Pour les commerçants, les riverains et les usagers du centre-ville, le sentiment d'exaspération a laissé place à une colère sourde face à la répétition de scènes de guérilla urbaine devenues presque prévisibles.
Mais au-delà du choc matériel et du traumatisme moral subis par les Lyonnais, c'est la réaction des autorités municipales qui suscite la plus vive consternation. Fidèle à une rhétorique désormais bien rodée, le maire Grégory Doucet préfère se défausser de toute responsabilité. Face aux caméras de télévision et devant les micros tendus, l'élu écologiste s'indigne avec emphase, déplore "une tragédie" et multiplie les déclarations larmoyantes. Pourtant, derrière la posture de façade, le discours glisse très rapidement vers l'esquive : l'édile se plaint, s'exonère de toute défaillance locale et s'empresse de projeter l'entière culpabilité de la situation sur le niveau national et sur l'État central.
Cette stratégie de rejet systématique des fautes a trouvé sa concrétisation politique dans un coup d'éclat médiatique : demander, conjointement avec les maires de Paris et de Marseille, un rendez-vous en urgence auprès du Premier ministre pour réclamer des moyens supplémentaires et exiger des comptes à Matignon. Ce paravent institutionnel visant à faire front commun entre grandes métropoles cherche avant tout à masquer un bilan local failli et à fuir le débat sur les choix politiques fondamentaux opérés par la municipalité lyonnaise depuis son installation.
Quelle ironie mâtinée de cynisme ! Cette complaisance et cet aveuglement récurrents ne doivent rien au hasard ni à une simple naïveté de gestionnaire : ils découlent directement du pacte d'alliance scellé entre les écologistes et La France Insoumise (LFI), formation politique qui s'est retrouvée à l'initiative de bon nombre de ces rassemblements et mobilisations à haut risque. En nouant cet accord électoral et idéologique, l'exécutif lyonnais s'est lié les mains avec une gauche radicale qui théorise la contestation violente et infantilise le délit.
Sur le terrain, la réalité sociologique et politique de ces événements met en lumière une contradiction dérangeante pour l'hôtel de ville. L'essentiel, pour ne pas dire la quasi-totalité, des émeutiers, des pilleurs et des éléments moteurs de ces exactions partagent le même socle idéologique que la majorité municipale. Il s'agit, pour une large part, de militants, de sympathisants et d'électeurs issus des mêmes réseaux ou de la même mouvance politique qui a porté Grégory Doucet au pouvoir.
Cette proximité sociologique crée un impensé politique au sommet de la mairie. Comment condamner fermement, sanctionner sans faiblesse et réprimer méthodiquement des individus qui composent, en tout ou partie, son propre bassin électoral et sa réserve militante ? C'est ce conflit d'intérêts idéologique qui paralyse l'action municipale et explique la bienveillance coupable manifestée depuis des années envers les franges les plus virulentes du militantisme local.
Depuis le début de son mandat, l'exécutif lyonnais a multiplié les signaux de faiblesse institutionnelle :
Un refus obstiné et dogmatique d'armer convenablement la police municipale, laissant les agents sous-équipés face à des émeutiers aguerris ;
Un freinage constant du déploiement de la vidéo-verbalisation et de la vidéoprotection, au nom de préventions idéologiques sur les libertés individuelles ;
Une tolérance répétée vis-à-vis des occupations illégales et des rassemblements non déclarés lorsqu'ils émanent de collectifs "amis" ;
Un discours récurrent qui relativise les infractions sous prétexte de "colère sociale" ou de "revendications politiques".
En désarmant ainsi politiquement et techniquement l’autorité au niveau local, la municipalité a envoyé un signal dévastateur. Elle a laissé s'installer au cœur de la cité un sentiment d'impunité totale, où les casseroles idéologiques priment sur le maintien de l'ordre public le plus élémentaire. Les casseurs savent pertinemment qu'ils évoluent dans un environnement politique municipal qui cherchera toujours des excuses sociologiques à leurs actes plutôt que d'assumer une fermeté pénale et policière.
Les événements tragiques de ce week-end ne constituent donc en rien une fatalité nationale imprévisible ou un phénomène importé, mais bien le résultat direct d’une gouvernance municipale qui a sciemment préféré la doctrine militante et les alliances électorales au pragmatisme sécuritaire le plus basique. La sécurité des biens et des personnes n'est ni de droite ni de gauche : elle est le premier des droits républicains et le socle du contrat social.
Aujourd'hui, les Lyonnais ne se contenteront plus de larmes de crocodile versées devant les caméras, ni de tirades renvoyant systématiquement la balle vers l'État ou le gouvernement. La gestion d'une grande métropole exige de l'action, du courage et un sens des responsabilités qui dépasse les sympathies partisanes. Il ne suffit plus de pointer du doigt Matignon : l'heure est venue pour Grégory Doucet d'assumer enfin les conséquences de ses choix politiques et de sa gouvernance.
En effet. Les responsables de ce chaos : préfet + ministre de l’intérieur + 10 ans de Macronisme.
Signaler RépondreJe suis loin d’apprécier Doucet, mais il a le mérite de faire face et de manger des insultes gratuites des représentants de notre gérontocratie malade.
Les vrais responsables sont planqués et silencieux.
vous n'avez pas dû voir beaucoup de reportages sur les polices municipales où les fonctionnaires refusent clairement d'être des "policiers nationaux BIS" et que c'est bien pour ça qu'ils s'engagent dans la municipale et non dans la nationale.
Signaler RépondreIls veulent une police plutôt tranquille (stationnement gênant, contrôle des commerçants sur les marchés) tout en étant mieux payés que la police nationale.
Mais qui pourrait leur en vouloir ? Qui aurait envie de subir ce que nos FDO subissent ?
