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Addiction aux écrans : comment faire face à Lyon ?

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Dans la Métropole de Lyon, l’accompagnement des parents démunis face à la surexposition de leurs enfants aux écrans reste encore lacunaire. En cause : un manque d’information général. Il s’agit pourtant d’un enjeu majeur de santé publique, selon le collectif COSE.

A l’heure où les tablettes et les smartphones ont tendance à remplacer l’histoire du soir, la Bibliothèque Nationale de Lyon, en partenariat avec la ville, organise Le Printemps des Petits Lecteurs. Du 7 mars au 7 avril, les enfants de 0 à 6 ans pourront participer à différents ateliers, autour "des émotions", dans toutes les bibliothèques lyonnaises. Parmi les animations prévues, "Les p’tits bouquinent numérique" propose une nouvelle manière de conter des histoires. L’idée est de faire des va-et-vient entre les supports, de passer du livre à l’application mobile et inversement.

"C’est une lecture avec des petits bouts d’application et non l’inverse. C’est bien l’histoire qui est la plus importante et pas l’interactivité de l’écran", se défend Jérôme Louiche, responsable du département jeunesse à la Bibliothèque municipale de Lyon. Conscient de l’impact néfaste des écrans sur les jeunes enfants, Jérôme Louiche compte bien limiter le temps de l'animation à 30 minutes par enfant et par écran.

 

L’addiction aux écrans : un enjeu de santé publique

 

Pourtant, selon les membres du collectif COSE (Collectif Surexposition aux Ecrans), qui a récemment publié une tribune dans Le Monde alertant de la gravité de ce phénomène, les enfants ne devraient pas être en contact avec les écrans avant l’âge de 3 ans. Et si la surexposition aux écrans est identifiée comme « un enjeu majeur de santé publique » par le collectif, aucune étude n’a encore été réalisée en France.

"Il y a 14 ans, les jeunes enfants étaient exposés 1h à 2h par jour, et là je me retrouve dans une moyenne de 6h à 7h. On a une exposition de plus en plus précoce, même dès la naissance", remarque Carole Vanhoutte, orthophoniste libérale en région parisienne et membre du collectif.

 

Cette surexposition massive aux écrans engendre des retards de langage, des difficultés de compréhension, des troubles de l’attention ainsi que des troubles alimentaires. "Il y a une épidémie d’obésité dans le monde, et il y a une corrélation entre le poids des enfants et les écrans ; de même, plus on passe du temps devant les écrans, moins on dort. Nous, on sensibilise les parents, ils sentent bien que leurs enfants ont des soucis, c’est tout le quotidien des familles", explique Pascal Besse, pédiatre dans le 8e arrondissement de Lyon. Dans les situations les plus graves, l’enfant ne répond plus à son prénom, ne regarde pas l’adulte quand il lui parle, ne joue plus et ne parlent qu’avec des mots isolés. Cette surexposition ferait donc émerger de nouvelles pathologies qui ne sont pas encore connues par les chercheurs.

Un manque d’information certain

 

La cause principale de ce fléau ? Les habitudes domestiques mais surtout, le manque d’information de la part des familles. Cependant, si les parents ne sont que très vaguement informés de l’impact réel des écrans, c’est parce que les praticiens eux-mêmes ne le sont pas toujours. Pourtant, les professionnels du collectif sont formels : limiter le temps devant les écrans permet de réduire considérablement les troubles. Les enfants récupèrent ainsi rapidement leurs fonctions de langage, "sortent de leur bulle" et se "réveillent". Pour la phase de rééducation, les orthophonistes, pédiatres et pédopsychiatres réfléchissent, en collaboration avec les parents, à comment "libérer du temps aux enfants" (selon Lydie Morel, orthophoniste et formatrice), temps habituellement passé devant les écrans. Il est important que l’enfant réapprenne à jouer avec des objets du quotidien, qu’il sorte et communique avec l’adulte. Pour cela, il est nécessaire d’instaurer des moments de déconnexion pour l’ensemble des membres de la famille.

