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Flamel : “Le Nasdaq nous a permis de nous développer”

Flamel Technologies, une biotech implantée à Vénissieux, est une des seules sociétés de la région à être cotée au Nasdaq à New York. Explications du Pdg, Stephen H. Willard.

Pourquoi vous êtes entré en Bourse au Nasdaq ?
Stephen H. Willard : Parce qu’en 1996, le nouveau marché venait d’être créé en France. Du coup, il y avait encore très peu de start-up sur ce marché. Et encore moins de sociétés spécialisées dans les biotechnologies, comme Flamel. Or pour introduire ce type de société en Bourse, on ne peut pas se référer à un chiffre d‘affaires, un résultat net... On regarde donc des sociétés dans le même domaine d’activité, et on essaie de comparer par rapport aux brevets, aux partenaires... Voilà pourquoi Flamel a été introduite en juin 1996 au Nasdaq, où il y avait déjà des sociétés comparables.
Les investisseurs américains sont moins frileux qu’en France ?
A l’époque ils étaient plus faciles à convaincre, car ils avaient déjà des références de sociétés qui, comme Flamel, n’avaient pas de revenus mais des projets porteurs. En fait, Flamel a été créée en 1990 sur des fonds de capital-risque. Le principe consistant à utiliser ces fonds pour créer de la valeur à travers des projets de recherche et développement. Mais on a eu besoin de se refinancer plusieurs fois. D’où l’appel au marché en 1996.
Combien vous avez levé ?
55 millions de dollars. Ce qui nous a permis de nous développer, en passant du stade de la recherche et du développement au stade de la production. Notamment par l’acquisition d’un site de production pharmaceutique situé à Pessac dans la région bordelaise.
Le Nasdaq vous a imposé des contraintes ?
Oui, il a fallu bien sûr respecter des règles financières spécifiques. Même si au fond, il n’y a pas de grosses différences avec le système français. Et puis notre société n’a jamais eu la manie du secret. Au contraire, notre stratégie a toujours été de donner beaucoup d’informations aux investisseurs, sur nos projets, nos partenariats...
L’évolution de votre cours de Bourse depuis votre introduction ?
Après notre introduction à 12 dollars, notre cours a beaucoup baissé. Et quand je suis arrivé chez Flamel en 2000, le cours n’était plus qu’à 2 dollars. Du coup on a fait des efforts et le cours est remonté pour atteindre un pic à 43 dollars, et aujourd’hui, l’action s’est stabilisée autour de 10 dollars. Pour une valorisation boursière de 250 millions de dollars.
Comment vous expliquez ces fortes variations ?
Les cours de Bourse de toutes les biotech sont extrêmement sensibles aux annonces des sociétés... Quand on dévoile un accord avec une grande entreprise pharmaceutique, les gens font une évaluation du marché potentiel, des revenus potentiels que ça va générer... Si le projet arrive jusqu’au bout, comme en 2006 avec GlaxoSmithKline qui commercialise un de nos produits aux Etats-Unis, ça nous apporte de la crédibilité, mais aussi des royalties. Mais si le projet s’arrête en cours de route, pour des raisons indépendantes de notre volonté, alors ça peut se répercuter de façon dramatique sur notre cours de Bourse.
Mais il y a aussi eu des secousses en 2005 avec le licenciement du fondateur et Pdg de Flamel, Gérard Soula !
Le conseil d’administration lui avait demandé de rester, mais c’est lui qui a préféré partir. C’est sa décision.
Mais vos résultats n’ont pas été bons en 2007 avec 37,7 millions de dollars de pertes !
L’année dernière, on a continué à investir sur un certain nombre de projets sur fonds propres. Tout en assurant le lancement sur le marché américain du produit développé avec GlaxoSmithKline. Des investissements lourds qui expliquent nos pertes. Mais dans le domaine des biotech, le fait de pouvoir intéresser des investisseurs dépend de la création de valeur qu’on est capable de produire. Ce qui passe par des investissements dont on aura un retour dans quelques années. De plus, l’année dernière, nos recettes ont quand même augmenté de 61%, à 36,7 millions de dollars.
C’est compliqué de lancer un médicament aux Etats-Unis ?
Oui, c’est un vrai challenge car ça demande un certain nombre d’audits et d’agréments de la part de la Food and Drugs Administration. Mais on les a obtenus de façon très satisfaisante, puisque notre site à Peissac a reçu tous les agréments après une inspection d’une semaine. C’était vraiment extraordinaire de réussir notre examen de passage dès la première fois.
Vos projets ?
On veut continuer à intensifier nos relations avec des entreprises pharmaceutiques, qui se développent chaque année pour atteindre 14 partenariats aujourd’hui. Dont Merck Serono et Wyeth. Ce qui nous permet de maximiser nos chances de succès, sachant qu’un projet qui démarre n’a pas 100% de chances d’aboutir. En revanche, on ne peut pas communiquer sur nos prochaines innovations, car les brevets sont confidentiels jusqu’à ce qu’ils soient publiés.
Vos objectifs financiers ?
On base la valorisation de Flamel Technologies sur la recherche-développement et le devenir de certains projets qui par nature sont sensibles aux décisions de ses partenaires. Il serait donc présomptueux de fixer des objectifs précis. Sachant que le résultat sera forcément différent en fin d’année.
Mais vos investisseurs n’exigent pas plus de visibilité ?
Non, au cours de notre dernière assemblée générale, 98% des actionnaires ont approuvé notre stratégie. Le plus important, c’est la qualité de notre travail et de nos partenariats. Le prix de l’action découle de ces deux indicateurs essentiels.
Vous n’envisagez pas de vous retirer de la Bourse ?
No way ! Nous n’avons aucune volonté de sortir du Nasdaq, car tous nos investisseurs sont américains.

Propos recueillis par Thomas Nardone



Tags : flamel | nasdaq |

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