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Le Grand Lyon booste les universités… et la taxe d’habitation !

En appui du plan Campus lancé en 2008 par le gouvernement, le Grand Lyon a décidé d’investir 100 millions d’€ dans le Schéma de Développement des Universités (SDU) entre 2010 et 2020. Objectif : offrir un maillage cohérent aux six grands sites universitaires lyonnais pour viser l’excellence internationale. « Une entreprise stratégique à la dimension de la métropole et de l’agglomération », selon le président de la communauté urbaine Gérard Collomb. La hausse de la taxe d’habitation et les subventions aux clubs sportifs ont suscité également quelques réactions lors du conseil communautaire de lundi. Récit.

Et pourtant, la question des universités n’entre pas dans le champ spécifique de compétences du Grand Lyon. Il en va plus de la responsabilité de l’Etat, déjà engagé au travers du plan Campus sur LyonTech - la DOUA et le campus Charles Meirieux, et de la Région, investisseur à hauteur de 250 millions d’€. Le Grand Lyon, qui souhaite éviter le développement dispersé de ses différents pôles universitaires, continue son travail de mutualisation engagé dès 2007 avec le regroupement de 19 universités, grandes écoles et instituts de Lyon et Saint-Etienne sous la forme d’un pôle de recherche et d’enseignement supérieur (PRES). Le SDU est une étape franchie « dans la mise en cohérence des établissements universitaires » selon le vice-président Jean-François Arrue, en charge de l’économie, du rayonnement et de l’attractivité des universités.

Les six sites concernés par ce projet sont le campus Charles Meirieux, le campus LyonTech – la DOUA, le campus Lyon Santé Est, le campus de la Porte des Alpes, le campus Lyon Ouest Ecully, le campus Vaulx-en-Velin. La première étape passe par l’amélioration de la desserte des sites par les transports en commun et leur interconnexion. La prolongation de la ligne B jusqu’aux hôpitaux Sud en fait partie, dans un grand axe Métro / Bus remontant jusqu’à Lyon Tech - la DOUA. Un grand ensemble multimodal qui desservira le campus Charles Meirieux à Gerland ainsi que les facultés des quais, avec une possibilité d’interconnexion jusqu’à la Manufacture des Tabacs sur le réseau métropolitain. Cet axe Sud / Nord, qui devrait être doublé par ce que Gérard Collomb appelle «  l’anneau des sciences », utilisant déjà les voiries existantes du boulevard de ceinture à dessein et ouvrant le futur TOP aux transports en commun. « Le développement des universités doit être consubstantiel à celui des territoires », justifie Arrue, alors que Collomb, de son côté, se montre plus insistant sur les « voies vertes » qui doivent permettre aux modes doux d’accéder aux campus, en particulier celui de Lyon LyonTech – La DOUA et Charles Mérieux à Gerland.

Le SDU prévoit également le développement du logement étudiant, à raison de 1 000 par an pendant 10 ans. Du côté des synergies des enseignements universitaires, l’heure n’est plus au cloisonnement des compétences sur les différents sites. Ainsi, le pôle Lyon Santé Est nourrit un projet Neurocampus, réunion des neurosciences et des sciences cognitives. Même dynamique sur le campus Charles Meirieux de Gerland, où les biosciences partageront le site avec les sciences humaines. Le campus Lyon Ouest Ecully doit accueillir le projet d’école IDEA, basé sur la créativité et l’innovation, à travers le programme « Yin Yang » mené conjointement par les deux mastodontes déjà présents sur le site : l’EM Lyon et l’Ecole Centrale. Du côté de Vaulx-en Velin, le Grand Lyon souhaite attirer le tissu entrepreneurial en favorisant l’implantation d’établissements industriels et commerciaux. Le tout relié évidemment dans une mise en cohérence de la desserte des territoires.

