Le premier "robot lycéen" a été présenté à Lyon

Le premier "robot lycéen" a été présenté à Lyon
Photo Lyonmag.com

A en juger par la foule de journalistes, de caméras et d’appareils
photos agglutinés autour du robot, l’évènement est de taille. Cet
après-midi du 21 janvier, au lycée Martinière-Montplaisir, se déroule une
première européenne, "peut-être mondiale", ajoute malicieusement
Bruno Bonnell, président de la société AWABOT (installée à Villeurbanne). Cette
entreprise est spécialisée dans le développement de logiciels robotiques a développé le robot lycéen.

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Le principe de ce robot est simple : permettre à des élèves dans l’impossibilité de se rendre en cours de pouvoir les suivre malgré tout, tout en maintenant un lien social avec leur classe. Ce qui se traduit par un robot monté sur deux roues, dirigé par le lycéen depuis sa chambre avec un PC portable doté d’une connexion ADSL. Une caméra fixée au robot QB lui permet d’assister au cours, et un petit écran fixé sur l’appareil lui permet d’être vu par ses camarades. Si le robot QB est commercialisé par une société américaine, le logiciel qui le pilote, lui, est bien français.

Ce grand projet a été initié, financé et piloté par la Région Rhône-Alpes, où pas moins de 300 entreprises sont impliquées dans la robotique.  Il a été réalisé en groupement avec l’Institut Français de l’Education de l’Ecole Normale Supérieur de Lyon, l’Université Lyon 1 et le Learning Lab de Centrale Lyon et de l’EM de Lyon. L’idée, née courant 2012, est concrétisée aujourd’hui par ce prototype. Bruno Bonnell, Georges Kighelman, proviseur de lycée la Martinière-Montplaisir, Jean-Jack Queyranne, Président de la Région Rhônes-Alpes, Françoise Moulin Civil, Rectrice de l’Académie de Lyon, étaient notamment présent pour célébrer l’évènement.

Dans un futur pas si lointain, ce type de technologie pourrait  s’étendre à d’autres domaines, comme le milieu médical, par exemple. "Nous inaugurons un nouveau stade : celui du robot domestique, du robot des services", déclare Bruno Bonnell, qui il a lui-même été ancien élève au lycée de la Martinière. La boucle est bouclée.  "La téléprésence est la nouvelle vague de la robotique, ajoute-t-il. Il s’agit bien, avec ce robot, de téléporter l’élève, de lui donner une présence physique en cours. Il pourra suivre ses amis au réfectoire et au gymnase, par exemple."

On peut se demander où réside la différence entre une simple visioconférenceet ce petit robot. "Il y a plus qu’une simple présence vocale, qui peut être facilement ignorée, explique Bruno Bonnell. En anglais, on parle de bodylanguage. Là, nous inventons le robodylanguage ! Le robot a une personnalité."

L’intégration de ce robot ne pose aucun problème aux lycéens. Ceux qui l’ont essayé, des élèves de la classe de Sciences et Techniques de l’Ingénieur,  se sont très rapidement familiarisés avec lui, à la grande surprise du proviseur. "Ce robot donne le goût de la robotique aux élèves, déclare Bruno Bonnell. S’ils s’y intéressent maintenant, 100%  d’entre eux auront un job au moment d’en chercher un, c’est un secteur en pleine explosion."

Le petit prototype est en tout cas parti pour deux ans d’expérimentation, à compter de la rentrée 2014, jusque septembre 2016. Trois robots seront installés dans trois lycées pilotes : le lycée de la Martinière Montplaisir à Lyon, donc, mais également le lycée Claude Fauriel à Saint-Etienne (Loire) et le lycée Joseph Marie Carriat à Bourg-en-Bresse (Ain), afin de montrer la pleine implication de la région dans ce projet. De quoi alimenter les plus folles imaginations. "Bien sûr, nous n’aurons pas 35 robots devant un professeur à l’avenir", tempère avec humour Georges Kighelman, proviseur du lycée la Martinière-Montplaisir. Si Bruno Bonnell, quant à lui, prédit une évolution spectaculaire de la robotique dans les années à venir, il insiste toutefois sur le fait que ce robot ne sera pas imposé.

Bien entendu, le « robot lycéen » connaîtra des adaptations et des innovations pendant ce laps de temps. Des questions mécaniques se posent toujours, naturellement, car le prototype est encore à perfectionner : comment le faire tenir debout s’il est bousculé par les élèves, par exemple… Mais aussi des questions beaucoup plus élaborées : comment faire réagir le robot si le lycéen qui le dirige souhaite prendre la parole en cours ?

Cependant, cette innovation technologique soulève déjà des questions éthiques, comme celle de la propriété intellectuelle. Les professeurs doivent-ils accepter de faire enregistrer leurs cours par le robot ?

Une chose est sûre, le "robot lycéen" n’a pas fini de faire parler de lui.

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5 commentaires
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Julien Garcia le 12/03/2015 à 20:45

Je suis l'élève qui a testé le robot durant ma convalescence, et bien je peux vous assurer que cette petite merveille, est très utile pour garder un lien scolaire et social, ce qui redonne le sourire pendant une période pas toujours facile.

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Journaleux le 22/01/2014 à 09:50

Bien vu la quenelle , vite faut transmettre à valls
a ben non en fait c'est son pote
à propos de quenelles même yann barthes du petit journal extra de gauche , il en fait , voir youtube

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Jean-Jackkx le 22/01/2014 à 09:35

Oh la belle quenelle de Queyranne !!

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journaleux le 22/01/2014 à 08:31

excellent , enfin un robot sans colon , jeux de mots

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Gérard TROLLOMB le 21/01/2014 à 23:15

Un robot lycéen créé à Lyon. Ils auraient mieux fait de créer un robot écolier ou collégien, ça serait moins vulnérable aux incessantes grèves de cantines scolaires à Lyon et demain à la Métropole.

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