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Cornillac face aux lectrices de Lyon Femmes

Clovis Cornillac a accepté de répondre aux questions des lectrices de Lyon Femmes (Groupe Lyon Mag) dans le restaurant qu’il vient d’ouvrir à Lyon.

LYON
Vous revenez souvent à Lyon ?
Clovis Cornillac : J’essaye de revenir le plus possible. Mais c’est toujours compliqué, car je mène une vie très speed. J’aimerais pourtant passer plus de temps à Lyon, car c’est la ville où je suis né. Et même si je n’ai jamais vraiment vécu à Lyon parce que ma mère habitait Paris, je me considère à 100% lyonnais. D’autant plus que je passais toutes mes vacances chez ma grand-mère à la Croix-Rousse et que j’ai encore toute ma famille ici, notamment mes cousins.
Maintenant que vous avez ouvert un restaurant, vous allez revenir plus souvent ?
Bien sûr, d’autant plus que Lyon est à deux heures de Paris en TGV !
Pourquoi vous avez décidé d’ouvrir un restaurant à Lyon ?
J’ai monté ce restaurant avec ma belle-sœur et son compagnon parce que j’adore manger. J’aime bien le bon vin. D’ailleurs, le compagnon de ma belle-sœur est un ancien œnologue du Negresco à Nice. Du coup, il me fait découvrir tout un tas de choses formidables depuis des années. C’est aussi cette passion commune qui nous a donné envie de nous associer pour monter ce restaurant. En plus, je trouve que la table, c’est là qu’on échange des points de vue, qu’on s’aime, qu’on s’engueule... Que ça soit un dîner entre amis ou en amoureux, c’est toujours un moment magique.
Votre priorité quand vous revenez à Lyon  ?
Aller voir des matchs de foot à Gerland, car je suis un vrai fan de l’OL. Je suis assez proche de Jean-Michel Aulas, le président du club, et de Claude Puel, l’entraîneur. Et même mes jumelles de 7 ans s’amusent à chanter “Qui ne saute pas n’est pas lyonnais !” en plein cœur de Paris.
Les lieux que vous aimez à Lyon ?
J’adore la Croix-Rousse, mon quartier d’origine, notamment près des HLM des Tilleuls, où vivait ma grand-mère. Je me souviens quand elle a déménagé pour aller habiter là-bas. Elle était trop heureuse, car comparé à son ancien appartement, son F2 dans cet HLM lui paraissait immense. Pour elle, c’était Versailles. Je garde aussi des souvenirs très forts des terrains de jeu en bas de l’immeuble, que j’observais depuis le 10e étage. Sinon, j’adore les quais du Rhône qui viennent d’être réhabilités. C’est hyper cool d’aller courir sur les berges, sans croiser une seule voiture.
Les lieux que vous détestez ?
La Part-Dieu. Je n’arrive pas à me faire à cette grande tour vilaine. Je pense qu’il faudrait vraiment réhabiliter ce quartier qui est très moche.

LE CINEMA
Ce qui vous a donné envie de devenir acteur ?
Je ne sais pas. Mes parents étaient comédiens eux aussi. Mais je me souviens que je n’aimais pas les voir jouer. Simplement, j’aimais leur vie. J’avais l’impression qu’ils étaient libres. Et cette indépendance me fascinait.
Le déclic qui vous a poussé à faire du cinéma ?
Il n’y a pas eu un vrai déclic, car je me suis toujours senti à ma place sur scène. Déjà en CP, pour les spectacles de fin d’année, j’étais heureux d’être sur scène. Et je m’en fichais de savoir si j’étais bon ou pas. Ça me plaisait tout simplement.
Vous vous considérez comme un bon acteur ?
C’est difficile d’avoir un regard sur soi. J’estime simplement qu’à partir du moment où on est juste et qu’on ne trahit ni sa personnalité ni le personnage qu’on incarne, on est dans le vrai. Ça plaît ou ça ne plaît pas, mais l’essentiel c’est d’être sincère avec soi-même.
Vous avez un modèle d’acteur ?
Non, mais il y a bien entendu des acteurs que j’aime bien, notamment Patrick Dewaere. En revanche, ce qui me fascine vraiment, ce sont les créateurs : peintres, écrivains, compositeurs... Des gens qui inventent le monde à partir de rien. 
Le film dont vous êtes le plus fier ?
Je n’en sais rien. Au fond, je ne suis qu’un interprète qui s’approprie un personnage pendant quelques mois. En plus, je pense que je suis un peu trop jeune pour pouvoir prendre suffisamment de recul sur ma carrière.
A l’inverse, il y a des films que vous regrettez ?
Oui, mais je les assume tous sans rejeter la responsabilité sur les autres. Car j’estime que si un film est nul, c’est peut-être aussi parce que je suis dedans ! En plus, le jugement sur un film est forcément très personnel. “Brice de Nice” par exemple : Il y a des gens qui trouvent ce film génial alors que d’autres vont me dire que c’est une honte. Ce qui est sûr, c’est que je suis incapable d’être juge et partie.
C’est important pour vous de ne pas être catalogué ?
Oui, et ce qui me plaît avant tout, c’est d’inspirer des metteurs en scène différents. J’estime que j’ai une chance inouïe d’avoir accès à des comédies, des drames... Et de changer sans cesse de personnage.
Et la célébrité, ça vous plaît ?
Signer des autographes, poser sur des photos, serrer des mains... Ça fait partie du jeu. D’ailleurs, les gens sont vraiment sympas, respectueux et polis avec moi. Il n’y a que pendant le festival de Cannes qu’on tombe dans l’excès, avec des stars qui se prennent pour des vraies stars et des groupies hystériques.
Vous avez peur que tout s’arrête ?
Non, car à 41 ans j’ai déjà 25 ans de carrière derrière moi. Donc si tout s’arrête, j’aurai déjà accompli une belle carrière et je ne pourrai plus jamais me plaindre.

Propos recueillis par Maud Guillot et Nadège Michaudet

Lire l'interview complète dans le numéro de Lyon Femmes actuellement en kiosque



Tags : lyon femmes | cornillac |

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