 

Cependant, rien ne sert de culpabiliser les parents, la société aurait également sa part de responsabilité dans les pathologies actuelles liées aux écrans. De manière plus ou moins directe, elle impose des injonctions sur la manière d’éduquer nos enfants. Dans les magasins de jouets, les jeux en bois et les poupées ont laissé la place aux tablettes, consoles et autres jeux numériques. En conférant une dimension pédagogique forte à l’objet numérique (des jeux qui permettent d’apprendre l’anglais par exemple), les parents se déchargent de leurs compétences et de leur devoir d’accompagnement.

 

Dans la voiture, au restaurant ou encore dans la salle d’attente, l’outil numérique permet d’occuper, de consoler, de calmer l’enfant tout en, soi-disant, l’éduquant. Aujourd’hui, les enfants ne s’ennuient plus. Pourtant, selon les praticiens, l’ennui est favorable au développement global de l’enfant. En supprimant l’ennui, "on est en train de tuer leur imagination !", s’indigne Carole Vanhoutte.

 

A Lyon, quelles solutions pour les parents ?

 

"Il n’y a pas de lieu spécial pour traiter l’addiction aux écrans, cela dépend de l’intensité des symptômes ; c’est notre quotidien de soignant", affirme Pascal Besse, pédiatre à Lyon.

S’il n’existe pas de structure spécifique pour ce type d’addiction dans la métropole, les parents peuvent en revanche consulter des pédiatres et des orthophonistes, pour les retards de langage notamment, ou encore, dans les cas plus graves, des pédopsychiatres. A l’Hôpital Femme Mère Enfant de Bron, bien que les consultations ne soient pas ciblées "addiction aux écrans", les médecins font souvent le lien entre ce facteur et des troubles récurrents du sommeil, de violence ou encore des difficultés à l’école.

Les Centres Médicaux Psychiatriques (CMP) pour enfants, situés dans chaque arrondissement de la ville, peuvent également aider les plus jeunes dans leur addiction. Des séances de groupes thérapeutiques sont d’ailleurs organisées pour permettre aux enfants d’échanger entre eux et ainsi, de favoriser la communication.

 

Cependant, ces structures sont davantage réservées aux pathologies les plus graves. La plupart des familles gèrent donc ces problèmes d’addiction aux écrans comme elles peuvent, à leur domicile, avec les conseils de spécialistes tels que le court-métrage d’animation "Les 4 pas" de Sabine Duflot, psychologue clinicienne et thérapeute familiale, ou la campagne de prévention 3,6,9,12 du psychiatre Serge Tisseron.

 

Ne diabolisons pas les écrans !

 

Malgré ses effets nocifs, "il ne faut pas interdire les écrans, il faut apprendre à vivre avec", explique Béatrice Kugener, pédiatre dans le 7e arrondissement de Lyon. En effet, supprimer tous les outils numériques dans notre société actuelle serait très difficile. Bien que l’enfant n’ait pas besoin de l’écran pour se développer, il peut utiliser ce support à titre de loisir dans un temps limité.

Pour cela, les spécialistes conseillent aux parents de fixer un temps à l’avance, afin que l’enfant anticipe et ne soit pas frustré lorsqu’il devra éteindre sa console ou sa tablette. Pour éviter l’addiction aux écrans, il faut savoir pourquoi et à quels moments on utilise ces outils numériques.

 

Cloé Pombo



Tags : addiction aux écrans |

Commentaires 2

Déposé le 18/03/2018 à 12h29  
Par Sakura Citer

Un enfant ne devient pas addict aux ecrans de son propre fait. Les seuls responsables sont les parents qui préfèrent mettre leurs mômes devant un écran. pour avoir la paix.

Déposé le 18/03/2018 à 10h59  
Par CF bescherelle ta mère 2, le retour Citer

Enfin un article complet, traitant d'un vrai sujet de société sur Lyonmag et sans fautes d'orthographe qui nuisent à une bonne lecture...ça change en bien, continuez ;)

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