Du côté de l’opposition centriste et UMP, on a reproché à Gérard Collomb une certaine tiédeur dans l’engagement. « Pourquoi ne pas tenter de présenter une chaire internationale pour un Prix Nobel » ose François-Noël Buffet, alors que Christophe Geourjon voit plus « l’occasion manquée » de ne pas avoir intégré à ce grand pôle les facultés stéphanoises, qui sont pourtant partie intégrante du PRES. Les deux ont rappelé que ces projets de développement des universités trouvaient leur genèse dans l’action de Michel Noir, et leur mise en forme sous le mandat de Raymond Barre. Si Gérard Collomb a rappelé, en réponse, qu’il n’avait aucune autorité sur la communauté urbaine stéphanoise pour intégrer l’ensemble des entités du PRES, il s’est interrogé, philosophe, sur son action à la tête de l’agglomération : « depuis la création de Lugdunum, nous sommes quelques uns à nous être succédés à sa tête et à avoir posé notre pierre. Espérons que la nôtre ne soit pas la plus minuscule. »

Taxe d’habitation : une augmentation de 8€ à 30€ par ménage

Alors que le niveau d’abattement de la taxe d’habitation devait être fixé au conseil, le dossier a été retiré de l’ordre du jour. La raison de cet ajournement : le gouvernement souhaite changer le système actuel de calcul. «  C’est après avoir pris connaissance du nouveau système que nous nous prononcerons sur les abattements. Nous allons attendre de voir ce que le gouvernement nous propose en loi de finance », justifie Collomb qui assure que le Grand Lyon se prononcera sur les questions d’orientation budgétaire lors de sa session de novembre. François-Noël Buffet ne juge pas nécessaire  cette augmentation de la « pression fiscale », subséquemment de la taxe d’habitation. Gérard Collomb accuse de son côté une perte de « 24 millions d’€. » Un manque à gagner pour le Grand Lyon dû à l’impossibilité d’augmenter la taxe professionnelle, comme prévu dans le plan de mandat. « La disparition de la taxe professionnelle fait qu’il n’y a plus qu’une façon de créer des recettes pour maintenir l’investissement, en augmentant la contribution des ménages », justifie Collomb. «  Mon engagement est d’essayer de faire en sorte que pour les ménages les plus modestes, l’augmentation de la taxe d’habitation n’excède pas les 8€, et jusqu’à 30€ pour les ménages les plus aisés », détaille-t-il.

Les subventions à l’OL de plus en plus critiquées

L’ensemble des subventions aux clubs sportifs est également passé sous les fourches caudines du conseil communautaire. Si l’accompagnement financier des clubs comme le LOU (155 000 €) ou le VHA (100 000€) n’ont souffert aucune contestation, la question est plus problématique pour l’OL (310 000€)  et l’ASVEL (154 000€). L’opposition UMP veut bénéficier d’un retour sur les sommes investies. Le groupe Ensemble pour le Grand Lyon s’est d’ailleurs abstenu de voter la subvention, quand Philippe Cochet votait contre. L’ensemble des subventions a toutefois été validé par le Grand Lyon



Tags : ol | grand lyon | universités |

Commentaires 1

Déposé le 26/10/2010 à 16h40  
Par marie Citer

S'octroyer des compétences qu'il n'a pas (exemple les fac ne st pas de la compétence du Grand Lyon) ou distribuer généreusement des subventions aux associations ''amies'' (ici l'OL), permet à l'élu (ici G.Collomb) de pouvoir geindre dans les médias sur le désengagement de l'Etat et l'obligation d'augmenter les impots... . Depuis des décennies, les politiciens locaux -de gauche comme de droite- nous ont joué cette comédie-plainte-victimisation politique et médiatique ! Il faudrait refléchir sur la formation de certains sportifs (foot, tennis...) formés en France qui une fois célébres et riches..., vont jouer ou résider à l'étranger (comme en Suisse !) pour ne pas payer d'impots..... mais qui reviennent se faire soigner en France (aux sportifs, on peut rajouter le chanteur JH...). Certains fonctionnaires rémunérés par l'Etat doivent servir l'Etat pour rembourser leurs années de formation ; pourquoii ne pas faire la meme chose avec les sportifs, dont ceux de l'OL ?

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