Actualité 25-04-2011 à 11:16
De retour après un premier passage réussi en novembre 2009, les catcheurs de la fédération de la World Wrestling Entertainment ont posé le ring à la Halle Tony Garnier samedi et dimanche soir pour deux shows à l’américaine, baptisés Revenge Tour. Ils sont également attendus aux arènes de Nîmes le 1er septembre, puis à Paris les 3 et 4 septembre.
Culture parallèle ou phénomène de société ? La catch américain, très en vogue en France dans les années 90, a connu début 2000 une traversée du désert pour venir se réimposer sur la scène européenne depuis 2005. Certaines chaînes de la télévision numérique terrestre ont donné un sacré coup de main en réimposant en prime time le samedi ces combats de gladiateurs modernes, redonnant la dynamique qu’avait su impulser Canal + à l’époque des Hulk Hoggan et Yokozuna. Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de trois chaînes qui proposent les aventures de ces héros du ring le samedi soir. Dans ces combats simulés, le combattant doit maintenir au sol son adversaire trois secondes avant que celui-ci ne puisse bouger.
Il n’y a qu’à voir les réactions des enfants présents samedi soir à la Halle pour comprendre que le terme de héros n’est pas galvaudé. Ils connaissent les mimiques des combattants, leurs gimmicks et les reproduisent. Merchandising oblige, ils sont souvent habillés et grimés aux couleurs de leur favori. Dans la tribune, un enfant, qui ne doit pas excéder les 5 ans d'âge, porte les brassières du héros mexicain du soir, Rey Mysterio. Son petit frère préfère lui John Cena, un catcheur devenu acteur sauce Chuck Norris. Il porte d’ailleurs aux deux poignées les bracelets éponge de son héros bodybuildé. Et ils sont des centaines sur les presque 6 000 spectateurs qu’a accueilli chaque soir le Halle Tony Garnier pour ces deux représentations exceptionnelles.
Les parents, de leur côté, ne sont pas en reste. Ils connaissent la dramaturgie du show, le nom des combattants. Certains sont impliqués autant, voire plus que leurs enfants. On imagine volontiers les familles le samedi soir partager autour de la télévision ce moment d’entertainment. Sous-culture ? Pour certains, mais le catch à au moins le mérite de rassembler, et ses codes sont accessibles à tous.
Plus problématique, il pose le problème de la sécurité pour les enfants qui reproduisent par mimétisme les gestes et les prises des catcheurs. Dans les cour de récré, l’activité amuse moins les professeurs qu’elle ne les effraie, et il n’est pas rare que le tenancier de l’association de catch locale vienne informer les jeunes élèves sur le danger de l’activité. « Don’t try this » (1), répètent à l’envi les catcheurs dans les courts spots diffusés le samedi soir sur les chaînes qui retransmettent ces shows.
A Lyon, l’exercice a été maitrisé. Et les stars du soir s’appelaient Big Show, Koffi Kingston, Kane ou Cody Rhodes. Les femmes pratiquent aussi. Le déesse mondiale s’appelle Kelly Kelly. Et samedi soir, bien mal en point, elle a pu compter sur sa partenaire pour renverser la vapeur dans un combat deux contre deux.
Très théâtral, le catch offre du divertissement autant dans les activités de combat que dans l’intox qui les précède. Chaque combattant entre sur sa propre musique, tape dans les mains des spectateurs, montre ses muscles, sa langue, hurle, tape des mains, escamote le micro à l’animateur pour chambrer. « J’aime pas France », beugle approximatif l’un, en grimaçant. Normal, il est anglais. Il s’appelle Wade Barrett. Ce beau bébé de 120 kgs pour 1,96 mètres gagnera son combat face au Jamaïcain Koffi Kingston et conservera sa ceinture de champion. Samedi soir, ce sera le seul combattant estampillé « bad boy » à remporter son combat face au « good guy. » C’est assez rare, mais il faut parfois savoir maintenir l’exception pour ne pas tomber dans une mécanique trop simpliste. D’autant que l’ensemble des activités de la franchise est scénarisé. Manquez un épisode et vous serez perdu. Un peu comme dans un soap opéra.
L’évènement samedi soir, c’était aussi l’adieu au catch fait par la plus grande star de la WWE. Il s’appelle Edge. il est le plus titré des combattants de la franchise. Depuis avril 2011, il fait le tour des rings pour annoncer le fin de sa carrière, suite à une blessure au cou contractée en 2003. Dans le public, des jeunes adultes, look geeks, cheveux longs, la barbiche broussailleuse, versent quelques larmes dans leur pinte de bière, qu'ils essuient dans leur tee-shirt à l'effigie de leur héros. Puis se lèvent, beuglent en anglais à la manière de rockers tendance métal. Show must go on !
(1) : « N’essayez pas ! » La formule est utilisée pour dissuader les jeunes enfants de reprduire les gestes de leurs catcheurs préférés.
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Commentaires 4
Déposé par YA' le 27/04/2011 à 12h09 Citer
Déposé par StanEdge le 25/04/2011 à 21h03 Citer
Déposé par Undercore le 25/04/2011 à 19h54 Citer
Déposé par Max le 25/04/2011 à 18h26 Citer