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Déposé le 11/01/2019 à 12h08
Par "sacrifice sur fond d’une haine qui rassemble et le sacrifice de soi, par amour"

Pour ceux que ça intéresse, ceux qui souhaitent en savoir plus sur le processus du lynchage et du bouc émissaire duquel nous ne sommes pas immuniser, dès que nous ne sommes plus emplis par l'Esprit-Saint, voici un extrait de la thèse de René GIRARD :

"Si le même mot de « sacrifice » peut désigner le sacrifice rituel sur fond d’une haine qui rassemble et le sacrifice de soi, consenti par amour,

si le sacrifice peut être le moyen de perpétuer un ordre humain fondé sur le mensonge et la violence ou le moyen au contraire d’en sortir en le révélant dans sa vérité, on comprend que les similitudes mêmes entre le cycle mimétique qui accouche des dieux violents et celui qui se termine par la résurrection du Christ sont révélatrices de leur formidable différence : dans le cas des faux dieux, il y a un double transfert, celui qui démonise la victime et celui qui la divinise après que son expulsion violente ait réconcilié la communauté en crise. En amont de la divinisation du Christ, il n’y a pas de « démonisation » préalable : Jésus est l’agneau de Dieu, son innocence est reconnue, non seulement par Ponce Pilate et par Caïphe, le grand prêtre, constatant : « Mieux vaut qu’un seul périsse plutôt que la communauté tout entière » mais, après sa mort, par une rupture de l’unanimité. L’extrême puissance de la contagion mimétique a eu raison un temps de la fidélité des disciples mais ils se reprennent et sont les premiers témoins d e la Résurrection.

Les récits de la Passion projettent une lumière nouvelle sur l’emballement mimétique à l’origine de tous les phénomènes de « bouc émissaire ». Ils révèlent la vérité sur la genèse des mythes et sur tout ce qu’ils dissimulent : les mythes sont eux-mêmes les produits de cette dissimulation. En effet, la méconnaissance du mécanisme victimaire qui fabrique des dieux à partir de victimes prises au hasard, conditionne son efficacité. On ne s’étonnera pas que Satan, personnage du Nouveau Testament (Girard, lisant les Evangiles, en fait le nom du processus mimétique dans son ensemble), soit désigné comme « Prince des ténèbres » ou encore, chez Jean « menteur et père du mensonge ». Le mécanisme victimaire ne peut fonctionner qu’en vertu de l’ignorance ou de l’inconscience de ceux qui le font fonctionner.

Cette inconscience, les Evangiles la révèlent non seulement dans l’idée johannique d’une humanité prisonnière des mensonges du diable, mais dans plusieurs définitions explicites de l’inconscience persécutrice, dont la plus saisissante est, chez Luc, cette parole de Jésus sur la croix « Père, pardonne leur, parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font ». "

http://www.rene-girard.fr/57_p_38467/des-choses-cachees-depuis-la-fondation-du-monde.html

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