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Déposé le 03/02/2013 à 11h55
Par réfléchissons un peu juste un peu

François Hollande a finalement décidé de demander l'avis du Comité national d'éthique sur la légitimité d'ouvrir aux couples de même sexe l'accès à la procréation médicalement assistée.

«Je trouve qu'il est normal que le président de la République consulte le Comité national d'éthique sur ce sujet qui nous concerne tous», déclare le docteur Joëlle Belaïsch-Allart, membre du comité d'éthique, chef du service de gynécologie-obstétrique (hôpital de Sèvres). François Hollande, après pas mal de tergiversations, a finalement décidé de demander l'avis de cette instance (composée de philosophes, juristes, biologistes…) sur la légitimité d'ouvrir l'accès aux techniques de procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de même sexe. Sans doute parce que les avis antérieurs du Comité d'éthique ont exprimé une réserve, voire une franche opposition, à la PMA pour couples de même sexe (Le Figaro du 14 janvier)… Selon le Pr Jean-Claude Ameisen, nouveau président du comité, en 2009, lors des États généraux de la bioéthique, un panel de citoyens de Rennes qui planchait sur ces questions s'était notamment prononcé pour l'adoption par les couples de même sexe, mais contre la PMA.

Nombreux sont d'ailleurs les opposants au mariage civil dont la seule motivation pour ce combat est la crainte qu'une telle union ne soit que le prélude à l'autorisation de la PMA. «Cette consultation est nécessaire, affirme le professeur Michel Tournaire (obstétricien à Paris). On va enfin mettre des éléments de réflexion sur ce sujet-là, bien plus délicat que le mariage.» Le professeur Jean-Claude Ameisen confirme la demande du président de la République: «Mais nous avions décidé de nous autosaisir de la question générale des indications sociétales des procréations médicalement assistées, en particulier de son accès aux couples de même sexe, mais aussi de la question de la conservation des ovocytes pour convenance personnelle.»

Convenance personnelle
Que va pouvoir dire le Comité d'éthique? Personne ne peut préjuger de son avis. Mais il saura explorer à fond la complexité des questions soulevées tant par l'insémination artificielle pour couple de femmes que par la gestation pour autrui destinée à faire porter l'enfant d'un couple d'hommes par une femme rémunérée.

Dans ces deux cas, la médecine est convoquée non pas pour traiter l'infertilité, mais pour répondre à une demande de «convenance personnelle». «Dans ces conditions faudra-t-il accepter que les spécialistes acquiescent à toutes les demandes pour convenance personnelle? s'inquiète le professeur Jean-Philippe Wolf (centre de biologie de la reproduction, hôpital Cochin, à Paris). Il y a 30 ans, lorsque l'on a commencé l'insémination artificielle avec sperme de donneur anonyme, tout était bien et beau. Aujourd'hui on est confronté à des demandes de jeunes adultes ainsi nés, partis à la recherche de leurs origines génétiques. Par ailleurs, quand un donneur découvre ultérieurement qu'il est atteint d'une maladie génétique, il prévient le centre qui prévient à son tour la famille pour en informer l'enfant devenu adulte. C'est parfois terrible: il faut lui annoncer à la fois la nécessité de se soumettre à un test et les conditions de sa naissance qu'il ignore parfois.

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