Christophe Cizeron témoigne : « j’ai fait mon job, je n’ai rien à me reprocher »

Christophe Cizeron témoigne : « j’ai fait mon job, je n’ai rien à me reprocher »

Pour mettre fin à la polémique, Christophe Cizeron, le directeur de cabinet de Gérard Collomb, livre à Lyon Mag.com les raisons de son départ de la Communauté urbaine pour rejoindre la direction de GL Events, une société du secteur privé proche du pouvoir...

« J’ai choisi de rejoindre GL Events de mon plein gré. C’est une décision purement personnelle. Après cinq années passionnantes au Grand Lyon, j’ai eu le besoin d’explorer d’autres horizons tout en faisant l’interface entre le secteur public et le secteur privé » confie Christophe Cizeron. Ancien énarque, Christophe Cizeron a notamment travaillé pendant six ans à Algoé, une société lyonnaise spécialisée dans le management, le conseil et l’organisation. Comme s’il était tombé dans la marmite étant tout petit, Christophe Cizeron avait déjà une activité de consultant auprès, entre autres collectivités, la Communauté urbaine.

GL Events
GL Events
Ses connaissances et ses réseaux à travers le tissu économique local le mènent au cœur du Grand Lyon : en 2002, il est recruté en tant que consultant économique dans le cadre de la stratégie d’aménagement du territoire. Un peu plus tard, il succèdera à son recruteur, Xavier Doublet, au poste de directeur de cabinet de Gérard Collomb. « Dorénavant, j’aspire à autre chose, à relever d’autres challenges. En automne, j’ai émis le souhait de retourner dans le privé, poursuit-il. J’en ai parlé à Gérard Collomb. Il a accepté ». Alors pourquoi GL Events, qui manifestement bénéficie d’un monopole de fait sur les grands événements du Grand Lyon ? « Les choses se sont faites naturellement au cours d’une discussion avec les dirigeants. Ils avaient besoin de sang neuf. Je n’ai rien à me reprocher, j’ai fait mon job et je continuerais à le faire » promet-t-il.

Reste la question de la déontologie, qui se pose dans les milieux lyonnais : est-ce normal qu’un fonctionnaire rejoigne une entreprise proche du pouvoir ? Les prérogatives de la Commission de déontologie fournissent au moins un élément de réponse : « elle examine si les activités privées que les fonctionnaires envisagent d’exercer ne sont pas incompatibles avec leurs précédentes fonctions ». La messe semble dite. Tant qu’aucun fait de corruption n’ait été relevé, et ce même si la transparence de la vie économique et des procédures publiques peut paraître flouée, la Commission donne généralement une issue favorable au souhait des agents de la fonction publique de rejoindre le secteur privé. En revanche, comme l’explique Philippe Askenazy du journal Le Monde : un fonctionnaire de catégorie B (un contrôleur des travaux publics par exemple) qui souhaite se reconvertir en créant ou en travaillant dans une entreprise privée de travaux publics, son domaine de compétence naturel, ne pourra contracter avec les collectivités locales avec lesquelles il a été en contact.

Christophe Cizeron saisira de lui-même la Commission de déontologie. La rédaction du dossier est en cours. Enfin, lorsqu’on lui demande son avis sur l’affaire Pérol, il répond : « c’est une autre échelle, des mondes étanches, mais je ne porte aucun jugement ». Une chose est sûre, Christophe Cizeron ne compte pas devenir pantouflard. Du moins pas avant la retraite.

Abdelwahid Djaballah

2 commentaires
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Spolié le 11/05/2009 à 21:22

En avant l'éthique ! le modèle lyonnais, c'est sur, rien ne lui résiste.

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concombre masqué le 10/05/2009 à 17:45

C. Cizeron n'est ni énarque, ni fonctionnaire....attention le métier de journaliste n'est-il pas de vérifier les informations !

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