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Exposition Edouard Pignon au MBA jusqu’au 28 août

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Edouard Pignon est né dans le Nord en 1905.

Par quel miracle de la puissance de la vocation artistique ce petit garçon, né dans un univers de corons misérables, de travail exténuant dans les mines pour son père, et d’un estaminet que tenait sa mère, va-t-il devenir ce peintre auquel le Musée des Beaux-Arts  de Lyon consacre une exposition  envoutante et ramassée jusqu’au 28 aout 2017 ?
A cette question le visiteur ne trouvera pas de réponse.


Mais il pourra mesurer, grâce aux explications déposées sur les murs du musée par le commissaire de l’exposition Philippe Bouchet, la place qu’a pris dans l’œuvre de Pignon, le séjour de quelques mois fait à Ostende en 1946.


L’exposition met en vis-à-vis - c’est une volonté fréquente de Sylvie Ramond, la pédagogue acharnée mais secrète directrice du Musée - trois types d’œuvre de l’artiste Edouard Pignon qui relient sa carrière à ce court séjour à Ostende. Le coup de force de Sylvie Ramond pourrait passer inaperçu si - comme c’est probable - on ne connait pas le peintre Edouard Pignon. Mais le fils de celui-ci, l’acteur Nicolas Pignon, a lui-même probablement été touché par  cette chose qu’a réussi à faire émerger Sylvie Ramond en mettant dans la même pièce des céramiques, des tentures et des peintures à l’huile, toutes réalisées par le peintre.

Tellement touché, que le 17 mai dernier, lors de l’accrochage des toiles pour l’exposition qui ouvrait le lendemain, il a décidé au dernier moment et sans avoir prévenu, de faire don d’une troisième toile au MBA de Lyon (L’Olivier Noir, une huile de 1952).


Le secret se trouve dans ce motif d’Otsende que l’on retrouve sur les céramiques que Pignon  fabriquera à Valloris chez Picasso qui l’a invité en 1953. On le retrouve aussi sur ces immenses toiles qui étaient destinées à être des tentures (pour un théatre ?),  projet avorté, mais dont au moins un gigantesque élément rescapé se trouve exposé au Musée des Beaux-Arts jusqu’à fin aout. C’est ce motif aussi que l’on retrouve décliné maintes fois par dessin, par peinture à l’huile, dans des toiles, toute intitulées "Ostende".

 

On y reconnait les voiles d’un chalutier et ses amarres, des pêcheurs portant des nasses d’où émergent des poissons, la coque à l’avant. Cette scène que l’on retrouve tant de fois avec des variantes, le peintre l’a probablement observée derrière la vitre de sa chambre d’hôtel. Cet hiver 46-47 était si froid qu’il ne pouvait sortir peindre dehors car l’aquarelle gelait. Mais peindre était plus vital que jamais. Après avoir pratiqué des métiers durs pour survivre des années 20 à la deuxième guerre mondiale, Edouard Pignon est sur le point d’être reconnu comme un authentique peintre par le milieu. Et à ce même moment pourtant  il est pris de doute sur l’art qu’il pratique. C’est pour cela qu’il quitte un Paris qui commence à lui ouvrir les bras, et part à la recherche d’une nouvelle façon de peindre. C’est ce qu’il cherche dans ce port belge improbable.

 

Et c’est donc là qu’il va trouver de quoi tracer un chemin artistique paré de motifs qu’il ré-utilisera pendant près de 10 ans. Comme le raconte Philippe Bouchet, Edouard Pignon est alors guidé par un principe simple "Il n’existe pas dans la peinture d’équivalence à ces paysages. Ma responsabilité est d’en rendre compte".


 
Le spectateur qui ne connait pas Ostende peut aussi s’en rendre compte au MBA de Lyon jusqu’au 28 août 2017.

 

@lemediapol


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