À l’horizon fin 2027, cette infrastructure doit être en mesure d’assurer pleinement son rôle d’usine de secours en cas de défaillance du principal captage de Crépieux-Charmy.
Aujourd’hui, la majorité de l’eau potable consommée dans la métropole est issue de la nappe d’accompagnement du Rhône, avec 220 000 m3 prélevés chaque jour. Cette ressource, naturellement potable, transite par l’usine de Croix-Luizet avant d’être distribuée sur le réseau métropolitain.
L’usine de La Pape constitue la seconde ressource stratégique en eau potable du territoire. Elle traite l’eau de surface du lac des Eaux Bleues, à Miribel-Jonage, et peut prendre le relais en cas d’incident majeur sur le captage principal.
Mais, mise en service en 1989, elle disposait initialement d’une capacité de 150 000 m3 par jour, aujourd’hui réduite de moitié. Cette baisse s’explique par l’inadaptation progressive de la filière de traitement face à la dégradation de la qualité de l’eau.
Les travaux engagés doivent permettre de restaurer cette capacité et de garantir une eau conforme aux normes sanitaires en vigueur.
Un chantier à 64 millions d’euros
Le projet, piloté par Eau du Grand Lyon, représente un investissement global de 64 millions d’euros, dont 60 millions dédiés au chantier de l’usine. L’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse participe au financement à hauteur de 1,6 million d’euros, le reste étant pris en charge par Eau du Grand Lyon.
L’opération poursuit plusieurs objectifs : adapter le traitement de l’eau du lac des Eaux Bleues, retrouver la capacité de production initiale de l’usine et, à terme, permettre la potabilisation d’une seconde ressource, celle de la Saône, afin de diversifier les sources d’approvisionnement.
Le chantier prévoit notamment la démolition des ouvrages actuels d’ozoflottation, la construction d’un nouveau bâtiment intégrant des étapes de décantation, d’ozonation et de filtration sur charbon actif pour traiter les micropolluants, ainsi que le remplacement du système de désinfection par un traitement aux ultraviolets. Les ateliers de stockage de réactifs et de traitement des boues seront également entièrement reconstruits.
Le marché de conception-réalisation a été attribué à un groupement d’entreprises conduit par OTV, aux côtés de Campenon-Bernard Centre Est, Razel-Bec, Itesya, Gauthey Industrie, Artelia et Zeppelin Architectes. Le projet est accompagné par un groupement d’assistance à maîtrise d’ouvrage piloté par Naldeo.