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La Lyonnaise Géraldine Bénichou aux Nuits de Fourvière

La metteuse en scène lyonnaise Géraldine Bénichou monte “Les larmes d’Ulysse” le 31 juillet aux Nuits de Fourvière. Une pièce qui associe des textes d’Homère et des témoignages d’immigrés. Interview.

L’histoire des “Larmes d’Ulysse” ?
Géraldine Benichou : C’est un spectacle écrit à partir de l’“Odyssée” d’Homère. Mais avec en plus des témoignages de personnes immigrées d’aujourd’hui. Le point de départ est le texte d’Homère, le plus vieux poème de l’humanité puisqu’il date du VIIIe siècle avant J.-C., et qui raconte le retour à Ithaque d’Ulysse, un des héros de la guerre de Troie. J’ai retenu quelques passages : le début quand Ulysse pleure car il souhaite rentrer chez lui après 20 ans d’absence. Puis comment il a dû affronter une terrible tempête provoquée par le dieu Poséidon. Enfin, après avoir tout perdu, quand il s’échoue nu sur l’île des Phéaciens où ce grand héros va être obligé de mendier...
Pourquoi ajouter des témoignages d’immigrés ?
En fait, ça fait pratiquement 10 ans que je travaille sur l’“Odyssée”. En 1999 j’ai fait des lectures publiques de ce texte à la gare de la Part-Dieu. Les voyageurs s’arrêtaient pour écouter. Puis prenaient la parole pour raconter leur propre parcours. J’ai ensuite présenté ce texte à Paris, à Lyon, en milieu rural... Et j’ai aussi recueilli les récits de migrants loin de chez eux, en errance... Pour les mettre en parallèle avec le texte d’Homère. Une façon de dire que ce sont un peu les Ulysse d’aujourd’hui.
La mise en scène ?
Il y a une vingtaine d’intervenants sur le plateau. Avec notamment un narrateur, une chanteuse et un musicien. Le texte classique sera entrecoupé par des témoignages actuels dans une langue très contemporaine. Par exemple, quand Ulysse affronte la tempête, des immigrés racontent comment ils ont aussi dû traverser la Méditerranée pour débarquer en Europe. Et quand Ulysse arrive sur l’île des Phéaciens, où il n’est pas forcément bien accueilli, on propose en parallèle des témoignages sur la douane, les contrôles d’identité... En plus, on aura dans le public des “complices” qui seront là pour apostropher les personnages. Comme cela se faisait dans l’Antiquité.
C’est un spectacle politique ?
Si politique signifie aborder des grandes questions de société, alors oui. C’est une pièce engagée qui invite notamment à changer nos regards sur les immigrés. Moi, j’ai passé beaucoup de temps avec des migrants. Les écouter, c’est déjà les comprendre. Et leur donner la parole, c’est accepter de se mettre à leur place. Alors qu’ils sont considérés ici comme des moins que rien. Et pourtant il y a parmi eux des gens de très grande qualité qui ont un parcours extraordinaire.
Vous allez mettre en scène des immigrés ?
Je l’envisage. Par contre, ils ne raconteront pas leur propre parcours. Car je ne veux pas tomber dans le “théâtre-réalité”. Mais ils pourraient réciter quelques vers de l’“Odyssée” dans leur langue d’origine, ça serait superbe.
Ce sera un spectacle très intello ?
Non, l’“Odyssée”, ce n’est pas intello du tout. C’est un texte qui est au programme du collège ! Et je crois que tous les scénaristes de Hollywood connaissent ce poème. D’ailleurs dans “Le seigneur des anneaux” par exemple, on retrouve l’influence de l’“Odyssée”. C’est vrai que la langue est exigeante, mais elle est superbe.

Propos recueillis par Laurent Sévenier

“Les larmes d’Ulysse”, adaptation et mise en scène de Géraldine Bénichou. Le 31 juillet à l’Odéon de Fourvière. Tarifs : 15 et 17 euros. Renseignements : 04 72 32 00 00 ou www.nuitsdefourviere.fr



Tags : Nuits de Fourvière | Géraldine Bénichou |

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