Sur certains points, les histoires se ressemblent. Il y a eu Romain F., révélé comme étant Romain Farina, directeur d'école pédophile de Villefontaine. Et il y a désormais Romain G., le cinéaste de Lucenay.
Le premier a trahi la confiance des parents qui lui confiaient leurs enfants, comme le second, accusé d'avoir agressé sexuellement les camarades de classe de son fils.
Le premier était un membre respecté de sa communauté, au profil professionnel stable, comme le second qui s'était fait un nom dans le monde fermé du 7e art.
Le premier filmait ses "ateliers du goût", le second a aussi conservé des traces de ses atrocités.
Enfin, le premier a tenté (et réussi) de se suicider, le second également, mais a manqué son geste désespéré grâce à l'intervention des gendarmes.
Il pourrait donc y avoir un procès Romain G., là où les nombreuses victimes de Romain Farina en seront privées.
A Lucenay, petite commune du Beaujolais à proximité de Villefranche-sur-Saône, l'émoi est palpable. Car la France sait désormais ce que beaucoup soupçonnaient.
Romain G. a été auditionné pour la première fois en décembre 2024, après plusieurs témoignages d'enfants à qui il aurait imposé des fellations ou des attouchements, voire des viols digitaux. Des actes parfois filmés par ses soins.
Niant les faits dans un premier temps, il avait ensuite rédigé une lettre d'aveu puis avait été retrouvé in extremis dans un bois de Charnay, prêt à se pendre.
Au terme d'une longue enquête permettant de recenser les victimes grâce notamment aux vidéos, de libérer leur parole, le parquet de Villefranche-sur-Saône a mis en examen le trentenaire qui a travaillé avec Clovis Cornillac et Alexandre Astier. Au moins 34 victimes ont été recensées, âgées de 2 à 9 ans, pour la plupart des petits garçons qui étaient amis avec le fils du prédateur.
La grande crainte désormais à Lucenay, c'est que Romain G. suive encore les pas de Romain Farina et tente à nouveau de se suicider en prison. La route vers le procès est encore longue.