Longtemps considérée comme une affection touchant essentiellement les animaux, la dermatophilose fait aujourd'hui l'objet d'une attention particulière de la communauté scientifique. Des médecins lyonnais ont en effet identifié les premiers cas documentés de transmission entre humains de cette maladie de peau provoquée par une bactérie.
Selon le Dr Maxime Bonjour, médecin en santé publique à l'hôpital de la Croix-Rousse et co-auteur d'une étude publiée dans la revue scientifique Emerging Infectious Diseases, une quarantaine de cas avaient été recensés en France au 1er juin, dont environ trente à Lyon.
L'alerte est partie de plusieurs patients suivis dans le cadre d'un traitement préventif contre le VIH. Ces derniers présentaient notamment des pustules et des croûtes localisées sur les parties génitales, la barbe ou encore le torse. Les analyses réalisées ont permis d'identifier la présence de la bactérie responsable de la dermatophilose.
Jusqu'à présent, cette maladie était principalement observée chez les animaux. Les rares cas humains décrits dans la littérature scientifique concernaient généralement des personnes en contact étroit avec le monde animal, comme les agriculteurs, les vétérinaires ou les cavaliers.
Infections sexuellement transmissibles
Interrogé par l'AFP, le Dr Maxime Bonjour souligne que "jamais une transmission interhumaine n'avait été identifiée". Un constat qui a rapidement attiré l'attention des chercheurs.
Les neuf premiers patients étudiés à Lyon n'ont déclaré aucun contact récent avec des animaux. En revanche, tous avaient fréquenté des saunas gays dans lesquels ils ont eu des rapports sexuels. Des situations similaires ont également été observées en Espagne, notamment à Barcelone, où plusieurs cas ont été signalés au même moment.
Face à ces éléments : "Nous formons l'hypothèse que cette bactérie se transmet sexuellement. Une infection sexuellement transmissible dermatologique lors de contacts rapprochés de peau à peau, que favoriserait un environnement chaud et humide", explique le médecin lyonnais à l'AFP.
Les spécialistes se veulent toutefois rassurants concernant la prise en charge. Toujours selon le Dr Maxime Bonjour, la maladie "se traite très facilement", avec des antibiotiques et des soins locaux. En cas d'apparition de symptômes, il recommande de consulter un centre CeGIDD, spécialisé dans le dépistage et la prise en charge des infections sexuellement transmissibles.
Un premier rapport consacré à cette maladie doit être publié ce jeudi par l'Agence européenne de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).
tant qu’il y aura des boucs, il y aura des maladies et de la vermines
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