'entre 2 tours de MLP) et incroyablement démagogiste a su écraser sa Droite.
Je vais faire comme l'auteur et donné mon avis , de simple électeur par contre , je ne suis pas un professionnel de la politique qui rêve d’être grassement payé sous les ors de la république. La première leçon de ce scrutin historique , le premier ou aucun des partis historiques du siècle dernier n'est présent au deuxième tour, cette leçon est limpide : il faut tuer le père et stopper net le discours des valeurs de la Droite. Essayer de revenir à la Droite d'avant , du siècle dernier, ce que l'auteur appelle les fondamentaux, ça ne marche plus. C'est ça, le tournant de l'histoire.
Et ce n'est pas encore intégré par tout le monde. La logique partisane et encartée n'a plus d'avenir. Tous les caciques de l'ump , udf , rpr ou lr , ne vivent que par le parti. Et ils ont été battu haut la main par un homme qui n'a aucun parti derrière lui, sauf l’embryon qu'il a créé il y a quelques mois seulement. Mais les politiciens qui ont été formatés par les partis à l'ancienne, ne pourront pas s'y résoudre. C'est tout leur paradigme qui s'effondre ; C'est impensable et inacceptable. Et c'est vrai.

Déposer un commentaire

 

En cochant cette case, je souhaite recevoir une notification à chaque nouveau commentaire.

Me connecter | Réserver mon pseudo

Ce compte gratuit et facultatif vous permet notamment de réserver votre pseudonyme pour les commentaires et le forum, afin que personne ne puisse utiliser le pseudo que vous avez déposé.