Voilà un édito qui n'est pas très sérieux de la part de votre magazine.
Signaler RépondreS'agirait déjà très transparent pour les lecteurs, cette "contribution" est celle d'un lecteur ? D'un journaliste tellement sûr de lui qu'il ne signe pas ?
Remettre la faute sur Doucet n'est pas digne d'un média après les affreux événements d'hier. Donc la métropole n'y est pour rien, la préfecture non plus, le ministère de l'Intérieur non plus.
Quelle honte de remettre la responsabilité sur les policiers municipaux "pas assez armés". La PM à Lyon représente 300 agents, les effectifs de police (largement armés eux) sont 5000... On a vu l'efficacité d'une police armé, qui dépend du préfét et du ministre hier. Mais selon vous, avoir donner une arme létale à 300 policiers municipaux aurait changé la donne ? Peut être vous préférez un bain de sang que les affreuses dégradations d'hier ?
Cette période érite un débat sérieux et digne pour les lecteurs.
ça fait des années que EELV, LFI savonnent la planche de l'autorité et de la sécurité, en refusant les caméras et l'armement de la PM, en tapant sur la Police, en étant complaisants avec toutes les mouvances d'extrême-gauche, en étant bienveillants à l'égard des racailles.
Signaler RépondreEt après, ils viennent dire: "on ne comprend pas pourquoi l'état n'arrive pas à maintenir l'ordre", c'est d'un cynisme sans borne.
Préfet selon lequel le degré de violence est "inédit".. tandis que pour cet édito la violence est "banalisée"..
Signaler RépondreBen Ali a terminé ses jours tranquille en Arabie saoudite après le 'printemps' arabe de 2011.
Signaler RépondreOù est-ce qu'on peut envoyer Doucet et Macron pour leurs vacances permanentes loin de la France un pays qu'ils ne méritent pas ?
Bravo LM, rien a ajouter, tout est dit...
Signaler RépondreReste au gouvernement a agir pour les poursuites judiciaires, et nous pourrons croire au discours de fermeté nécessaire...
Qu’est devenu notre belle ville de Lyon ? Comment l’idéologie des uns peut-elle à ce point empiéter sur le bien être de la majorité ? Comment peut-on déformer à ce point et ce complaire dans ses actions et son bilan ? Dénis et idéologie font des dégâts, ce genre de personnage ne démissionne jamais. Notre démocratie n’en est plus une mais la solution n’est pas la rage et la haine des extrêmes. Si les élus portaient leurs responsabilités et répondaient de leurs actes alors nous pourrions commencer à réparer ce qui a été cassé.
Signaler RépondreMerci pour ce commentaire, je suis totalement d'accord avec vous, le maintien de l'ordre est géré par la Police Nationale et les préfets, la Police Municipale par le maire et elle a aucun équipement et même pouvoir pour répondre à ce genre d'événements, ce genre de débordement à eu lieu parce que le préfet n'a pas su le gérer !
Signaler RépondreIl était entouré de 6 flics quand je lui ai dit le fond de ma pensée, par contre hier soir seuls 18 CRS pour tenir la rue Victor Hugo, avec ordre de ne pas bouger alors que ca pillait à coté.
Signaler RépondreMoyenne d'âge des CRS présent : 55 ans ( c'est eux qui me l'ont dit ) on racle les fonds de tiroir.
La prochaine fois ils monteront chez les gens.
le maire a toujours soutenu les violents de l’extrême gauche et voilà le résultat Lyon à sac rappelez vous son soutien sans faille à la « nouvelle garde » la milice violente que ses équipes considéraient officiellement comme « les partenaires privilégiés de la mairie pour lutter contre la droite » ce week c’est avec eux ( qui font les rangs des blacks blocs) le maire a assassiné Lyon, les bâtiments, les commerçants et la vie lyonnaise pas surprenant pour un parisien venu s’en mettre plein les poches à Lyon.
Signaler RépondreJe le déteste mais ça suffit d'ignorer la responsabilité étouffante du préfet. C'est le préfet qui gère les crs le raid la police nationale etc. La police municipale de doucet n'aurait pas pu aider énormément ils sont pas formés pour les manifestations mais pour s'occuper des stationnements gênants
Signaler RépondreLe préfet hier avait des dizaines de camions de crs et gendarmes pour le protéger LUI ainsi que les véhicules spéciaux tandis que la presqu'île bénéficiait de 20 crs et aucun camion à eau ni rien
Magnifique spectacle multicolore ce week-end dans notre capitale des Lumières ! Une palette de toute beauté : des catins en noir qui pillaient la Presqu'île pour fêter l'incendie de l'office du tourisme, des gilets jaunes venus squatter les gravats, des commissaires du peuple de LFI en rouge écarlate hurlant la révolution, nos pauvres forces de l'ordre en bleu désarmées par la mairie et coincées sous les mortiers, le tout sous une déferlante de drapeaux étrangers en vert, blanc, noir et rouge. Le seul bleu, blanc, rouge aperçu ? Les gyrophares des pompiers venus éteindre le pavillon de Bellecour.
Signaler RépondreEt au milieu de ce cirque, notre grand maire vert Doucet, égal à lui-même : pitoyable ! Après avoir couvé ses casseurs, le voilà qui pleurniche, se fait exfiltrer de Bellecour et court supplier Matignon en rejetant la faute sur l'État. On désarme la police, on boycotte les caméras, on laisse tout brûler, et après on joue les victimes. Continuez à voter pour cette mascarade, la ville brûle au moins en Haute Qualité Environnementale !
Le centre ville est à pleurer.
Signaler RépondreSi au moins ils avaient détruit l’étendoir à linge plutôt que l'office du tourisme, ça nous aurait consolé un peu.